Radier, Logique, p. si el n
pas et se détermine par son opposition avec la proposition retournée. Les trois propositions du syllogisme sont de cette nature : la majeure et, plus rigoureusement encore, la mineure, expriment l'inverse de synthèses immédiates et la conclusion l'inverse d'une synthèse médiate.
En définissant le syllogisme l'analyse médiate, nous l'avons doue saisi daus sa véritable fonction. Mais nous n'avons considéré cette fonction que d'une manière générale, ou, tout au plus, dans celui de ses exercices qui convenait le mieux aux besoins de notre exposition. Reste à chercher si cette fonction peut s'exercer vraiment de plusieurs manières et quelles elles sont.
D'abord, il est clair que le résultat d'une analyse est double : d'une part, on trouve daus le terme analysé ce qu'il contient, d'autre part, ou n'y trouve pas ce qu'il ne contient pas. De sorte qu'une analyse aboutit à la déclaration de la présence ou de l'absence de certaines qualités daus le terme analysé. Delà les propositions affirmatives et les propositions négatives.
La détermination du sens des affirmatives est aisée : elles expriment toujours la présence du prédicat dans la compréhension du sujet. Or comme le sujet est, relativement du moins, un être en soi et par soi (x^p'-^dv), manière d'être qui appartient à ce qu'on peut, avec Aristote, appeler la forme : comme le sujet est, comme la forme encore, le complexe par opposition avec le moins complexe, nous exprimerons le sens de la proposition affirmative eu disant qu'elle exprime l'immanence de la matière dans la forme1.
La signification des négatives exige un peu plus d'explications. Si l'affirmative exprime l'immanence de la matière dans la forme, il n'y a pas de doute que la négative devra normalement exprimer que telle forme n'a pas tel concept pour matière. Mais qu'est-ce qu'une notion qui n'est pas la matière d'une certaine forme ? Ce peut être, si l'on se met au sein de la pensée contingente et empirique, une notion chimérique qui n'a de place nulle part clans le monde. Si l'on se met, au
1. Tandis que la forme est, pourKant,le général, elle est, pour Aristote, le plus déterminé et, par conséquent, le plus particulier, s'il y a parfois quelque incertitude sur l'usage du nu il forme dans Aristote, cela tient exclu sivement à l'attitude du philosophe dans la question de l'individuation. Mais nous évitons cette ambiguïté, car nous admettons que Callias esl la forme d'homme, comme homme celle d'animal. Quand ni, us emploierons le mol /'orme au sens kantien nous l'indiquerons par le contexte.
contraire, au point de vue de la pensée distincte et vraiment intelligible, — et c'est là, sansdoute, un point de vue antérieur est supérieur à l'autre, — c'est une notion qui a sa place plus haut dans le monde. Bref, la négative exprime qu'une forme n a pas pour matière une forme supérieure à elle; que le vivant n'est pas l'anima], ni l'animal, l'homme.
Ceci posé, revenons à notre définition du syllogisme : que peut découvrir l'analyse? D'abord que la forme contient sa matière et la matière de cette matière, ou que la forme ne contient pas ce que ne contient pas sa matière. Ensuite, que là où la matière de la forme n'est pas, la forme n'est pas non plus. Enfin que, si l'on monte l'échelle des formes, jusqu'à une forme donnée, de laquelle on indique deux matières, l'une plus prochaine, l'autre plus éloignée ou inversement, uu moment arrivera où la moins complexe de ces deux matières sera, en tant qu'indissolublement liée à une certaine forme, la forme de la matière la plus complexe ; et, au contraire, que, si la forme donnée n'a pas une certaine matière, une autre matière de la même forme montera toute l'échelle des formes jusqu'à la forme donnée, sans devenir, en tant qu'indissolublement liée à l'une de ces formes, la forme de la matière désignée eu premier lieu. Tels sont les principes des trois figures du syllogisme avec leurs modes, c'est-à-dire avec, là où elle peut se faire, la subdivision des syllogismes de chaque figure en affirmatifs et négatifs.
La première figure, avec ses deux modes bAirbA2rA et cElAr Ent, ou plutôt bA2rbAjrA et cAlErEut, se construit et se comprend avec la dernière facilité. Elle est l'expression naturelle du principe de subordination rationnelle qui est, selon nous, le principe même du syllogisme. On a dit que cette figure reposait sur le principe de subalternation'. Mais, si notre interprétation est juste, la subalternation est étrangère au type fondamental du syllogisme ; car elle est essentiellement une conclusion du général au particulier et, dans le syllogisme qui l'opère, la mineure est une subsomption de P sous M2. Le principe de subalternation dérive du principe de subordination, dans la même mesure que le syllogisme en extension dérive du syllogisme en compréhension.
Le seconde figure, en vertu de son principe même, ne peut
\. Lacheuer, l>c nat- syll., p. 29.