‹ L'Année philosophique (volume 5)Chapitre 20 sur 51 · Booi.e, Lawsof Ihought, pp. 2.r!9 sq · texte numérisé non relu

Booi.e, Lawsof Ihought, pp. 2.r!9 sq

LES FONCTIOxNS DU SYLLOGISME b9

Nous n'avons plus maintenant qu'une question à débattre avec la plupart des promoteurs de l'algèbre logique. Mais c'est la plus grave de toutes. La plupart d'entre eux admettent le système purement extensif des classes et, avec lui, afin de pouvoir manier les termes en tout sens, la quantification hamiltonienne du prédicat1. Ont-ils raison? Non, pour peu qu'il soit possible de faire autrement. Car ,les classes sont comme un signe parasite qui s'iuterpose entre les notions et le signe par lequel on les dénote. On traduit d'abord la compréhension en extension, puis on exprime l'extension par un signe. Ce n'est pas là une cause médiocre d'obscurité. Mais peut-on se passer des classes? L'exemple des mathématiques fournit si vite une réponse affirmative si bien appuyée, qu'on est surpris que la question puisse même se poser. La seule chose qui produise sur ce point une difficulté réelle, c'est qu'au lieu de viser à n'employer la logique qu'à raisonner sur des concepts déterminés, on s'efforce au contraire de l'appliquer aux imaginations les plus vagues et les plus confuses de la pensée non scientifique. Il faudrait, au contraire, s'occuper d'abord des notions scientifiques, et trouver ensuite un artifice (meilleur autant que possible que le système des classes) qui permette d'assimiler hypothétiquement les pensées à demi-faites aux véritables concepts. Parmi les auteurs dont nous nous occupons, il en est, du reste, qui sentent bien la supériorité d'une logique de la compréhension sur une logique extensive ; témoin Schroder qui, malgré la manière exteusive dont il procède, écrit en propres termes que des deux moyens de déterminer un concept, l'indication de son extension est le moins parfait2.

Revenir à la logique de la compréhension, c'est, d'ailleurs, renouer la chaîne de la tradition, et reprendre vraiment où ils l'ont laissée l'œuvre interrompue des premiers promoteurs de l'algèbre logique. Que Leibniz se soit placé [au point de vue de la compréhension, c'est ce qui ressort et de l'ensemble de sa philosophie et de l'ensemble de ses opinions sur la logique et la caractéristique universelles et, enfin, de déclarations expresses : il montre que le syllogisme, pour être pleinement légitime, doit être compris selon la voie

1. Booi.e. op. cit., p. 44, n" 8: Liaiiu, Log, angl., p. loi.

-'. Vie Algèbre, der Logik, Leipzig 1800, t. I, p. 85, Cf. Mind, April 1878, p. i>52.

idéale ou selon les rapports internes des notions entre elles, et non selon l'interprétation collective1, et il veut qu'on entende par contenant, dans son calcul logique, le terme qui est constitué par la réunion des termes qui sont en lui (ipsi insunt), c'est-à-dire qui sont par rapport à lui comme des attributs par rapport à un sujet ou des parties intégrantes par rapport à un tout-. Condillac, de son côté, véritable héritier de Leibniz sans le savoir', est également placé au point de vue de la compréhension. Très hostile aux traditions de l'École, il ne songe pas un instant à accepter les classes ou uuiversaux au sens propre, et, bien servi eu cela par son attachement à l'expérience, il sait voir la vraie réalité dans les idées complexes, et réduire les idées abstraites à

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