L. Ricard
Le nouveau conseil était ainsi composé :
Grand-chancelier : M. le général Davout, duc d*Auersl8edt.
Secrétaire général: M. Jacquère, conseiller d*Etat« Membres du conseil : MM. le vice-amiral Lefèvre, ancien ministre de la marine; les généraux Détrie, Lebelin de Dionne et Laveuve, Decrais, ambassadeur de France ; Bonnat, membre de TInstitut ; Dislère, conseiller d'Etat; Doniol, inspecteur général des ponts et chaussées ; Sully-Prudhomme, de TAcadémie française; Forichon, conseiller à la Cour de cassation.
Les bruits les plus étranges avaient circulé sur Tarrestation d*Arton et les conditions dans lesquelles elle s*était produite. Aux premières nouvelles, le célèbre personnage était représenté comme désire^ux
â*étre conduit en France au plus vite; peu après, on; apprit au contraire qu'il était décidé à tout metlr^ en œuvre pour essayer d'éviter la fâcheuse extra-. dition. A ce sujet, le correspondant du Matin à Londres écrivit à son journal que pour bien dé-* montrer lé caractère politique de l'affaire d'Arton, son avocat, M. Newton, raconterait au tribunal de Bow-Street qu'un journaliste parisien, M. Georges Lefèvre, muni d'une lettre de M. Ricard, avait été. chargé par le gouvernement français de promettre k Arton un juge d'instruction bienveillant, des jurés bien choisis et pleins de mansuétude et même l'assu-n rance d'une prompte mise en liberté après sa condamnation, s'il voulait bien remettre tous ses papiers au ministère.
M. Chaudey posa le jour même une question au garde des sceaux et le pria de renseigner la Chambre. Celui-ci lé fit dans les termes suivants :
■" il
M. Louis Ricard, garde des sceaux, ministre de la j'us- Hce. — Je suis heureux de roccasion qui m'est offerte de fournir à la Chambre des explications en réponse aux romans publiés par un certain nombre de journaux de. ce matin.
Dès hier soir, j'ai été averti que des dépêches, m'attrihuant un rôle contre lequel je proleste de toute l'énergie de mon honnêteté, allaient être publiées. (Très bien! très bien!)
Avant la publication de ces dépêches, j'ai rédigé moimême une protestation que j'ai fait composer à l'avance pour démentir des insinuations dont je ne recherche ni l'origine ni le but.
:. Celle protestation a été remise à l'agence Hàvas. En voici le texte ; i
« Le garde des sceaux proteste avec la dernière énergie contre les articulations de l'avocat Newton. - « M. Ricard n'a autorisé personne à se mettre en
rapport avec Arton et à lui faire des propositions de quelque nature qu'elles soient.
« Arton a été arrêté.
« C'est sur la demande du ministre de la justice que le juge de Bow- Street vient d'accorder l'extradi"tion. »
Le roman est né d'allégations produites devant le tribunal de Bow Street, par M. Newton, l'avocat d'Arton «t, à la vérité, on s'étonne qu'un homme sérieux, un avocat qui, paraît-il, occupe une haute situation dans son pays, qui est intervenu dans cette affaire, sur des sollicitations autres que celles d'Arton, incapable de payer les honoraires de son défenseur, ait usé d'un pareil moyen, et ait accusé le garde des sceaux de France d'avoir envoyé des émissaires pour traiter avec Arton.
M. LE VICOMTE d'Hugues. — On a pourtant raconté des choses analogues dans des livres 1
A gauche, — C'est une pure calomnie.
M. LE MINISTRE. -t% Le ridicule même d'une telle articulation en a fait justice.
Néanmoins, on a osé dire que si Arton voulait se laisser extrader, que s'il consentait à donner certaines indications, on choisirait un juge d'instruction sage, {Sourires), que le garde des sceaux désignerait un président des assises pas méchant, et, chose plus étonnante encore, qu'il choisirait sur la liste des jurés les perr sonnes les plus capables de bienveillance envers l'homme qui se serait ainsi montré disposé à satisfaire ses desseins. {Exclamations et rires sur divers bancs.)
