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PSYCHOLOGIE COMPARÉE

BONNIER (P.). — Le sens du retour. — Rev. phil., juillet 1903.

Le problème de Torientation peut se poser ainsi : comment un animal, après un déplacement, garde-t-il assez bien rorientution de son point de départ pour s'en servir dans un retour aussi direct que possible.

Après avoir examiné les di (Té rentes explications qui en ont été données et dont aucune n'est satisfaisante, l'auteur cherche à interpréter le phénomène à l'aide de ce qu'il a appelé le sens des attiiudeSy c'est-à-dire cette faculté grâce à laquelle tout animal a conscience de ses moindres attitudes et de ses déplacements, sens dont le nerf est représenté par le nerf vestibulaire de l'oreille,comme il l'a montré dans ses travaux antérieurs.

Dans l'appareil labyrinthique des vertébrés comme dans tous les appareils similaires des invertébrés, la formule physiologique est lu même et rappelle beaucoup le procédé du loch des marins. L'organe renferme toujours certaines parties inertes, suspendues et relativement libres, qui, à chaque déplacement, à chaque attitude du segment qui porte l'organe, répondent par des attitudes, des déplacements conjugués. Dans tous les cas, il y a conflit entre l'appareil inerte suspendu et le mouvement de la paroi de Torgane, et ce conflit, ce frottement, ce retard (?) est apprécié par la papille nerveuse dans sa direction, sa force et sa forme.

L'enregistrement de la série des déplacements successifs par rapport au point de départ implique l'orientation constante du point de départ à chaque instant du parcours par une sorte de triangulation, et cette mémoire n'est pas plus extraordinaire que la mémoire que nous gardons de la direction de la pesanteur à travers les continuelles pertes de l'équilibre que commande l'exercice même de la locomotion. Il y aurait beaucoup à dire sur cette mémoire de la direction de la pesanteur, mais la discussion de cette question ne touche pas essentiellement au sujet et nous entraînerait trop loin.

Le labjTinthe perçoit non seulement l'angulation, l'orientation, mais aussi la vitesse même du déplacement.

Arrivé au terme de ses pérégrinations, Tanimal sait d'où il vient aussi nettement que si une étoile lui indiquait sa route et il vole vers son gîte aussi résolument que s'il le voyait.

J*avoue que les arguments de M. Bonnier ne in*ont pas absolument convaincu. Je crois que sa théorie peut expliquer en effet les cas dans lesquels Tanimal a suivi au retour ritinéraire de Tailer (loi du contre-pied du capitaine Reynaud). Je Tadmettrais encore, à la rigueur, pour les cas dans lesquels Titinéraire de retour est différent; mais elle me semble inapplicable aux cas dans lesquels un animal, chien ou chat, est transporté au loin dans un panier par exemple, et, quoiqu'il ait dormi une partie du temps^ revient à son point de départ.

H. Beaunis.

GLAPARÈDE (E.). — La faculté d'orienUtion lointaim. (Sens de direction. Sens dn retour.) Essai de mise au point diaprés quelques travaux récents. — Arch. de psychologie, mars 1903, p. 133-180.

M. Glaparède est en train de devenir un des esprits critiques les plus lumineux de la psychologie contemporaine. Rien n*est plus utile que la lecture de ce grand travail, où il a mis au point, avec une sagacité singulière, cette grosse question de Torientation chei les animaux, par une discussion serrée des observations et expériences les plus importantes qui ont été publiées. Un riche index bibliographique complète son étude. 11 serait h désirer que pour la plupart des problèmes on possédât un ensemble de réflexions critiques aussi bien informé. Seulement la lecture de ces critiques a quelque chose de désolant. Elle montre combien peu de travaux ont été exécutés correctement. Quelques-unes des discussions prennent nettement à partie les recherches du capitaine Reynaud, dont la théorie, appelée loi du contre-pied, a joui d'une faveur peu justifiée par les faits. Glaparède montre nettement comme on raisonne mai quand on est imbu d'une théorie, et combien certaines observations en apparence péremptoires sont défectueuses quand on les regarde d'un peu près.

A. BlNET.

Groupe d'études de psychologie zoologique. - L'imitation chez les oiseaux. — Sur le sens de Porientation. -— L'intelligence des chats. — La recherche d'un abri par les Pagures. — L'intelligence des animaux et celle de l'homme. — Les laboratoires maritimes. — Bulletin de l'Institut général psychologique, 1903, n*^ 3, j». 107-234.

