‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 65 sur 78 · Philosophy and Religion, p · texte numérisé non relu

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moyen pour un plus grand bien; elle est analytiquenient contenue dans les idées d'obligation, de responsabilité, de liberté morale. Mais la suppression de la liberté supprime l'argument. S'il n'y a pas de liberté et si la morale ne réclame pas la liberté, la morale réclame la réalisation immédiate du bien par la nécessité. Du moment que rien moralement ne s'y oppose, elle la réclame moralement. Si les faits ne satisfont pas la réclamation de la morale, on est obligé de conclure : Dieu n'a pas pu satisfaire aux exigences de la morale. S'il ne l'a pas pu à présent, rien ne garantit qu'il le pourra dans une autre vie. Et il est légitime de craindre qu'il ne le puisse pas.

M. Rasbdall assure qu' « il ne pourrait pas regarder comme rationnel un univers dans lequel le bien ne prédominerait pas grandement sur le mal '■. » Si c'est à cela qu'il rabaisse ses exigences, il suffirait donc d'admettre que, dans la vie future, il y aura dans l'ensemble plus de bien que de mal, et la vie future sera rationalisée. Aussi bien réclame-t-il simplement que notre vie soit « la préface d'une vie meilleure que celle-ci - ». Meilleure, ce n'est peut-être pas beaucoup dire. Est-ce une vie future bien engageante que celle-là? Répondelle aux aspirations de perfection, d'harmonie dans la vertu et le bonheur, qui ont toujours fait le fond des espérances et des croyances de l'humanité?

On ne peut pas ne pas être frappé du vague des espérances que M. Rasbdall nous permet de nourrir. Il admet que « au moins pour l'ordre supérieur des esprits, notre vie doit être la préface d'une vie meilleure que celle-ci 1 » — « Il est rationnel, continue-t-il, d'espérer que pour chaque être conscient individuel — au moins pour chaque individu capable d'un degré élevé de bien — il doit y avoir une prédominance de bien dans l'ensemble. Des êtres d'une très petite capacité pourraient être conçus comme ayant été créés principalement ou entièrement comme un moyen pour un bien beaucoup plus vaste que celui dont ils jouissent eux-mêmes : plus un esprit est élevé dans l'échelle des êtres, plus il devient difficile de supposer qu'il a été appelé à l'existence simplement comme un moyen pour le bien d'un antre, ou qu'il ne jouira pas finalement d'un bien qui fera qu'après tout il sera bon pour lui d'être né '». Ainsi, aucune certitude très ferme quant au nombre de ceux qui par-

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