Theory of Good and Evil, t. II, p
ne peut Tignorer — Hume a fort bien montré qu'entre les idées de commencement et de causalité nécessaire il n'y a pas de lien logique, analytique. Ce sont deux idées distinctes. Il n'y a rien de contradictoire, rien d'absurde dans l'idée d'un commencement sans cause. M. Rashdall affirme que cette idée est impensable : en fait elle a été pensée, elle l'esté II n'y a rien non plus, a fortiori, de contradictoire dans l'idée de la causalité ambiguë, c'est-à-dire de la possibilité qu'un lien causal s'établisse entre A d'une part et soit B soit C de l'autre. Cette idée n'est pas plus contradictoire que celle-ci : une équation du second degré comporte deux solutions.
Mais ce serait s'en tenir à un aspect superficiel des choses que de s'arrêter à ces considérations en ce qui concerne la liberté. Ce serait en juger du point de vue de la causalité scientifique, qui se réduit à un rapport de succession nécessaire entre deux termes. Tel est le point de vue de la science qui envisage dun certain point de vue les choses données, mais ce n'est qu'un aspect extérieur de la réalité. M. Rashdall lui-même a dit souvent, et avec force, que c'est à la conscience, à la volonté, qu'il fallait demander la notion intégrale et vivante de causalité. « Lorsque, a-t-il déclaré dans son volume sur la Philosophie et la Religion, la causalité est interprétée comme signifiant une pure connexion nécessaire — comme la connexion mathématique entre quatre et deux fois deux ou la connexion logique entre les prémisses d'un syllogisme et sa conclusion^ — sa nature est foncièrement travestie. L'essence de la causalité n'est pas la connexion nécessaire, mais l'activité. Nous rencontrons une telle activité dans notre propre expérience de volition et nulle part ailleurs ^ » Et plus loin, dans le même ouvrage, il déclare encore : « Même Kant qui est largement responsable des erreurs au sujet de la causalité contre lesquelles cette conférence a été une protestation — je veux dire la tendance à la
1. Et c'est pourquoi rargumentation de M. Rashdall en faveur de l'existence de Dieu, fondée sur le principe de causalité (voir notre première étude dans V Année philosophique de 1911, p. 156), ne serait peut-être pas absolument concluante si elle n'était fortifiée par l'argumentation proprement idéaliste qui est bien plus décisive.
2. En note, M. Rashdall ajoute : n L'idée de causalité a été identifiée par Kant avec l'idée de connexion logique, c'est-à-dire avec la relation des prémisses dun syllogisme à la conclusion; mais cette idée n'implique pas du tout le temps, et le temps est essentiel à l'idée de causalité. »