La lecture de ce compte-rendu de séance étonne un peu; et nous nous demandons quel intérêt peuvent présenter ces conversations sans prétention, où aucun problème n'est examiné avec méthode. Ces choses là ne s'impriment pas. L'histoire d'un tigre à Ja dent auriliée fait pendant à la demande d'un des assistants.

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qui désirait savoir si les animaux pourront arriver à comprendre quelque chose de nos sciences. Relevons une présentation d'expt»rience par M. Hachet-Souplet; il s^agit d'un chat qui ouvre le loquet d*un garde-manger dans lequel il y a un appât.

YUNG (E.). — Recherches sur le sens olfactif de l'escargot (Hélix pomatia). — Arch. de psychologie (Genève), novembre 1903, t III, p. 1 à 80, avec 23 figures et index bibliographique de 43 numéros.

C'est une monographie très intéressante, très complète, très ingénieuse, relatant non seulement l'historique de la question depuis les travaux de Moquin-Tandon, mais encore et surtout un très grand nombre d'expériences personnelles. Des croquis et même des instantanés indiquent la position prise par l'animal, les invaginations ou flexions de ses tentacules, lorsqu'on le soumet à l'excitation d'un corps odorant. Le fait le plus curieux, à mon avis, qui ressort de toutes les expériences, est que la sensibilité olfactive de l'animal — ou du moins la réaction aux odeurs — existe sur toute la surface du corps, sur le pied, et sur la peau de toutes les régions que l'animal sort de sa coquille lorsqu'il rampe. Seulement, cette sensibilité olfactive est plus vive dans le bouton terminal des grands tentacules. Il existe donc une sensibilité diffuse de la peau, ce qui marquerait un état d'évolution encore mal différencié. L'auteur a pu se rendre compte de la manière suivante de celte sensibilité diffuse : un pinceau odorant (imbibé par exemple d'essence de camomille) et qui étant à la température ambiante ne peut pas provoquer d'excitation de chaleur, est approch«* d'une d'une partie quelconque du corps de l'animal; constamment, il provoque, à une courte distance de quelques centimètres, une dépression locale de la peau, qui est produite par une contraction musculaire de l'animal. L'auteur étudie ensuite l'action des différentes odeurs. Toutes celles qui agissent sur l'odorat humain ont une influence sur l'escargot. Je n'ai pas très bien compris l'ordre d'intensité que l'auteur cherche à établir (t<ibleau de la page 32) entre les différentes excitations olfactives, en tenant compte de la distance à laquelle ces excitations agissent sur l'escargot; il me semble que la longueur de la distance lient surtout à la nature chimique de la substance et à son mode de propagation. D'autres expériences ont montré que l'Hélix ne perçoit qu'à une distance de 1 à 3 centimètres l'odeur des corps dont il fait son aliment; exception doit être faite toutefois pour le melon, qui se perçoit à 50 centimètres. Le travail se termine par une description anatomique et histologique du tentacule.

A. BiNET.

PHÉNOMÈNES PSYCHIQUES

FLOLiRNOY (TH.). — F. W. H. Myers et son œnvre posthume.

— Arch. de psychologie, II, 3« fascicule, juin 1903, Genève, Kùndig.

Voici une très belle élude, comme seul Flournoy — et peut-être aussi William James — pouvait en écrire une. Elle est consacrée à un savant quMl a beaucoup aimé et compris, et dont il a pu pénétrer les aspirations parcequ*il avait pour Tœuvre même une sympathie profonde. Cesl là ce qui donne à l'étude de Flournoy une clarté et une chaleur vraiment remarquables. Il montre ce qui a fait de Myers le type accompli dune espèce nouvelle et non «ncore classée de savants, le « psychical researcher ». Myers a raconté lui-même comment, h l'âge de vingt-neuf ans, son âme croyante étant tourmentée par les doutes, il alla confier ses tourments au professeur Sidgwick. « Dans une promenade sous le ciel étoile que je n'oublierai jamais, écrit Myers, je lui demandai presque en tremblant s'il pensait qu'après la faillite de la Tradition, de rintuition et de la Métaphysique à résoudre Ténigme de l'univers, il y avait encore une chance pour que l'étude de certains phénomènes observables actuels — revenants, esprits, n'importe quoi — pût nous fournir quelque connaissance valable relative'ment au monde invisible. Sidgwick me parut avoir déjà songé à cette possibilité, et avec une assurance exempte pourtant de tout emballement, il m'indiqua quelques dernières raisons d'espérer. Dès ('<' Jour-là date ma résolution de me livrer à celte recherche », c'est-à-dire d'étudier scientifiquement, expérimentalement, des phénomènes anormaux et occultes qui semblent attester l'existence d'une autre vie. C'est le besoin de croire, un besoin religieux, qui fil de lui un savant et un chercheur. 11 a été le secrétaire général et Idnie de la société anglaise cjui porte le nom de Society for paychicdl research, et qui dilTère des sociétés spirites du continent par sa neutralité en face des diverses doctrines spirites.

