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J. LARGUIER DES BANCELS. — MÉTHODES DE MÉMORISATION i37
Il m*a paru intéressant de comparer les résultais de la « méthode des rappels » avec ceux de la « méthode d^épargne », — laquelle consiste à mesurer Téconomie de répétitions réalisée dans une nouvelle étude, grâce à la mémorisation antérieure.
Les épreuves ont eu lieu à la fln d*octobre 1903. Le sujet a constamment employé le procédé global. Il reprenait chaque fois deux morceaux (le matin à 10 h. 30 m.) en commençant tantôt jpar celui qui avait été appris à Torigine avec le mode de répétition fragmentaire, tantôt par celui qui avait été appris avec le mode de répétition globale. Cette double épreuve a été précédée dans trois séries — n«» 3 et 4, 8 et 7, 10 et 9 — d'un exercice destiné à entraîner le sujet et qui consistait dans Tétude d'un morceau de 10 vers analogue aux autres, mais inconnu.
Le nombre des répétitions nécessaires pour rapprendre les morceaux 1 à 10 est consigné dans le tableau. La dernière récitation correcte, que le sujet faisait sans avoir son texte sous les yeux — et dont je contrôlais naturellement Texaclitude — est comprise dans le nombre des répétitions. Je ne reproduis pas ici le temps d'étude, qui, dans les conditions où j'opérais, est sans grande valeur. Il y avait toujours, en effet, une perte de temps entre le moment où le siget fermait son livre et celui où il me récitait le morceau par cœur, et cette perte de temps a notablement varié d'une expérience à l'autre.
MOKCEAUX APPRIS PR^éOEMMCIlT AVEC LE PnOCtoi niAQMEilTAIRE
MORCEAUX APPRIS PRÉCÉDEMMENT AVEC 1 LE PROCéoé GLOBAL 1
Numéro des morceaux.
Nombre des répétitions.
Numéro des morceaux.
Nombre des répétitions.
Moyenne.
Moyenne.
En considérant les résultats bruts de ces expériences, on
voit que Tétude des morceaux appris avec le procédé fragmentaire a demandé un peu moins de répétitions, en moyenne, que Tétude des morceaux appris avec le procédé global. Mais il serait illégitime de fonder une conclusion sur ces données. Comme il est facile de s'en convaincre à Tinspection des nombres de la dernière colonne, un résultat exceptionnelleélevé (morceau 6) a fait croître la valeur de la moyenne. Or ce résultat a été obtenu dans des conditions mauvaises et il n'est pas comparable aux autres. Mes observations se trouvent sur ce point en accord avec le témoignage du sujet. J'ai noté que celui-ci ne semblait pas faire d'efforts considérables pour apprendre, que les essais de répétition mentale n'avaient commencé que tard, et il m'a déclaré, d'autre part, que le morceau lui avait paru extrêmement difficile et qu'il avait eu beaucoup de peine à fixer son attention. Si l'on élimine ce résultat, de signification douteuse, on trouve que la moyenne est de 12 répétitions, dans le cas du procédé fragmentaire, et de 11,25 répétitions, dans le cas du procédé global.
La différence serait, en tous cas, faible, et elle n'eût pas suffi, je pense, à justifier une conclusion dans un sens ou dans l'autre.
En résumé, la a méthode des rappels » est propre à manifester des différences que la « méthode d'épargne « est incapable de déceler nettement.
J. Larguier des Bancels.
QUESTIONS DE TECHNIQUE CÉPHAXjOMÉTRIQUE D'APRÈS M. BERTHiliON
Dans une visite que je faisais récemment à M. Bertillon, le chef du service de Tidentité judiciaire à la Préfecture de Police, je lui demandai s'il savait quelle relation existe entre la mesure du diamètre antéro-postérieur maximum, qui a pour point de repère antérieur la glabelle, et cette même mesure, quand on lui donne pour point de repère antérieur la racine du nez.
