‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 45 sur 78 · Theory of Good and Evil. t. II, p. 332 et suiv · texte numérisé non relu

Theory of Good and Evil. t. II, p. 332 et suiv

l'idéalisme personnel d'oxford 145

tendrait à ébranler, à supprimer, les données immédiates les plus élémentaires de la conscience morale ^ — Si cela ébranle votre remords, rétorque M. Rashdall, c'est que ce remords n'était pas bien intense. — Mettons qu'il ne soit pas bien intense. C'est fâcheux. Est-ce que l'idéal, le devoir d'une théorie morale est de le diminuer encore, voire même de le détruire ? Ne devrait-il pas être au contraire de le fortifier?

Étant données les vues de notre moraliste sur la liberté, le mérite, il n'est pas bien étonnant de lui voir faire bon marché de la rétribution. Sans doute, il a parfaitement raison de soutenir que le déterminisme n'exclut pas toute espèce de punition. La punition peut entrer parmi les éléments qui déterminent la conduite d'un homme, qui l'améliorent. Mais est-ce que la responsabilité s'épuise dans cette idée : susceptibilité d'être puni à bon droit? Faut-il exclure de la morale l'idée de rétribution, de jugement rétributif, de punition rétributive?- Oui, si on exclut les notions de mérite, d'obligation. Toutes ces idées sont des idées connexes, en contradiction avec le déterminisme, mais comme ce sont des idées morales très simples, très précises, ce ne sont pas ces idées qu'il faut rejeter, mais bien le déterminisme qui les contredit. M. Rashdall est bien obligé de convenir que l'idée de rétribution est légèrement (slightly) plus intelligible et plus rationnelle dans un système libertisteque dans un système déterministe. Mais ce n'est pas assez dire. La rétribution n'est pas intelligible ni rationnelle dans le déterminisme. Il est vrai qu'après avoir laissé échapper cet aveu, M. Rashdall le reprend en quelque sorte et cherche à montrer que la punition est impossible dans

1. On ne fait ici qu'appliquer à un cas différent le genre d'argumentation que M. Rashdall lui-même emploie à propos de l'immortalité : « Le manque de foi en Timmortalité, écrit-il, finirait à la longue, je le crois, et pour la grande majorité des hommes, par accroître énormément la valeur de Félément charnel et sensuel de la vie au détriment du spirituel et de l'intellectuel. » (Philosophy and Religion, p. 79). Et M. Rashdall applique encore ce raisonnement à la question de l'importance que la croyance religieuse a pour la moralité. Sans cotte croyance, assure-t-il, la moralité ne disparaîtrait pas entièrement, mais elle deviendrait bien différente. Les meilleurs continueraient de chercher à faire le bien, mais qu'arriverait-il des autres, si on leur enlevait la foi en un Dieu parfaitement juste, dont les commandements sont révélés dans la conscience individuelle'? Là où l'éducation religieuse a été bannie des écoles primaires, l'idée du devoir semble souffrir une éclipse dans l'esprit des générations nouvelles. (Ibid., p. 74-77.)

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