‹ L'Année philosophique (volume 5)Chapitre 21 sur 51 · Di/f. qused. log., Erd.. p. 103 b, sec. al · texte numérisé non relu

Di/f. qused. log., Erd.. p. 103 b, sec. al

2. Spec. dem. in. abst., Theor. IV, Erd., p. 94 b, cf. 96 a; Nouv. Ess.. IV. ch. .w h, S 8, Erd., ]>[>. 398 l> — 399 a : Pu : Je voulais encore vous dire qu'il me paraissait mieux de transposer les prémisses des syllogismes et dédire: tout A est B, tout B est C, donc tout A est C... — Th. Je suis tout à fait de votre sentiment..., la liaison parait mieux comme vous le proposez.... en effet, le prédicat esl dans le sujet, ou bien l'idée du prédicat est enveloppée dans l'idée du sujet. Par exemple, l'isogone est dans le rectangle, car le rectangle est la figure dont tous les angles sont droits; or, tous les angles droits sont égaux entre eux ; donc dans Vidée du rectangle est l'idée d'une figure dont tous les angles sont égaux, ce qui est l'idée de l'isogone... Disant tout homme est animal, je veux dire que tous les hommes sont compris dans tous les animaux: mais j'entends en même temps que l'idée d'animal esl comprise dans l'idée d'homme. .. aussi peut-on dire véritablement que toute la doctrine syllogistique pourrait être démontrée par celle de continente et contento. du comprenant et du compris, qui est différente de celle du tout et de la partie. — On dira peut-être qu'il ne résulte pas nécessairement des textes cités par nous que Leibniz ait entendu proscrire la considération des classes, pour lui substituer celle des notions. Mais on ne saurait nier qu'en voulant fonder le raisonnement sur un principe qui lui permette 'le s'adapter aux rapports des notions, en déclarant qu'il correspond mieux a la continuité des choses si l'on met en premier lieu le mineur, c'est-à-dire le terme le plus concret, Leibniz n'ait attribué la priorité aux rapports de compréhension.

3. Condillac continue bien mieux la pensée de Leibniz que nombre de logiciens qui, selon les apparences, relèvent plus directement de lui. Par exemple Jacques Bernouilli. dans son opuscule académique : Parallelismus ratiocina logici et algebraici (Opéra, t. I, pp. 211-218), dont le titre promet trop, après avoir montré un certain sentiment de l'importance de la décomposition et de la composition compréhensive des notions (n° vi), n'en donne pas moins sans hésitation comme règle du syllogisme le Diclum de omni et nullo (n° xiv). Ploucquet, qui professe s'inspirer de la caractéristique universelle, ne donne, semble-t-il, dans sa Methodus calculandi in logicis ilTtii'.ef 1764), qu'une traduction pure et simple (au moyen de signes qui ne valent pas mieux que des mots) de la syllogistique traditionnelle (Voir Bautholmess dans Fiunck, Dict. des se. philos. ; cf. Schrôder. op. cit., pp. 711).

n'être que ce qu'elles sont en effet, des idées partielles1. Sans doute, il a tort de ne voir dans la liaison rationnelle qu'une idendité2, comme si tout ce qui est rationnellement lié était sur le même plan, au lieu d'être hiérarchique. Mais en admettant l'existence même de l'identité, et mieux encore, en allant jusqu'à admettre l'essence3, il évitait les conséquences auxquelles aurait pu l'entraîner l'empirisme, et le caractère, si nettement marqué dans sa méthode, d'un double mouvement de régression et de progression '* le ramenait invinciblement vers la pensée de Leibniz. Tous deux ont voulu organiser' l'analyse réelle des notions, et pour cela constituer une langue bien faite, où toute faute dans la pensée se trahit aussitôt par un solécisme ou un barbarisme 5.

C'est au développement de la méthode ainsi comprise que nous voudrions voir appliquer l'algèbre logique ; et la méthode ainsi comprise ne fait qu'un avec la science ellemême. Le sentiment de cette identité des deux choses nous a été présent d'un bout à l'autre de cette étude, et le but que nous nous sommes proposé a été de faire voir que le syllogisme bien loin d'être, au moins en droit, quelque chose de vide et de mort, représente, au contraire, un moment nécessaire de la pensée concrète.

G. Rodier.

1. Art dépenser (éd. cit.), p. 93: Traité des systèmes, p, 22; cf. ci-dessus, pp. b sq.

t. Logique, p. 164 ; Art de raisonner, p. 10.

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