Theonj of Good and Evil, t. I, p
122 l'année PHILOSOPHIQUB. 1912
Il y a d'après lui dans la raison ' une catégorie morale simple, ultime, indéfinissable, inanalysable, irréductible -. immédiate. Comme les antres conceptions ultimes, la catégorie morale ne peut être définie ou expliquée d'une façon qui soit intelligible ou satisfaisante pour les esprits destitués de celte idée ". On peut l'appeler a priori *, car elle n'est pas obtenue par inférence ou déduction à partir de quelque chose d'autre à la laçon dont le moraliste utilitaire suppose que ses jugements sont des déductions ou des généralisations de l'expérience '". L'idée de moralité est une idée a priori dans le même sens exactement où l'idée de quantité ou de cause ou les lois de la pensée sont a pnori. Et chaque jugement moral particulier implique un élément a priori exactement comme chaque jugement particulier sur la quantité ou la causalité et chaque acte particulier d'inférence impliquent un élément a priori*^. Nos jugements moraux sont des vérités rationnelles aussi évidentes que celles-ci : deux et deux font quatre, A ne peut être à la fois B et non B dans le même temps, deux ligues droites ne i)euvent enclore un espace ". Nier l'exactitude des jugements moraux, cest commettre une erreur, exactement comme si ou disait que deux et deux font cinq. Tels individus peuvent sans doute commettre des erreurs dans leurs jugements moraux particuliers, de même qu'on peut commettre des erreurs en faisant une addition de simple arithmétique : cela n'empêche pas les principes de l'arithmétique d'être fondés *. « Aucune accumulation d'expériences persouuelles et ancestrales ne pourrait jamais engendrer l'idée de « bien « ou de « valeur » dans une conscience qui ne la posséderait pas; mais, étant donnée l'existence d'un tel concept (qui, naturellement, ne s'exprime pas sous une forme abstraite avant les jugements particuliers de valeur, mais qui est impliqué dans le plus simple d'entre eux), les variations de
1. Theory of Good and Evil, t. I, p. loi, 166, 175. Philosophy and Religion, p. 62.
2. Moral objectivUy, p. 3. Theory of Good and Evil, t. II, p. 106. Philosophy and Religion, p. 63, 66.