L'idée philosophique de Myers se trouve dans un ouvrage posthume de 1400 pages, qui a pour titre : Human Peisonality and iU siiniral from hodily death. Flournoy a entrepris l'exposé de cette doctrine. Elle se compose de deux parties, qui sont d'une valeur bien inégale, la psychologie du subliminal, ou de l'inconscient.

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et le système philosophico-religieux que Myera a voulu en tirer. Parlons d'abord et surtout de la psychologie du subliminal.

Pour Myers, notre moi conscient n'est qu'une petite partie de notre âme; cette partie se continue dans notre individualité sousjacente, notre moi subliminal, lequel possède des fonctions animales, aujourd'hui perdues, comme le pouvoir de modifîer la nutrition, la sécrétion, la croissance, — et aussi des fonctions supérieures, provenant d'une existence extra-terrestre, et dont nous trouvons des exemples dans les phénomènes de lucidité, clairvoyance et prophétie. Entre le moi conscient et le moi subliminal il y a des échanges constants; des souvenirs perdus se retrouvent dans les rêves, dans des états de fièvre — et à l'inverse des messages de la région subliminale peuvent nous donner des hallucinations, des impulsions.

Il est intéressant de voir comment cette conception grandiose du subliminal permet à Myers l'explication de phénomènes variés sur lesquels on se dispute encore. C'est ainsi que Vhystéric se ramènerait à une perméabilité exagérée du diaphragme psychique qui sépare le conscient et le subliminal, d'où il résulte que certaines couches subliminales malades peuvent apporter le trouble dans le jeu du moi normal. Le génie s'expliquerait de mêqie, sauf que cette fois ce sont les couches subliminales saines, et parfois douées de facultés supranormales, qui font irruption dans la personnalité ordinaire et lui apportent des solutions dont celle-ci serait incapable. Myers a appliqué sa théorie spécialement aux calculateurs prodiges. Le sommeil et V hypnotisme consisteraient dans un accroissement de la vitalisation subliminale de l'organisme; la suggestion serait un appel heureux au moi subliminal, et Tauto-suggestion serait l'éveil, l'entrée spontanée de ce moi subliminal. De plus, l'explication réelle de la vitalisation hypnotique, des efTets des cures produites par la suggestion, vient de ce qu'il existe une vie spirituelle, un monde méléthérique dans lequel le moi subliminal se trempe, et auquel ce moi emprunte un nouveau flot d'énergie. La télépathie, c'est notrp personnalité pouvant, soit en totalité, soit par certains de ses fragments subliminaux, se libérer momentanément de son organisme, et visiter d'autres centres nerveux. Enfin, pour terminer cet t'^difice, voici « toute une synthèse scientillco-philosophico-religieuse, qui consiste à ériger la télépathie, ou intercommunication directe des ûmes, au rang de loi universelle, de vérité cosmique suprême... Vu de cette hauteur, l'isolement douloureux des personnalités humaines, qui nous semblent irrémédiablement séparées, n'est plus qu'une apparence... La réalité, c'est leur communion essentielle, immédiate, qui se réalise déjà à notre insu, ici bas, par les couches profondes de nos consciences subliminales plongeant dans la sphère spirituelle transcendentale... il incombait à la science moderne de mettre son sceau à ces grandes idées, qui expriment les aspirations les plus profondes de l'humanité : le Devoir, dont la sanction naturelle résultfe désormais de la répercussion télépathique de toute notre

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conduite, josqu^à nos moindres pensées,' dans l'univers spiritael entier; la Prière, par laquelle nous entrons en échanges télépathiques efficaces avec les puissances supérieures; Dieu, Tinscnitable principe et couronnement de cette universelle loi d*union; la Vie éternelle, enfin, que tous les messages télépathiques de Tau-delu s'accordent à nous révéler... » Rien n*est plus intéressant que les réflexions critiques par lesquelles Floumoy termine sa très belle analyse. Il discute le point de départ des recherches de Myers, ne pouvant admettre que ces aspirations de la foi, les ressorts les plus intimes de l'être, puissent être soumises au contrôle de la science. « Il me semble, dit-il, que c'est leur porter atteinte que de les exposer ainsi à tous les risques, en les rendant solidaires d'interprétations et de résultats scientifiques, tenus aujourd'hui pour acquis, et demain peut-être renversés. » Recueillons soigneusement pour la psychologie individuelle cet aveu d'un homme ayant l'esprit scientifique aussi hautement développé. Il est évident qu'il n'existe pas de norme générale de certitude à laquelle tout le monde devrait se soumettre, sous prétexte que cette norme est scientifique. C'est à la psychologie à définir les types diiTérents d'intelligence et de sensibilité, et h montrer par là même comment ^ certains critères qui sont satisfaisants pour les uns répugnent aux autres.

