Philosophij and Religion, p
136 l'année philosophique. l(M2
morales sont et doivent être adaptées à notre nature propre, notre nature d'êtres humains; plusieurs d'entre elles impliquent la possession d'un organisme corporel etdes relations à d'autres organismes semblables. Ce que nous voulons dire, c'est que la vie idéale pour l'homme doit être telle qu'elle se recommande elle-même à l'esprit suprême, c'est que Dieu poursuit des fins qui possèdent une valeur absolue, et que nos fins, pour autant qu'elles sont les fins bonnes pour nous, doivent être en principe identiques aux fins qui ont de la valeur pour Dieu. Les philosophes panthéistes qui dénient toute distinction réelle entre la conscience divine et la conscience humaine tendent plus ou moins explicitement soit à nier la bonté de Dieu, en construisant un absolu qui n'est certainement guère propre à provoquer la vénération et le culte des hommes qui croient que la bienveillance est une vertu, soit à nier la validité, non pas simplement de tels jugements moraux particuliers, mais de tout notre idéal moral. Ils prononcent que des actes que, chez des êtres humains, nous appellerions mauvais, sont réellement bons en soi, car ils tendent, non moins que les actes que nous appelons bons, à amener la fin qui, étant le but de l'univers, doit être conçue comme essentiellement bonne. Un regard jeté sur l'histoire de la pensée montrerait que la tendance immorale de toute philosophie panthéiste n'a pas toujours été purement spéculative. Dans la sphère pratique, en tout cas, la doctrine que «tout ce qui est, est bien », a porté les fruits qu'on pouvait en attendre ^
Ainsi, l'existence de la conscience morale ne fournit pas seulement un des grands arguments pour établir que Dieu existe : elle fournit les seuls motifs pour dire quoi que ce soit au sujet de son caractère ou de ses buts. La seule source de connaissance que nous ayons en ce qui concerne le caractère de Dieu se trouve dans la conscience morale-.
Nous estimons qu'il y a lieu de louer M. Rashdall de ce qu'il n'a pas reproduit l'argument familier à certains théologiens : l'obligation implique quelqu'un qui oblige, la conscience est un commandement, elle suppose donc quelqu'un qui commande. Il a écarté cet argument lorsque, dans un
1. Ullhnate Basis, p. 42-43. Cf. les énergiques protestations contre le Dieu supra-moral contenues dans Philosophy and Religion, p. 69. Moral Objectivily. p. 12 et sq.