‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 6 sur 78 · Elli., I, prop. XIX, t. I, p. 56; prop. XX, p · texte numérisé non relu

Elli., I, prop. XIX, t. I, p. 56; prop. XX, p

■4. ELh., I, prop. X, t. I, p. 45.

5. Court Traité, première partie ch. i, t. II, p. 264, note, trad. Appuhn, p. 47; ch. VII, t. II, p. 292, note; trad. Appuhn, p. 86.

érigées chacune en un genre d'être singulier et infini. Mais ce transfert de l'étendue à Dieu pouvait paraître un paradoxe et devenir une cause de scandale : d'autant que l'on pouvait être par là conduit à soupçonner le spinozisme — et l'on n'y manqua point ^ — d'identifier Dieu avec l'existence corporelle sensible. Aussi Spinoza a-t-il immédiatement songé à se défendre contre certaines préventions. Et d'abord il avait à tenir compte de l'affirmation contraire de Descartes, qui avait dit : « Pour ce que l'extension constitue la nature du corps, et que ce qui est étendu peut être divisé en plusieurs parties, et que cela marque du défaut, nous concluons que Dieu n'est point un corps- » Dans le Court Traité, Spinoza se présente ainsi à luimême l'objection : Dieu, étant un être simple, ne peut être étendu; car alors il serait formé de parties. Dieu, étant parfait, ne saurait pàtir; et l'étendue pâtit, du moment qu'elle est susceptible de division. A cette objection Spinoza répond : le tout et la partie sont seulement des êtres de raison; dans la nature, prise en sa substance, il n'y a ni tout, ni parties. De plus, quand on a affaire à des choses composées de difïérentes parties, ces parties différentes peuvent être conçues les unes sans les autres, par exemple, les particules de l'eau ou les rouages d'une montre. Mais de l'étendue, qui a une réalité substantielle, qui de sa nature est infinie, ou ne peut dire qu'elle a des parties, puisqu'elle ne peut devenir ni plus petite, ni plus grande, et qu'au surplus un infini ne peut résulter de parties qui sont nécessairement finies. D'ailleurs, si l'étendue se composait de parties distinctes, elle pourrait subsister quand même quelques-unes de ces parties seraient anéanties : ce qui est absurde. Eufiu, que l'on essaie de concevoir la divisibilité de l'éteudue : le peut on eu considérant l'étendue elle même? Voici une partie détachée de l'étendue : qu'y a-t-il entre elle et le reste ? Ou bien un vide ; — mais il n'y a pas de vide qui existe positivement. Ou bien un corps ; — mais tout corps déterminé n'est qu'un mode qui suppose l'étendue antérieurement à lui. Ou quelque chose de l'étendue elle-même; — mais il apparaît bien alors que l'étendue reste dans le fond iudivisée. Au fait, toute division opérée ne peut porter que sur des modes, non sur les attributs ou substances :

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