Comment de lelles insinuations ont-elles pu se produire ? On a prétendu qu'on avait vu une lettre écrite par moi, signée par moi, autorisant une tierce personne à aller trouver Arton pour lui faire des propositions.
Je donne à la Chambre lecture de la dépêche envoyée hier soir aux journaux français :
« Newton déclare émissaire Ricard, ministre justice, était porteur lettre écrite signée par ministre promettant Arton, si voulait consentir extradition et livrer tous papiers, que gouvernement arrangerait choses pour
202 L'ANNÉE POUTIQUE.
que Arton fût condamné légère pénalité France et porteur lettre dit fils, fille Arton avait carte blanche pour fournir argent dont pourraient avoir besoin. »
Il était bon que de pareilles articulations reçussent le démenti le plus éclatant. [Applaudissements à gauche et au centre.)
Dans rintention où je suis de collaborer à Tœuvre de la justice avec Fappui de la Chambre, je vais d'ailleurs mettre la' Chambre à même d'apprécier ma conduite.
Le lendemain du jour où Arton a été arrêté, j'ai été avisé, par une personne qui s'est présentée à moi, qu'elle connaissait l'endroit où étaient déposés, à Londres, certains papiers compromettants. Cette personne m'a donné le nom, l'adresse, et s'est offerte pour me procurer les papiers.
J'ai répondu : « Je ne puis pas intervenir personnellement pour mettre la main sur ces papiers qui sont en Angleterre, mais la police française est représentée à Londres pour suivre l'extradition... »
C'est alors que j'ai adressé au commissaire spécial envoyé à Londres une lettre où il était dit :
« On m'affirme que nous pouvons légalement trouver des documents que nous recherchons depuis longtemps, je vous envoie une personne qui vous fera connaître l'endroit où ils pourraient être saisis et je vous prie de lui faire bon accueil. »
Je ne veux sur ce point, aucune ambiguïté. Je me suis demandé ce que je devais faire devant la proposition qui m'était faite et je me suis dit qu'il était de mon devoir de tout mettre en œuvre pour rechercher et saisir les papiers qui pouvaient éclairer la vérité. {Très bien! très bien!) Qu'auriez-vous pensé d'un garde des sceaux qu'on aurait pu accuser d'avoir reçu une pareille communication et d'avoir répondu que cela ne le regardait pas? Vous l'auriez blâmé et vous auriez eu raison. {Très bien! très bien!)
Pour ma part, si j'étais à votre place et si un ministre se présentait devant la Chambre en tenant un tel langage, je serais le premier à le blâmer très sévèrement. Aussi n'ai-je pas hésité et voici le texte exact de
la lettre que j'ai adressée au commissaire spécial qui se trouvait à Londres :
« Paris, 20 novembre 1895.
« Monsieur le commissaire spécial,
« Je vous prie de faire bon accueil à y. Georges Lefèvre, dont nous avons accepté le concotirs pour découvrir les documents qu'il sait exister et qui sont susceptibles d'aider à la manifestation de la vérité dans raffaire Arton.
(( Vous voudrez bien tenir grand compte des renseignements tout à fait désintéressés qu'il nous a déjà communiqués, et qu'il vous fournira pour vous aider dans vos recherches. » {Vifs applaudissements.)
M. Goujat. — C'est la lettre d*un honnête homme. .
M. LE GARDE 'dES SCEAUX , MINISTRE DE LA JUSTICE, -r-
Voilà la lettre écrite et signée de ma main que j'ai envoyée en Angleterre. Elle ne contient pas un mot de plus. Celte lettre, je ne la regrette pas.
