‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 5 sur 78 · Ep. XI, t. II, p · texte numérisé non relu

Ep. XI, t. II, p

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ayant été appelé Jacob parce qu'il tenait en naissant le pied de son frère. Autre exemple : j'entends par plan ce qui réfléchit tous les rayons de la lumière sans aucune altération ; et par blanc j'entends la même chose, avec cette dillérence, que le blanc est ainsi appelé par rapport à Thonime qui contemple un plan ' ».

Ces définitions et explications montrent donc qu'entre une substance et un attribut il n'existe pas de dillérence réelle, mais simplement, comme l'expose ailleurs Spinoza-, une distinction de raison. Même la substance de Dieu, constituée par une infinité d'attributs qui sont autant dessences de substances, ne se distingue pas de ces attributs. « Deus, sive omnia Dei attributa... », dit Spinoza-\

Quoiqu'ils constituent une même substance, les attributs de Dieu sont entre eux réellement distincts, chacun d'eux pouvant être clairement et distinctement conçu sans le secours des concepts qui expriment les autres*. Mais parce que, tout en étant distincts, ils constituent rii,tre absolument infini, ils ne peuvent être numériquement limités, ni môme, à vrai dire, numériquement représentés : ils ne sont pas seulement infinis en ce sens que chacuu d'eux ne comporte en lui-même aucune limite ; ils le sont encore en ce sens que par leur ensemble ils sont au-delà de tout nombre, qu'ils sont innombrables, au sens fort du mot^ Cependant nous n'en connaissons que deux : la Pensée et l'Etendue.

Donc, s'il réserve à la nature absolument infinie de Dieu la puissance de s'exprimer en bien d autres attributs que ceux que nous connaissons, Spinoza rapporte à Dieu, comme attributs connus de nous, les deux sortes de substances que Descartes avait admises; il les rapporte à Dieu après les avoir

1. Le plan désigne la propriété géométrique des corps que Toptique ante-newlonienne invoquait pour expliquer comment se produit l'impression du blanc dans l'œil, V. Descartes, La bioplrique, Discours 1. Ed. Adam-ïannery, t. VI, p. 91-92.

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