‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 47 sur 78 · Theory of Good and EvU, t. II, p. 305 et suiv · texte numérisé non relu

Theory of Good and EvU, t. II, p. 305 et suiv

M. Rashdall, la détruit également. Qu'est-ce à dire? c'est que les douDées morales postulent un déterminisme relatif mêlé et combiné avec un indéterminisme relatif. La liberté ne pourrait agir, ne peut agir que parce qu'elle trouve un déterminisme antérieur, et le résultat comme le but de son action est de créer un nouveau déterminisme. La liberté est la faculté de créer du déterminisme. Se hâter de mettre aux prises la liberté et le déterminisme, de les déclarer contradictoires et de nous forcer de choisir entre eux, c'est d'une logique et d'une psychologie trop simpliste. Le contradictoire du déterminisme absolu (rien n'est libre), c'est uniquement : il n'est pas vrai que rien ne soit libre, il y .a quelque chose de libre. Le contradictoire de l'indéterminisme absolu (rien n'est déterminé), c'est uniquement : il n'est pas vrai que rien ne soit déterminé, il y a quelque chose de déterminé. Il y a quelque chose de libre, il y a quelque chose de déterminé : ces deux propositions s'accordent très bien ensemble, et leur réunion constitue ce que la conscience morale postule et ce que l'observation psychologique, je ne dirai pas constate, mais je puis bien dire ne dément pas.

L'acte libre n'est donc pas, comme le prétend M. Rashdall, un commencement absolument nouveau, dépourvu de toute connexion quelconque avec le passée L'acte moral est un commencement relativement nouveau, 'partiellement nouveau. En fait le commencement nouveau qui se trouve dans l'acte libre ne se produit pas sans avoir une base dans ce qui était avant lui. Avant lui il y avait un moi constitué par une certaine nature partiellement déterminée. Par là ou satisfait aux doubles desiderata auxquels satisfont le déterminisme absolu et l'indéterminisme absolu, sansaboutir aux éliminations que chacun d'eux produit par cela seul qu'il est poussé à l'absolu. Il y a assez de déterminisme pour que l'acte se rattache à la personnalité et au passé de l'agent et que la continuité de la vie personnelle soit assurée, il y a assez d'iudéterminisme pour que l'agent, ayant été capable de faire quelque chose de différent, soit responsable d'avoir fait ce qu'il a fait-.

Page 1