‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 48 sur 78 · Theory of Good and Evil, t. II, p · texte numérisé non relu

Theory of Good and Evil, t. II, p

2. Il ne faut pas, non plus, comme le fait M. Rashdall, définir l'acte libre : « Une pure chance. » {Theory of Good and Evil, t. Il, p. 337.) La liberté, dans cela même qu'elle a de libre, ne se réduit pas à la chance ou à la contingence, elle lui ajoute la réflexion. Et cette addition permet à l'acte d'être moral et d'engager la responsabilité de celui qui l'accomplit. L'acte moral n'est jamais un acte de pure chance.

M. Rashdall a entrevu cette réponse. La manière dont il y réplique à sou tour semble en désaccord avec son point de vue habituel. Il remercie d'habitude son grand adversaire, M. Bradley, de lui avoir appris à se défier des abstractions. Ici cette défiance paraît en défaut. L'acte moral, argumente-t-il, est donc d'après vous en partie déterminé, en partie libre. Mais dans la mesure où il est déterminé, il est tel que je le conçois, il n'est pas libre, et dans la mesure où il est libre, il est sans relation avec le passé et avec le moi, il est absolument nouveau ^ Mais n'est-ce pas l'abstraction seule qui peut fictivement séparer ainsi dans un acte concret d'un côté la partie libre, de l'autre la partie déterminée? Dans la réalité, les deux éléments se conditionnent, se mêlent, se combinent et toute tentative d'extraire l'un, de distinguer l'autre et de les juxtaposer mécaniquement n'aboutit qu'à former des concepts d'où s'est échappée la vie. Ce n'est pas sur ces concepts abstraits que porte le jugement réel de responsabilité prononcé par la conscience, mais sur l'acte concret et la personne intégrale.

M. Rashdall oppose à l'indéterminisme la difficulté métaphysique tirée du principe de causalité. « Nous pouvons dire écrit-il, que toutes les explications de cette catégorie s'accordent en ceci — que tout ce qui a eu un commencement doit être expliqué comme le résultat nécessaire de quelque chose qui était déjà en existence avant ce commencement. Il y a des choses telles que des commencements nouveaux dans le monde, mais chaque commencement nouveau a la raison ou la base de son apparition dans ce qui était auparavant. Dans ce sens la loi de causalité universelle — chose tout à fait différente de l'uniformité mécanique de la nature — se présente à mon esprit comme une absolue nécessité de la pensée. Un commencement absolument nouveau, non rattaché au passé, est impensable. Aucune théorie indéterministe n'a jamais pu surmonter cette difficulté, pour autant que j'aie jamais été capable de le découvrir, malgré la plus forte prédisposition à croire à une théorie si souvent associée dans les esprits d'autres personnes aux croyances que je tiens le plus fermement et nourris avec le plus de respect^. » Cette difTiculté pourtant est loin d'être insurmontable. Hume — M. Rashdall

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