‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 23 sur 78 · Biillelin, p · texte numérisé non relu

Biillelin, p

à UQ autre se mouvant par rapport au premier avec une vitesse inférieure à celle de la lumière.

«11 est évidemmeut impossible. disaitM.Langeviu à Bologne, que deux événements dont l'ordre de succession peut être ainsi renversé soient unis par une relation de cause à effet, puisque, si une telle relation existait entre nos deux événements, certains observateurs verraient la cause postérieure à l'effet, ce qui est absurde.

« Or, étant donné que la distance dans l'espace de nos deux événements est supérieure au chemin parcouru par la lumière pendant leur intervalle dans le temps, le premier ne pourrait intervenir comme cause dans la production de l'autre, le second ne pourrait être informé du premier, que si le lien causal pouvait se propager avec une vitesse supérieure à celle de la lumière Nous devons donc, d'après ce qui précède, éliminer une telle possibilité: la causalité, quelle que soit sa nature, ne doit pas pouvoir se propager avec une vitesse supérieure à celle de la lumière ; il ne doit exister ni messager, ni signal pouvant parcourir plus de trois cent mille kilomètres par seconde ^ »

N'admirez- vous pas celte vigueur de conviction métaphysique, qui permet à M. Laugevin d'affirmer l'impossibilité d'un phénomèue par respect pour les conséquences du principe de causalité, envisagé dans ses rapports avec le temps? Mais, après ce juste hommage à de si fortes convictions, no peut-on se demander, avec quelque surprise, si cette foi dans le principe méta[)hysique de causalité trouve une application bien naturelle dans cette négation de toute transmission plus rapide que celle de la lumière et si elle ne justifierait pas plutôt des doutes sérieux sur la valeur absolue du principe de relativité? Sans doute, la théorie électro magnétique de la masse conduit à nier tout transport à une vitesse supérieure, puisque la masse tend vers l'infini quand la vitesse tend vers celle de la lumière, mais il ne s'ensuit aucunement que le même principe soit applicable aux trausmissions sans transport-. Il convient de remarquer d'ailleurs que l'interversion

Page 1