Scienlia, pp. 42 et
■2. Contre un préjugé trop favorable à l'admission de vitesses supérieures, nous reproduirons un passage emprunté à Poincaré :
« La gra\italion se propage, dit-il, d'après les calculs de Laplace, au moins dix millions de fois plus vite que la lumière, et, par conséquent, elle ne peut être électro-dynamique. Le résultat de Laplace est bien
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du rapport de succession n'est qu'apparente pour qui admet la réalité du temps vrai, conséquence de la conception théorique de corps immobiles dans Tétlier, et que la simultanéité conserve alors son caractère absolu, après comme avant l'expérience de Michelsou.
Une conséquence remarquable de la variabilité de la marche du temps pour les divers groupes d'observateurs est le renversement de la cinématique classique, grand succès pour M. Langevin, vu le caractère apodictiiiue qu'on attribue généralement à cette science Le fait n"a en réalité rien de surprenant. Une hypothèse fondamentale de la cinématique ordinaire est que le mouvement-unité et l'unité de mesure elle-même sont conservés invariablement. Ce mouvementunité peut être quelconque, et la description cinématique de l'univers variera du tout au tout, selon le ciioi.K du mouvement servant à définir des temps égaux, mais les théorèmes (le la science pure restent les mêmes. Il est clair que, si, au c )urs de la composition des mouvements, on change le mouvement-unité ou l'unité des temps, les résultats de cette composition seront forcément modiliés. Or. nous avons vu que le principe de relativité entraîne comme conséquence que, j)lus les observateurs se déplacent rapidement, plus le mouvement-unité ou le changement-unité, se ralentit pour eux, d'où il résulte forcément que la composition de deux mouvements de mêmes direction et sens donnera nue vitesse résuliaute inférieure à la somme des vitesses composantes, si du moins on suppose les observateurs liés au corps animé du mouvement résultant. Pour des observateurs en repos dans l'éther, la cinématique classique resterait inaltérée. Pour d'autres observateurs qui seraient en mouvement de translation uniforme, le mouvement-unité et l'unité de temps resteraient inaltérés, mais le décalage des horloges du même groupe allant en croissant avec Técart entre deux observateurs du même groupe, le résultat serait de même nature que
connu, mais on en ignore généralement la signification. Laplace supposait que, si la propagation de la gravitation n'est pas instantanée, sa ■\ ilesse de propagation se combine avec celle du corps attiré, comme cela se passe pour la lumière dans le phénomène de l'aberration astronomique, de telle façon que la force etfective n'est pas dirigée suivant la droite (jui joint les deux corps, mais fait, avec cette droite, un petit angle. C'est là une hypothèse toute particulière, assez mal justifiée » [Science et Méthode, p. 2o9j.
celui que nous avons d'abord constaté, dans le cas où l'on composerait deux vitesses de même sens.
A voir la répugnance invincible de M. Langevin à considérer le mouvement par rapport à l'éther, même à un point de vue purement théorique, on pourrait croire qu'il rejette le concept d'éther, ou milieu dans lequel se transmet la lumière ; mais il n'en est rien, ainsi que le montre le passage suivant de sa conférence de Bologne: « Il ne faut pas conclure, dit-il, comme on l'a fait prématurément, que la notion d'éther doit être abandonnée, que l'éther est inexistant, inaccessible à l'expérience. Seule une vitesse uniforme par rapport à lui ne peut être décelée, mais tout changement de vitesse, toute accélération a un sens absolu. En particulier, c'est un point fondamental dans la théorie électro-magnétique que tout changement de vitesse, toute accélération d'un centre électrisé s'accompagne de l'émission d'uae onde qui se propage dans le milieu avec la vitesse de la lumière, et l'existence de cette onde a un sens absolu ; inversement toute onde électro-magnétique, lumineuse par exemple, a son origine dans le changement de vitesse d'un centre électrisé. Nous avons donc prise sur l'éther par l'intermédiaire des accélérations, l'accélération a un sens absolu comme déterminant la production d'ondes partant de la matière qui a subi le cliangenient de vitesse, et l'éther manifeste sa réalité comme véhicule, comme support de l'énergie transportée par ces ondes «^
Lorsqu'on croit avec cette forte conviction à la réalité d'un milieu et à l'efficace des changements de vitesse dans ce milieu, il semble qu'on doit être logiquement poussé à admettre, non seulement la réalité de la vitesse d'uae translation dans ce milieu, réalité qui parait bien s'imposer, mais encore à considérer comme une sorte de scandale que la nature prenne, en quelque sorte, soin de nous refuser tout moyen de discerner ce mouvement: en tout cas, il semble que cette foi devra faire accepter comme légitime une référence purement théorique à un système en repos par rapport à ce milieu, telle que celle que nous nous sommes permise.
Pour en revenir à la recherche d'un phénomène qui mettrait en évidence la vitesse même par rapport à l'éther et non pas seulement ses variations, il faudrait bénir le principe de