‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 59 sur 78 · Theory of Good and Evil, t. II, p · texte numérisé non relu

Theory of Good and Evil, t. II, p

l'idéalisme personnel d'oxford 171

même de moralité implique que si Dieu veut obtenir de la moralité vraie — ce qui est le but le plus légitime et le plus beau qu'il puisse se proposer — il doit consentir à courir des risques. La situation d'un partisan de la liberté est bien supérieure à celle de M. Rasbdall, parce qu'il a le droit de dire : connaissant le but poursuivi, on voit que ce but implique la liberté, et que, par suite, ce n'est pas par impuissance métaphysique, mais par perfection morale que Dieu a agi comme il a agi. Dieu n'a pas agi, comme dans le système de M. Rasbdall, parce que sa puissance était au-dessous de sa bonne volonté, mais parce que sa bonne volonté était moralement en droit de vouloir ce que sa puissance a réalisé et doit être moralement louée de l'avoir voulu.

Mais, objecte encore M. Rasbdall, n'être pas capable de causer le bien sans une possibilité de mal, c'est tout autant une limitation que de n'être pas capable de faire le bien saus la certitude du maP. — C'est très différent au contraire. M Rasbdall aboutit à ce résultat que Dieu lui-même n'est pas capable de bien agir, de réaliser son propre idéal sans faire le mal lui-même, puisque, tout étant déterminé. Dieu est la seule cause. Dieu doit pécher pour faire le bien. Les défenseurs de la liberté disent seulement que la moralité d'une créature est l'œuvre la plus morale que Dieu puisse parachever, que cette moralité ne peut qu'être l'oeuvre de la créature libre, que la liberté implique le pouvoir de faire le bien ou le mal, que la possibilité d'un mal accompli non par Dieu, mais par la créature est dans ce sens un bien moral. Est-ce dans ce cas une vraie limitation de la part de Dieu que de ne pas réaliser le bien sans la possibilité du mal? Mais réaliser ce bien-là sans la possibilité du mal est une contvadktio in adjecto, analogue à celle-ci : deux et deux font cinq. Franchement être incapable de cette contradiction, ce n'est pas proprement être limité, ou, si c'est être limité, ce n'est pas être imparfait.

Assurément l'affirmation de la liberté ne suffit pas à tout expliquer dans cette terrible question du mal. Mais c'est après tout l'affirmation qui explique le plus et le mieux et laisse le plus petit résidu. Elle explique plus que M. Rasbdall n'est disposée l'admettre.

Sans doute tout individu humain n'apparaît pas dans ce monde avec une liberté intégrale. Le résultat de l'action libre

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