A. BiNET.

LEMAITRE (Arc). — Jenny Azaela, sonmambule genevoise au siècle dernier lavec un portrait). — Arch. de psychologie, 1I| 2*^ fascicule, mars 1903, p. 105-132, (lenève, Kundig.

M. Lemaître, à qui nous de^vons de très curieuses obsen-alions sur l'audition colorée chez les écoliers, nous donne ici riiisfoire d'une somnambule intéressante, Mme Schmitz, qui vivait à Genève en 1838, et sur laquelle Despine père a publié une courte noie; Lemaître a pu reconstituer une partie de l'existence de cette femme, frrîice à un journal intime tenu par une amie de celte somnambule, grâce aussi aux témoignages fournis par des survivants. Il y a du reste dans riiistoire de Jenny tous les phénomènes possibles et Imaginables, le somnambulisme, l'extase, la télépathie, la clairvoyance, la vision à travers des corps opaques, la lecture par ililTérentes parties du corps, comme le coude et l'ombilic, les phosphorescences. Ce qu'il y a de plus intéressant chez cette malade, c'est l'installation d'un état second qui durait une à trois heures par jour, qui a présenté, grâce h des magnétisations régulières, une assez grande fixité, et qui n'a disparu qu'à la mort de Mme Schmitz, ayant duré quarante-neuf ans. Elle eut en efl'et toujours besoin d'tHre magnétisée, et le fut régulièrement par différentes personnes, comme un pasteur, qui devint plus tard son mari, et môme un ouvrier piémontais. Fait plus curieux encore,

PHÉNOMÈNES PSYCHIQUES

cette malheureuse, que Ton crut si souvent < t^nt ses souffrances étaient vives et ses crises pas moins jusqu'à l'âge très respectable de soi:

MAXWELL (J.). — Les phénomènes i Recherches, observations, méthodes. — In-8°, xi-320

Le livre de Maxwell a un cachet bien parti» écrit de très bonne foi par un magistrat, av Cour d'appel de Bordeaux, qui s'est intéres phénomènes spirites pour se préparer à leur médecine. Dans son livre, il ne rapporte pas cises, et même il dédaigne d'écrire des procès mais il raconte ce qu'il a vu, ce qu'il a obseï ment sa conviction s'est faite, et dans un réc il relève une foule de petites remarques ace n'est animé d'aucun esprit sectaire, 11 compi soient pas convaincus, et il leur conseille d( d'observer par eux-mêmes. On trouvera dan judicieuses sur les précautions de psycholog pour encourager les phénomènes spirites, s fraudes. L'auteur défend Eusapia Paladino, c anglais et surtout Hodgson ont cru saisir à n grant délit de fraude. Quant à lui, les phénon l'exactitude, pour les avoir observés des centa meilleures conditions, ce sont les raps et les tact. Rappelons que les raps sont des bruits S( sans cause connue, par exemple dans une U que les médiums ne sont point des hystéri mais des gens fort bien portants, d'une inte la moyenne, et qu'il faut considérer comm( du type futur de notre race.

BINET (A.). — L'étude expérimentale de rintelligence. — In-Ss Paris, Schleicher. 1903, 309 pages.

Élude faite spécialement sur deux fillettes, sœurs, et ayant pour but <le démontrer la possibilité de rexpérimentation sur les fonctions supérieures de Tesprit. Voici quelques exemples des expériences longuement poursuivies. En faisant écrire un grand nombre do mots aux deux fillettes, on voit prédominer chez Tune les mots désignant les objets présents, ou le sujet lui-même, et les souvenirs; chez Tautre, prédominent les mots inexpliqués, les abstractions, les mots d'imagination, les mots rares; les associations d'idées chez la première reproduisent mieux la contiguité d'espace des objets, et chez la seconde il y a plus d'associations par ressemblance et do verbalisme : la première a des images très intenses et très nettes, la seconde les a plus faibles et plus vagues. L'auteur in Hache le premier de ses sujets au type obseiTateur et le second au type imagiiiatif. Diverses autres expériences, au moyen do phiasos ot de description d'objets, confirment les premiers te$ts ou vu précisent lo sens. — Suivent d'autres expériences sur la mémoire »*l sur ratleiition et leur mesure; et des indications spéciales relativoniont aux confusions qu'on fait fréquemment dans les laborat(Hres entre l'attention et les autres fonctions de l'esprit.