La première de ces mesures est celle qui est employée couramment par les anthropologistes de tous pays; comme Plie présente quelques difficultés d'exécution, M. Bertillon Ta remplacée, dans son service, par la seconde mesure, qui consiste à substituer la racine du nez à la glabelle. J'étais curieux de connaître la relation de ces deux mesures ; voici pourquoi : grâce au fonctionnement du service de l'identité judiciaire depuis de nombreuses années, il se trouve que M. Bertillon possède dans ses archives des mensurations de la tête fen longueur et largeur), de la taille et de quelques autres parties du corps concernant des milliers de criminels, appartenant à tous les départements français. Or, il serait bien intéressant de pouvoir utiliser ces chiffres de mensuration, et de les comparer avec ceux qui ont été obtenus sur des sujets normaux, à casier judiciaire indemne. 11 faudrait seulement savoir quelle correction doit subir la mesure de Bertillon, pour devenir équivalente à la mesure anthropologique ordinaire.
M. Bertillon répondit aussitôt à ma demande qu'il s'était déjà pn'»occupé de la question, et que la différence de longueur des deux diamètres est moins grande qu'on ne le suppose a priori. En effet, il avait fait mesurer par ses employés les deux diamètres sur les mômes têtes, et il en avait relevé
les différences. M. Bertillon voulut bien me conBer, avec son amabilité ordinaire, des tables de chiffres provenant de cette expérience de vérification, et il m^autorisa à les publier. J'extrais de ses tableaux de chiffres les résultats suivants : 29 sigets ont présenté une longueur de tète plus petite, à compter de la glabelle; 38 ont présenté égalité de longueur pour les deux diamètres; et enfin 37 ont présenté une longueur de tète plus grande, à compter de la glabelle ; voici en outre comment se fait la sériation de ces résultats :
Sujets qui ont la longueur de la tête, prise de la glabelle^ inférieure à la longueur de la tête prise de la racine du nez.
Nombre de Sujets.
Différence de 5 millimètres 1
Sujets qui ont la longueur de la tête, prise de la glabelle, supérieure à la longueur de la tête prise de la racine du nez.
Nombre de Scgets.
Différence de 9 millimètres . . .
Il résulte de ces chiffres que, lorsque c'est le diamètre à partir de la glabelle qui est le plus petit, il ne diffère le plus souvent en moins que de 1 millimètre; au contraire, quand ce diamètre est le plus grand, il diffère souvent en plus de beaucoup plus qu'un millimètre.
Dans les moyennes générales, le nombre exprimant le diamètre en longueur à partir de la glabelle est supérieur d'environ un demi-millimètre au diamètre antéro-postérieur compté à partir de la racine du nez. Ce demi-millimètre est donc la correction qu'il faudrait faire à Tune ou à l'autre de ces deux mesures pour en obtenir l'équivalence.
Je me permets cependant d'ajouter une remarque critique. Ces deux mesures ont été prises sur les mêmes tètes par des employés dont on ne nous fait pas connaître l'état mental, ni
A. BINET. — QUESTIONS DE TECHNIQUE CÉPHALOMAtRIQUE 141
ridée directrice. J'ignore aussi sous quelle forme on leur a donné Tordre de faire ces mesures de comparaison.
II est possible — je dirai môme probable — que si ces employés s'étaient persuadés que les deux mesures doivent être assez voisines comme chiffres, ils ont eu inconsciemment la tendance à en diminuer Técart réel; si, au contraire, ils étaient arrivés à Tidée que la différence de repère antérieur doit produire une différence notable entre les deux diamètres, ils ont dû augmenter Técart réel. Je crois, en effet, avoir bien établi, dans mes recherches antérieures sur les méthodes de mensuration, les dangers provenant de cette auto-suggestion. Si nous, hommes de science, nous pouvons en subir l'influence, bien que nous connaissions Terreur, comment de simples employés y échapperaient-ils?
Il est vrai qu'on augmente sensiblement la précision d'une mesure en employant la manœuvre de contrôle qui consiste à serrer la vis du céphalomètre et à faire repasser par les deux points de repère les branches de Tinstrument ainsi immobilisées; mais il n'est pas certain que les employés de M. Bertillon aient eu recours à ce contrôle pour le diamètre mesuré à partir de la glabelle.
En résumé, je présente ces critiques sans savoir au juste si elles sont fondées; et c'est précisément parce que je ne le sais pas que je présente mes critiques. J'ajouterai que, tout en état de cause, les chiffres de M. Bertillon sont très intéressants, et je le remercie de m'avoir permis de les publier.
A. BiNET.
HERBERT SPENCER ET CHARIiES RENOUVIER