‹ L'Année philosophique (volume 5)Chapitre 12 sur 51 · Id., ap. RaLier, Logique, p. 63, i. f · texte numérisé non relu

Id., ap. RaLier, Logique, p. 63, i. f

LES FONCTIONS Dl' SYLLOGISME 10

que l'absence de fiel participe par accident de la longévité, c'est avancer quelque chose qui n'est pas clair pour nous. S'il faut entendre par là que la longévité se trouve liée à l'absence de fiel par la « caballéité », une telle proposition tourne le dos à l'induction, dont le résultat doit être d'affirmer la liaison immédiate de la longévité à l'absence de fiel. Si Ton entend qu'en fait l'absence de fiel et la longévité se trouvent ensemble dans le cheval, etc., la participation accidentelle ne signifie rien de plus que la coexistence, c'est-à-dire quelque chose d'extensif. Nous disons donc que le moyen terme extensif du syllogisme de la troisième figure comporte un sens objectif, et que c'est seulement en donnant à ce moyen un sens subjectif qu'on fait du syllogisme en question une induction. De deux choses l'une, en effet : ou bien j'attribue à la coïucidence qui a lieu dans le moyen la force d'un exemple, ou bien j'en fais uue simple constatation en elle-même, et non un signe t. Or, dans le premier cas, j'ai bien, il est vrai, une induction, mais, du même coup, ma conclusion n'a plus besoin d'être particulière. Dans le second, je suis la marche syllogistique ordinaire ; je fonde ma conclusion sur ma constatation comme telle: j'ai vu le cheval et le mulet, animaux sans fiel, vivre longtemps, dont il y a des cas où les animaux sans fiel vivent longtemps. Le sens de cette proposition particulière ne sauêtre celui de la proposition iuductive, que l'absence de fiel est une raison de vivre. Ce serait plutôt ceci : que l'absence de fiel n'empêche pas de vivre longtemps. Le syllogisme de la troisième figure ne comporte donc par lui-même aucune signification iuductive, et dès que, dans les prémisses de ce syllogisme, on donne au moyen le sens d'un exemple, la conclusion cesse d'être particulière. Bref le syllogisme.de la troisième figure n'est pas plus uue induction commencée qu'un voyage

1. L'auteur dont nous discutons l'opinion ne distinguo pas entre une constatation et un exemple. Il dit d'une part {ap. Rab., Log., p. 65) : Le moyen terme est... ou une notion... ou une intuition, un cas observé dans lequel l'attribut coïncide en fait avec le sujet. Et d'autre part {Rev. philos., p. 479, note; Et sur le syll., p. 24. note) : ... Le raisonnement dans la troisième figure repose sur l'emploi d'un exemple. Au fond de cette théorie il nous semble apercevoir une équivoque sur le sens du moyen, si le syllogisme de la troisième figure conclut quelque cbose vi forma', alors c'est un vrai syllogisme, où le moyen joue son rôle ordinaire. Si l'on pense qu'il n'a d'intérêt qu'à la condition d'exprim< r une opération inductive, alors qu'on ne parle plus de ce qu'il peut conclure vi forma', et qu'on déclare qu'il n'y a point, en réalité, de troisième figure du syllogisme,

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de Paris à Lyon, entrepris dans le but d'aller à Lyon et non plus loin, n'est le commencement d'un voyage en Italie.

Le syllogisme de la quatrième figure serait pour nous M P, (i M. I* <i Mais la plupart des logiciens s'accordent a reconnaître qu'il n'y a pas de quatrième figure. Et, en ellet, nous ne saurions en admettre une, puisque nous avons maintenant épuisé toutes les formes possibles de l'analyse médiate. Reste donc que les syllogismes dits de la quatrième ligure soient des combinaisons de syllogismes appartenant aux autres ligures. C'est effectivement ce qui a lieu. Considérons d'abord le mode brAmAntlp : L'homme est animal; le philosophe est homme; quelque animal est philosophe. Nous pouvons exprimer la marche de ce raisonnement en disant: Si une notion aune matière, mais a elle-même une forme, la matière de la notion doit faire partie de la forme dont la notion est la matière. Or il est clair qu'il y a ici une double opération : on descend de la forme à la matière et, d'autre part, on remonte de la matière à la forme. Eu d'autres termes, on amalgame les deux syllogismes suivants: 1° Le philosophe est homme; l'homme est animal ; le philosophe est animal ; 2° quelque homme est philosophe; l'homme est animal: quelque animal est philosophe. Le syllogisme en brAmAntlp est donc composé d'un syllogisme de la première et d'un syllogisme de la troisième figure. Les syllogismes en cAmEnKs et en fEsApO (l'homme est animal ; la plante n'est pas homme ; l'animal n'est pas plante. L'homme n'est pas infaillible ; le philosophe est homme ; quelque infaillible n'est pas philosophe) sont, de leur côté, des combinaisons de syllogismes de la première et de la seconde figures. Au reste, comme il faut y contraposer une négative, ces deux modes sont, à nos yeux, illégitimes. Tous les deux disons-nous, car si fEsApO se trouve légitime, c'est en conséquence d'une correction arbitraire (dont le but était de préparer une réduction à fErlO), et non sous sa forme naturelle qui est fEsApE. Enfin, si l'on pensait pouvoir constituer une quatrième figure avec des syllogismes comme le suivant : MP,GM,GP (l'homme est animal; le philosophe est homme; le philosophe est animal), dont on exprimerait la marche en disant : Si une notion est la forme d'une autre, et si la première a elle-même une forme, cette plus haute forme est la forme de cette seconde notion, ou se tromperait, attendu qu'il n'y a là qu'une expression anormale et maladroite de la subordination des matières à la forme,

c'est-à-dire un syllogisme de la première figure privé de sou expression naturelle.

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