O livre coiilieiit, outre ses contributions à la psychologie individuell»'. des recherches diverses sur les relations entre la pens»'e et l'iinage; l'auteur montre qu'on peut pensera certiiines choses en s»' ropr.'seiitant par image une i)arlie seulement de ces objets, ou nn'in»' des ol>J«'ls dilTérents; il étudie le rôle de l'image dans les idres générales, dont il donne une définition psychologique un peu nouM'lle.

HINiiK iCaulus-Octavia). — Principes de psychologie individuelle et sociale. — Taris, F. Alcan, 1003.

\.o distingué traducteur de ce volume, M. A. Dietrich, nous en pi»'srii(e Taulrur, un des jeunes écrivains de la République Argentin»', dans une préface intéressante. Mais il ne s'agit ici que de son

œuvre. — M. Bunge estime que tous les phénomènes psychiques peuvent se réduire à quelques formules précises, à quelques lois; tous les grands philosophes, anciens et modernes, ont enseigné, selon lui, des doctrines vraies et corrélatives, dont les différences sont plutôt des questions de mots que d^idées. Le travail qu'il s'est proposé de faire est donc, avant tout, un travail de simplification et de méthode. Il y procMe en ramenant toute la philosophie, et la science entière des êtres vivants, à la psychologie, dans laquelle il distingue les trois degrés suivants : 1" psychologie physiologique ou psycho-physiologie y qui traite du système nerveux et de ses fonctions; 2* psychologie scientifique ou spéculative^ qui s'occupe de l'étude de l'intelligence par les données de l'observation interne; 3<» psychologie transcendentale, dont l'objet est d'établir les limites du connaissable et de Pinconnaissable. Tous les procédés de recherche trouvent leur place dans la science ainsi comprise; et d'autre part, la métaphysique n'est pas écartée : M. Bunge croit en l'existence d'une u métaphysique positive », sorte de sensation d'ensemble, à laquelle nul penseur un peu sérieux ne saurait se dérober.

Le premier phénomène de la vie — nous entrons maintenant dans le détail — c'est la sensation, traduction subjective de l'influence du milieu ambiant. La sensibilité est à la base, et ce mot suffit, sans qu'il soit besoin de définir le plaisir et la douleur. La motricité n'est que secondaire. Si l'acte réflexe est la première manifestation de la vie, les mouvements supposent toujours un <' nexus psychique ». La grande loi de la vie, en conséquence, est Vinstinct, la tendance fondamentale h rechercher le plaisir, à éviter la douleur. M. Bunge distingue, dans les actes mêmes appelés instinctifs, ces cinq éléments logiquement gradués : l'acte réflexe, l'habitude héréditaire, l'habitude individuelle, l'appélition, l'adaptation au milieu. Tous les phénomènes psychiques découlent de l'instinct, et non pas des idées-représentations. A l'intellectualisme il oppose Vinstinctismc.

En somme, la psychologie de M. Bunge est une doctrin*» de la subconscience-subvolonté, offrant ceci de particulier, qu'un nexus psychique serait impliqué dans tout réflexe, c'est-à-dire que l'acte réflexe le plus simple ne serait pas purement mécanique. En faveur de cette doctrine, qu'il oppose fermement au mécanisme de Spencer, il présente un certain nombre d'observations pratiques, qui sont peut-être les pages les plus intéressantes de son travail. Au-dessous de la subconscience-subvolonté, serait l'inconscient-involontaire (vie végétative); au-dessus, la conscience-volonté : trois étapes qui comportent nombre d'intermédiaires. Ainsi tous les phénomènes de notre ûme auraient leur point de départ dans une région à laquelle n'atteint pas notre synthèse psychologique, et de laquelle cette synthèse ne perçoit que les conclusions. Leur fond même serait une force .r. dont l'essence n'est pas connaissable.

M. Bunge est un homme plein d'ardeur, très au courant des questions qu'il traite, et assez original pour ne pas entrer dans un moule fait d'avance. Mais son ouvrage est un peu confus, mal i^ro-

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portionné dans ses parties. Il semble enfin que ce soit sa philosophie qui lui ait dicté sa psychologie, et ce livre marquerait d'abord une attitude philosophique.

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