‹ L'année psychologiqueChapitre 22 sur 205 · FORCE. — MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

FORCE. — MOUVEMENTS

Force. — L. donne au dynamomètre, dans deux expériences faites à peu d'intervalle, avec la main droite 21, puis 18; avec la gauche, 20, puis 18. Il y a donc diminution de la force musculaire, en partie peut-être par diminution d'adresse.

Il tient à la main, à bout de bras, coude au corps, une corde

à laquelle sont suspendus des poids. Il maintient Tavant-bras horizontal avec un poids d'environ 13 kilos; avec 48 kilos, son avant-bras fléchit dès le début. Les résultats sont à peu près les mêmes avec les deux bras. Comme L. est solidement charpenté el habitué au travail manuel, ce résultat prouve encore un affaiblissement de la force musculaire.

Réflexes, — 1. Tendineux : Réflexe patellaire très exagéré des deux côtés. Phénomène de la rotule à droite (juillet 1902).

Exagération des réflexes tendineux (patellaire, triceps brachial), mais surtout à gauche (septembre 1902).

2. Cutanés : Réflexe plantaire aboli des deux côtés. Fascia lata : très net des deux côtés.

Une hernie inguinale avec éventration empêche d'étudier les réflexes crémastériens.

Réactions . — Nous prononçons « tan » et lui disons de le répéter le plus tôt possible après Tavoir entendu. Il y réussit bien.

Dire « tan » dès que nous faisons un mouvement avec une paire de ciseaux que nous tenons devant ses yeux. Réussi.

Dire « tan » immédiatement après que nous avons touché sa main gauche. Réussi.

Faire un mouvement latéral de la tête le plus tôt possible après que nous avons dit « tan ». Un peu difficile, cela va bien cependant. Nous constatons qu'il réagit plus facilement par un mouvement de la tête que par un mouvement des mains.

Temps de réaction. — Il est impossible de lui faire faire un mouvement de réaction avec Tindex appuyant sur le bouton d'un interrupteur Morse. Nous avons beau lui tenir la main et lui faire lever brusquement le doigt, il n'arrive pas à reproduire de lui-même le mouvement. Quand il veut lever le doigt, il appuie au lieu de le lever, et de plus en plus fort à mesure que l'expérience se prolonge, comme nous le constatons en lui prenant la main et en remarquant qu'il exerce un effort de plus en plus considérable dirigé en sens contraire du mouvement qu'il voudrait exécuter. 11 n'est donc pas du tout maître ici de son mouvement.

1. Ouïe-parole. Le temps est relevé graphiquement. Nous nous servons d'un diapason de 50 V. D. L'appareil pour inscrire la réaction est composé d'un tambour fixé horizontalement au menton; au centre de la membrane du tambour est fixé un fîl attaché d'autre part à la casquette de L. Dès que L. ouvre la bouche, le fil tire sur la membrane du tam-

bour. Après un avertissement, nous prononçons la syllabe « tan », qui constitue le signal sur lequel L. doit réagir; le moment de ce signal est inscrit lui-même sur le cylindre ; nous prononçons en effet la syllabe dans une embouchure qui communique par un tube avec un tambour enregistreur. La réaction de L. comprend souvent deux mouvements, un de fermeture de la bouche, qu'il maintenait un peu ouverte, et Tautre d'ouverture pour prononcer « tan » ; lui-même en effet doit répondre <c tan ». Nous relevons, quand c'est possible, le moment où commencent ces deux mouvements; on verra que dans certaines séries le premier de ces mouvements a le caractère d'un mouvement réflexe de défense (quand le signal est constitué par un coup sur la main de L.), et qu*alors il suit le signal très rapidement et à intervalles qui diffèrent très peu d'une réaction à l'autre.

Les chiffres de la première colonne des tableaux qui vont saivre indiquent, en centièmes de seconde, le temps qui s'est écoulé entre le moment du signal et celui où la bouche a commencé à se fermer; ceux de la seconde colonne indiquent le moment où la bouche commence ensuite à s'ouvrir.

Fermotnro de la bouche. Ouverture.

(^Dtîcuies do srcondo. Centièmct de seconde.

Fermeture de la bouche. Ouverture.

Centièmes do seconde. Centièmes de seconde.

La moyenne des chiffres de la deuxième colonne est, sans rien supprimer, 49 centièmes de seconde; si on supprime les réactions anormalement longues 70, 98 et 64, elle est 39 centièmes de seconde. On peut considérer ce chiffre comme presque normal.

2. Toucher-parole, Nous frappons avec le poing sur la main gauche de L. appuyée sur sa cuisse gauche; la pression est transmise à un tambour par un tube en caoutchouc reposant sur la main de L. et sur lequel nous frappons directement. L. doit réagir en disant « tan ». On remarquera ici le peu d'intervalle qui sépare le signal du moment où la bouche commence à se fermer.

Fermetaro do la bonche. Ouverture.

Centièmes de seconde. Centièmes de seeonde.

Fermeture de la bouche. OuTertnre.

Centièmes de seconde. Centièmes de seconde.

La moyenne des chiffres de la première colonne est 8 centièmes de seconde, celle des chiffres de la seconde, 29.

3. Toucher-parole , L'expérience est la môme que la précédente, sauf que L. a ici les yeux bandés, tandis que dans Texpérience précédente il les avait libres. Les résultats sont restés à peu près les mêmes.

Fermeture de la bouche. Ouverture.

Centièmes de seconde. Centièmes de seconde.

