RENOUVIER. — LA RÉSURRECTION ET LA VIE ÉTERNELLE
d*esprit des croyants qui ne peuvent se passer de miracles. Mais, chez Tapôtre Paul, vous chercheriez en vain des récits de phénomènes magiques, tels que, par exemple, en raconte à tout propos Luc, un de ses suivants, qui s'epapresse d'enregistrer tous ceux qu'on lui rapporte, et ne pense faire de mal à personne en y en ajoutant probablement quelques-uns de son cru. Paul a des visions, des révélations (1); la grande crise de sa vie en est une. Nous n'en possédons malheureusement des récits que de seconde main, et non sans variantes (dans les Actes). Lui-même mentionne le fait de sa conversion, dit qu'il a vu Notre-Seigneiir, que Dieu a révélé son fils en lui (àTzonaLku^oLi Tôv ulôv auToO èv i{jLoi)(2), etc'cst tout. Il vit dans le surnaturel, ladiis ne nous raconte pas un seul miracle. Ce n'en est pas un que son ra\issemeni jusqu'au troisième ciel, dans le Paradis — Dieu sait, dit-il, si ce fut avec son corps ou sans son corps ! — phénomène psychique qu'il classe parmi ces visions et révélations du Seigneur (elç ôTzicLfsioLç xal àizo^oLlû^^zK: xupiou), dont il pourrait et ne veut pas se glorifier, unies qu'elles sont à un soufflet de Satan, à une écharde qu'il a dans sa chair. Il a cependant la grâce de Dieu, et elle lui suffit. Dieu lui a fait connaître que la force s*accomplit dans la faiblesse. Il est vrai qu'il rapporte le témoignage des apôtres et des cinq cents frères qui onlvn Jésus ressuscité; mais, à raison de la nature qu'il attribue aux corps après leur résurrection, et que nous allons expliquer, il a dû tenir pour des visions, encore bien que de fondement réel et divin, ces apparitions que les évangélistes rapportent comme des faits de l'ordre sensible produits en renversement des lois de cet ordre de faits, c'est-à-dire comme des miracles.
C'est en la rapprochant de la conception que s'en est formée l'apôtre que nous pouvons essayer de nous faire une idée vraisemblable de la manière dont Jésus comprenait la résurrection. Il faut laisser aux plus faibles d'esprit de ses disciples, — mais les apôtres eux-mêmes étaient peu intelligents, à en croire les évangélistes, qui, s'ils n'étaient pas de leur nombre , devaient en cela leur ressembler, — il faut laisser les imaginations légendaires. Jésus, lui, n'a pas pu croire qu'il reviendrait, on ne sait si c'est pour se montrer ou pour se cacher, promenant son corps ranimé et ses plaies bien ou mal fermées,
(1) Deuxième aux CoHnihiens, xii, 1-10.
(2) Première aux Corinthiens, ix, l; Aux Galates, i, 15-16; ii, 2.
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^SOPHIOUE. 1893
! physiquement, d'uoe manière ire à la germination d'un corps mmortellè digne du Messie, et n vertu de Taction divine, au time. C'est ainsi que Paul s'est non pas celle du Christ seulejour de là parousie du Seigneur :
es morts ? Avec quel corps le tu sèmes n'est point vivifié, le que tu sèmes, ce n'est pas le mple grain, ou de froment ou ane le corps qu'il a voulu, et à ps particulier (1). » Il est peutque cette idée a été quelquefois !, que la mort du grain ne signiphysiologique, mais bien l'évoorps du grain de blé, fait sortir tu de la loi spécifique d'établisin, le grain se corrompt incontes- 3 et ses propriétés actuelles. « Il tion des morts : ce qui est semé )a), bas et faible ; ce qui lève est fort. C'est un corps animal qui luel qui s'éveille ; et s'il y a un
*ps spirituel (el egtiv <jw|jLa ^\j-/iy,6'^^
) faut pas demander, à la compaluivre avec exactitude, car l'évonte est une évolution circulaire, que vise l'apôtre est un progrès la pensée est claire. De l'homme grâce au Christ, l'homme spirié de la terre, est de terre (xo*tx<5; ; est du ciel (è? oOpavoO). Tel que îeux qui sont de terre aussi, et istes seront. De même que nous me de la terre, ainsi nous por-
sieste (cpopéaouiev xal r^v elxdvà toO
nant par quelle révolution s'opé-