‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 57 sur 78 · La conscience et la raisoa piiavent assarém-ial; aJmH t · texte numérisé non relu

La conscience et la raisoa piiavent assarém-ial; aJmH t

un Dieu limité, mais il le leur faut parfait, c'est-à-dire harmonique, un Dieu en qui le vouloir, le sentir, le faire, sont à la hauteur du penser, un Dieu qui étant limité n'entreprend qu'une œuvre limitée, mais une œuvre qui soit à sa taille, un Dieu qui ne puisse pas tout, mais qui puisse ce que sa raison et sa conscience lui montrent être 1p meilleur. On ne peut se satisfaire du genre d excuse de SluartMilJ et de M. Raslidall : le monde est mauvais, mais Dieu a fait ce qu'il a pu, il a fait le monde aussi bon qu'il le pouvait. Car on ne peut admettre la perfection, môme la perfection simplement morale de ce Dieu. Les choses changent grandement dès qu'on admet la liberté eu l'homme et la contingence dans l'univers. Car alors on peut mettre eu Dieu une litnilation de puissance qui ne compromet ni sa sainteté, ni l'harmonie interne de ses perfections.

Il y a des limitations qui n'en sont pas, dit très bien M. RashdalP. Il convient d'insister sur ce point. Il y a des limitations qui n'entament pas la perfection, ni la perfection ontologique, ni la perfection morale. Que Dieu ne puisse pas changer le passé, que Dieu ne puisse pas faire que deux et deux fassent cinq ou qu'un triangle ait quatre côtés, si c'est une limitation, ce n'est pas une imperfection, car c'est au contraire une marque et un effet de la perfection de sa raison. Que l'idée ultime du bien moral existe pour Dieu comme pour nous, que Dieu ne puisse faire que ce qui est injuste soit juste, que les vérités morales soient aussi inébranlables pour Dieu que pour l'homme, si c'est une limitation, ce n'est pas une imperfection, car c'est au contraire une marque et un efïet de la perfection de sa conscience morale et de sa bonne volonté. M. Rashdall le reconnaît-.

J'ajoute pour mon compte : que Dieu ne puisse prédire à l'avance les actes libres futurs, si c'est une limitation, ce n'est pas une imperfection. M. Rashdall croit qu' « il y a peu de théologiens indéterminisles modernes assez hardis pour admettre que Tindélerminisme est incompatible avec une préconnaissance complète : si la préconoaissance est niée, nous aurons de nouveau une limitation » \ Il ne nous paraît

1. Cf. le compte rendu du livre de M. Me Taggarl (Some dogmasof Religion) dans le Mind. New Séries. Vol. XV, 1906, p. 338.

2. Philosophy and Religion, p. 62-63, 68, 82; Moral objectivily, p. 12.

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