Fermeture de la bouche. Ouverture.

Centièmes de seconde. Centièmes de seconde.

La moyenne des chiffres de la première colonne est 7 centièmes de seconde et celle des chiffres de la seconde, 26.

4. Ouïe-main, Nous prononçons « tan », comme précédemment, dans une embouchure, et L. réagit en levant la main droite ; celle-ci est posée à plat sur un cahier cartonné appuyant sur un tube de caoutchouc qui se décomprime dès que la main se lève. Nous relevons deux chiffres, Tun correspondant au commencement du mouvement de réaction, Tautre au moment où le tube ne subit plus aucune compression, c'est-à-dire au

moment où la main a complètement cessé d'appuyer sur le cahier.

Commencement. Fin.

CeatIèaM d« seconde. CenlKonet de seconde.

Commencement. Fin.

Centièmes de seconde. Centlèmei de seconde.

La moyenne des chiffres de la première colonne est 38 centièmes de seconde, celle des chiffres de la seconde, 51. On remarquera la lenteur de cette réaction.

5. Toucher-main. Nous frappons, comme dans les expériences 2 et 3, sur la main gauche de L., qui doit réagir avec la main droite comme il le faisait dans Texpérience 4. La réaction est ici plus lente encore que dans l'expérience précédente. Les chiffres de la première colonne peuvent d'ailleurs être considérés comme en général douteux; en raison de la lenteur du mouvement de la main, la direction du tracé se modifiait, en effet, elle-même lentement, et il était difficile de savoir à quel endroit exactement elle commençait à se modifier.

Commencement. Fin.

Ce«iièBes de seconde. Centièmes de seconde.

Commencement. Fin.

Centièmes de seconde. Centièmes de seconde,

Les moyennes, sans rien supprimer, sont respectivement, pour les deux colonnes, 63 et 95 centièmes de seconde, et, en supprimant les réactions particulièrement longues, 82 et 144 pour la première colonne, 226 pour la seconde, 50 et 80 centièmes de seconde.

Une des raisons qui expliquent pourquoi la réaction est dans celte dernière série si longue, c'est sans doute que l'attention de L. se porte à la fois sur ses deux mains, qu'il a peine à distinguer l'une de l'autre.

L'examen de l'ensemble des réactions conduit aux conclusions suivantes : La conduction des impressions auditives (série ouïe-parole) est peu ralentie; celle des impressions tac-

tiles (séries toucher-parole) Test moins encore; les mouvements nécessaires pour parler se produisent aussi assez rapidement; il se produit, en particulier, un mouvement réflexe très rapide de la bouche ouverte lorsqu'on frappe sur la main du malade ; les mouvements volontaires de la main (séries ouie-main et toucher-main) sont au contraire très ralentis.

Exécution de quelques mouvements '. — Nous traçons en l'air, le bras allongé, un grand cercle avec la main, et nous prions L. d'en faire autant; le résultat est très mauvais; sa main ne décrit nullement un cercle.

« Faites le signe de la croix ». Très bien (nous ne Tavonspas fait d'abord).

« Abaissez la tète » (pour dire oui). Bien (nous avons d'abord fait le mouvement) .

« Faites un pied de nez ». Très bien (nous ne l'avons pas fait).

« Tirez la langue ». Bien (id.),

u Froncez les sourcils ». Bien (nous l'avons fait).

« Secouez la tête » (pour dire non). Bien (irf.).

a Ecartez les doigts les uns des autres ». Bien (td.).

« Levez l'index droit ». Bien (irf.).

« Levez l'index gauche ». Il lève le droit. Il lui est à peu près impossible de lever le gauche.

u Levez les deux index ensemble ». Il réussit d'abord; à la fin, il lève le droit seulement, sauf quelques cas où il lève ensuite le gauche.

Croiser les mains et tourner les pouces (nous faisons le mouvement devant lui). Il finit par bien tourner l'index droit autour du pouce gauche dans les deux sens.

Se mettre à genoux sur une chaise. Réussi. 11 place la jambe gauche la première, et descend également cette jambe la première.

Se tenir debout les yeux fermés et les pieds réunis sur toute leur longueur. Réussi, sans perte d'équilibre. Pas de Romberg.

Couché sur le dos, il ne peut se relever, même en essayant de le faire avec les mains appuyées de chaque côté sur le sol.

Applaudir. Il le fait difficilement; il croise souvent les mains au lieu d'applaudir.

1. Nous avons utilisé, pour certaines des expériences qui vont être décrites et pour d'autres qui le seront ultérieurement, les indications contenues dans l'ouvrage de Sommer, Lehrbuch der psychopathologischeti UntersuchungS'Methodeny 1899.

n fume bien une cigarette, mais il se brûle en la tenant.

On lui marque sur une feuille de papier un point, et on lui demande d*aller en appuyant avec un crayon de ce point jusqu'au doigt qu'on appuie en haut à droite sur la feuille : il trace ^ois traits irréguliers. Dans d'autres expériences, qui donnent des résultats analogues, nous remplaçons le doigt par un point; dans un cas, il continue le mouvement au delà du point; dans un autre cas, il va assez droit vers le second point.

II va de travers, quand on lui dit de tracer un trait en descendant, en montant, etc.

On lui marque deux points, et on le prie de tracer un trait de Tun à l'autre, mais on lui cache, pendant qu'il trace, le point vers lequel il doit se diriger; il conserve quelque idée de la position du point; du moins, il continue de tracer à peu près dans la direction du point.

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