Si j'apprenais demain que, dans un autre pays, existent des documents que nous recherchons ardemment pour découvrir la vérité, et s'il y avait pour moi un moyen légal de mettre la main sur ces documents, je n'hésiterais pas à faire demain ce que j'ai fait hier. {Vifs applaudissements sur un très grand nombre de bancs,)
M. d'Hugues transforma la question en interpellation. Il déclara vouloir bien croire que M. Ricard n* avait pas eu de relations directes ou indirectes avec Arton; mais il demandait si les autres gardes des sceaux pourraient en dire autant, et il exprima Tespoir qu'un membre des anciens cabinets monterait à la tribune pour répondre.
, G*esi M. Ribot qui prit la parole et s'exprima ainsi :
M. RiBOT. — La Chambre a vu quelles sortes d'accusations peuvent atteindre tous les ministères successi-
vement. Celui qui était au pouvoir eil 1892 a été Inis en cause hier par le même avocat qui accusait le ministère actuel.
Je répondrai d'un seul mot : s'il était vrai que le cabinet dont j'étais le chef et dont l'honorable M. Bourgeois faisait partie ait eu l'indignité d'entretenir, par je ne sais quels moyens louches, des rapports avec un individu tel que Arton, alors condamné, je ne serais •pas à cette tribune. {Applaudissements au centre,)
J'affirme que non seulement le ministre, mais le conseil tout entier a voulu que tous les efforts fussent •tentés pour arriver à saisir Arton.
Et d'ailleurs, il n'y avait pour nous aucun intérêt à ce que Arton ne fût pas arrêté, et il y avait, au contraire, un grand intérêt pour la République à ce qu'il le fût, afin de mettre un terme à des calomnies depuis •trop longtemps colportées. (Très bien! très bien!) . ' Je ne redoute donc aucune enquête sur ce point ; je l'ai déjà prouvé. J'ai été ministre de l'intérieur, pendant trois mois, et j'affirme que, dans cet intervalle, -j'ai fait tout pour que Arton pût être mis sous la main de la justice.
J'ai proposé à la commission d'enquête, présidée par M. Brisson, que je tenais à sa disposition les dépêches et la correspondance échangées ; j'ai prié le président de faire faire une copie de ces documents. Ce n^est point dans les usages, mais j'ai pensé que la gravité des circonstances autorisait cette communication. (TVés ,6ien/ trè% Sien!)
, Je ne crois pas que personne, même parmi mes adversaires, veuille mettre en doute mon affirmatron. • Il y a maintenant pour moi une question d'hoiirletir engagée. J'avais cru devoir jusqu'ici garder le silence sur des allégations, d'ailleurs contradictoires ; mais le jour où la diiïamation se produit, j'ai le devoir d'y répondre par l'énergique protestation d'un honnête homme. {Appiaudissemenls sur tin grand nombre de ' bancs.)
Le débat fut clos par radoptîonr, par 485.yoix -contre 4 de l'autre du jour suivant de M. Çhàpurs :
• La Ghanlbréy approuvant la conduite du gouverne*ment dans raiïaire Arton, et conftante dans son énergie pour faire la lumière, passe, etc.
La discussion ne devait pas en rester là. Le Figaro publia un long article dans lequel étaient renouvelées les affirmations d'un ancien fonctionnaire de la sûreté générale, M. Dupas, qui avait déjà fait paraître une brochure les contenant. M. Dupas prétendait avoir été chargé de trois missions successives à Londres, à Venise et à Bucharest auprès d'Artou Idont on connaissait la retraite, mais qu'on ne voulait pas arrêter. M. Loubet avait aussitôt démenti 'ces affirmations et déclaré que, dès qu'il avait su Arton à Venise, il avait donné Tordre de Tarrôter. Cependant Tarrestation n'avait pas été opérée. ,
M. de ftamel posa, à la séance du 12, une question sur cette affaire et demanda des éclaircissements sur les. bruits qui circulaient. Après quelques mots de M. Ribot, mis en cause, et une courte réplique de M. Bourgeois qui demandait à la Chambre de ne pas compromettre le succès de la demande d'extradition en portant le débat sur le terrain politique, l'incident fut clos.
