Theory of Good and Evil, t. II, p
l'idéalisme personnel d'oxford 177
Il ne sert vraiment à rien de nous dire que le déterminisme maintient le subconscient, le potentiel en l'homme, et par suite l'impossibilité de la prédiction '. Puisque Dieu connaît tout notre moi et l'univers entier, il pourrait prédire, lui ; et notre conduite future, si elle n'est pas susceptible d'être prédite par nous à cause de notre ignorance, est susceptible en soi d'être prédite, et c'est cela qui est déplorable, cette certitude que toute la série des événements est en soi parfaitement prévisible. M. Rashdall écrit lui-même en note : « A une intelligence qui le connaîtrait de part eu part, l'acte futur serait vu, pour ainsi dire, latent dans le caractère, quoique une telle connaissance soit absolument inconcevable pour une intelligence comme la nôtre-. » A une intelligence qui connaît tout de part en part et qui lit le futur dans le présent, c'est-à-dire à l'intelligence divine, le spectacle du monde doit être un spectacle singulièrement dépourvu d'inédit, d'imprévu, de nouveau. Il doit y avoir des moments où un tel spectacle doit lui paraître indiciblement ennuyeux. Il est échappé à M. Rashdall d'écrire les lignes suivantes qui cadrent bien mieux avec un système de liberté qu'avec un système déterministe : « II est vrai aussi que tout développement n'est intelligible que comme une série continue de commencements absolument nouveaux, et qu'à des moments particuliers ces commencements nouveaux peuvent être d'une signification et d'une importance fondamentales''.» S'il n'y a pas de liberté, de contingence dans l'univers, il ne saurait y avoir jamais de commencements nouveaux. Sans doute M. Rashdall explique ailleurs sa pensée : « Il y a des choses telles que des commencements nouveaux dans le monde, mais chaque commencement nouveau a la raison ou la base de son apparition dans ce qui était auparavant*. » Seulement dans ce cas, le commencement nouveau n'est pas véritablement nouveau, il ne l'est qu'en apparence ; car s'il trouve sa raison d'être intégrale, son explication entière dans ce qui l'a précédé, une intelligence qui connaît ce qui précède, connaît ipso facto ce qui suivra. Pour Dieu, il n'y a, il ne peut y avoir rien de nouveau, et par suite dans cet univers — et dans ce Dieu — si bien