Mais il se trouva bientôt rouvert par la publia -cation dans le Figaro àQ la lettre suivante d'Arton:
« Prison d^HoUoway, à Londres, 11 décembre 189^.
M Monsieur le rédacteur,
\^ « Je suis d'habitude partisan du silence, et personne (pas même MM. Ricard et Ribot) ne me reprochera de 'trop parler. Mais la séance de la Chambre du 7 courant, les déclarations de MM. , Ribot et Ricard et ce 'superbe vote les approuvant par une majorité '4e 486 voix contre 1, me forcent de rompre avec mes-habi-
206 VASStE POLITIQUE.
tades et de m*adresser au public par Toie de la presse.
« Cest la première fois qae je m^adresse an public depuis que j*ai quitté Paris, et tous les €< interriews >» dans les divers pays da monde publiés dans les dernières trois années n*ont été que des mystifications. Je n^ai jamais été inteniewé depuis le 21 juin 1892, et je n'ai jamais quitté Londres depuis le 4 février 1893.
« Si besoin, je le prouverai.
tf Le gouvernement français a fait deux tentatives auprès de moi.
« La première fois, j*étai5 en liberté à Budapest, d'où je me rendis à Venise pour m'y rencontrer avec M. Dupas, secrétaire du directeur de la sûreté générale, qui était accompagné, pour ma sauvegarde, par mon conseil, M. Raoul Royère.
« M. Dupas est resté avec moi à Venise du 29 décembre 1892 au 1^' janvier 1893, avec mandat d'arrêt en poche, $am m'arréter.
a Et maintenant, pour en finir une fois pour toutes avec les faux-fuyants et les majestueuses déclarations que Ton prodigue du haut de la tribune, mettons les points sur les t.
i( Au moment de l'affaire de Venise, M. Loubet était ministre de rintérieur et chef direct de M. Dupas. MM. Ribot et Bourgeois faisaient partie du ministère. Si M. Loubet a agi sans les prévenir ou sans se mettre d'accord avec ses collègues, c'est affaire à démêler entre eux.
« Ce ministère tomba le 10 ou le 12 janvier 1893. Un ministère Ribot fut reconstitué, et peu de jours après, commença la chasse par M. Soudais prtidemmenl accompagné par M. Dupas.
u J'étais tranquillement à Budapest, et je reçus en temps utile une dépêche me disant de quitter mon refuge. La personne qui m'a prévenu ne faisait pas partie du gouvernement; il est donc à supposer qu'elle a été dûment avertie. Tout le monde, d'ailleurs, connaît le résultat de la poursuite, MM. Soudais et Dupas jouant partout le rôle des carabiniers.
« Bref, je rentrai le 4 février 1893 à Londres, que je n'ai plus quitté depuis.
« La seconde tentative est celle faite tout dernièrement, lorsque M. Ricard m*a envoyé M. Georges Lefèvre à la prison de Holloway, à Londres.
« M. Ricard s'étonne qu'un avocat de la réputation de M. Newton ose, en pleine cour, porter de pareilles accusations contre un garde des sceaux français. M. Newton n*a affirmé que ce qu'il a vu et entendu; et il est bien plus étonné que M. Ricard, puisqu'il constate qu'un garde des sceaux français ose, en pleine Chambre, porter une pareille atteinte à la vérité.
<c M. Ricard a fait à la Chambre un joli petit conte, que je vais analyser.
« Le garde des sceaux avoue qu'il a remis une lettre à M. Georges Lefèvre, lettre autographe adressée à M. Cochefert; le but était d'avoir mes papiers. Le texte de la lettre lue à la Chambre diffère de l'original, mais peu importe la forme, le fond y est.
« Voilà donc deux points : 1® existence de la lettre autographe; 2^ son but, vouloir mes papiers, qui sont accordés par M. Ricard, et où nous n'avons pas menti.
« M. Ricard prétend avoir remis cette lettre à M. Georges Lefèvre parce que ce monsieur déclarait savoir où étaient mes papiers.
« M. Lefèvre. — anciennement au Radical , aujourd'hui receveur municipal et auteur distingué, que M. Ricard connaît beaucoup, que moi je ne connaissais guère, mais que je connais aujourd'hui comme homme de cœur, malgré son désaveu, qui a dû lui coûter beaucoup — arrive donc à Londres.
« Selon M. Ricard, il savait où trouver mes papiers : et, efifectivemenl, la première chose qu'il fait et la plus simple, c'est de se mettre en rapport avec mon fils et ma fille pour avoir une entrevue avec moi. Il l'obtient sur demande faite officiellement par M. Newton ; elle a lieu le mercredi 27 novembre 1895, à la prison de Holloway, et (quoique sachant où sont mes papiers !) M. Lefèvre vient tout simplement me faire des propositions pour remettre ces papiers à un ceiHain moment et sous certaines conditions au gouvernement.
« Dans une nouvelle entrevue, deux jours plus tard, à la cour de Bow-Street, en ma présence et en présence
de trois témoinê, il répète sa proposition avec tons les détails et en disentant la valeur des avantages offerts.
(c En sortant de cette entrevue, il est attrapé furieusement par M. Cochefert pour avoir fait ces offres devant tiois témoins, et il quitte Londres sans mespct^ piers, 11 ne savait donc pas où ils étaient ?
« Alors pourquoi la lettre de M. Ricard? Est-ce lui qui aurait trompé son ami M. Ricard? Allons donc,' cessons cette comédie ! M. Georges Lefèvre est un homme d'honneur, il a femme et enfants; je le défie de venir à Londres jurer sur le Christ et sur le salut des siens que les témoignages des personnes qu'on lui opposera sont faux, qu il ne m'a rien offert, qu'il ne venait pas de la part de M. Ricard.
« Mon extradition va être soumise à la Haute Cour anglaise, et il ne m'est pas permis de vous envoyer la masse de documents et de preuves que je possède, établissant absolument la véracité de tout ce que je viens d'avancer, el, plus encore, à l'égard des deux tentatives gouvernementales faites auprès de moi.
« Mais aussitôt que la justice anglaise se sera prononcée définitivement — et extradé ou non extradé — }e vous ferai parvenir ces documents, en vous priant de vouloir bien les publier.
M Je sais parfaitement que, par la présente publication ainsi que parles futures, je ne fais que m'attirer la haine de tous ceux qui pourront me faire souffrir beaucoup — si je suis extradé — et je suis prêt à supporter toutes les conséquences de mon acte.
' « Je trouverai ma récompense dans ma conscience et dans l'opinion publique qui me jugera.
« Recevez, monsieur, l'expression de mes sentiments distingués. « Emile Arton. »
Dès qu*ii eut connaissance de la publication du Figaro, M. Ribot se rendit auprès du président du conseil auquel il laissa la lettre suivante :
« Monsieur le président et cher collègue,
« J'ai affirmé que, si des négocialions ou des pourparlers avaient eu lieu en décembre 1892 avec Arton,
le gouvernement dont vous faisiez partie avec moi lïèf les avait ni connus, ni autorisés; ; ;
« La déclaration très loyale de M. Loubet ne laisse aucun doute sur ce premier poinl.
' « J'ai affirmé en second lieu qu'étant ministre de l'intérieur à partir du 10 janvier 1S93, j'avais donné les ordres les plus formels à M. Soinoury et à M. Lozé pour qu'Arton fût recherché non seulement à Bucarest,mais à Londres et partout où sa trace avait pu être signalée. . ' ' \ '
« Si, comme il le prétend dans une lettre adressée au Figaro, Arton a été averti des recherches dont il était l'objet, il n'a pu l'être que par la trahison d'un agent. ^
« Je vous demande de faire ouvrir immédiatement une information judiciaire, en vertu de l'article 248 du Code pénal.
« Veuillez agréer, monsieur lé président et cher collègue, l'assurance de ma haute considération et de mes sentiments dévoués. »