‹ L'année psychologiqueChapitre 41 sur 205 · A. — PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE DES FIBRES ET DES CELLULES NERVEUSES · texte numérisé non relu

A. — PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE DES FIBRES ET DES CELLULES NERVEUSES

Loi de l'excitation électrique des nerfs. — Du Bois-Reymond a montré que si Ton fait passer un courant constant à travers le nerf sciatique de la grenouille, le muscle gastrocnémien correspondant ne se contracte qu'au moment de la fermeture du courant ou au moment de sa rupture. Pendant le passage du courant, il n'y a pas d'excitation et partant pas de contraction. Du Bois-Reymond admettait que : w Ce n'est pas la valeur absolue de la densité momentanée du courant qui détermine la grandeur de Texcitation et de la contraction du muscle, mais c'est la variation de cette densité d'un moment à l'autre. Eliïectivement, l'excitation est d'autant plus grande que la variation s'accomplit dans un temps plus petit. »

On a montré que celte prétendue /oi de Vexcitation électrique était en défaut dans de nombreux cas; récemment encore. Ci. Weiss a établi pour les excitations produites dans les nerfs, par U passage d'un courant de courte durée, une loi toute différente. Si l'on excite successivement un sciaticiue de grenouille par des courants électriques, dont la durée ne dépasse pas quelques millièmes de seconde, et si l'on détermine, pour chacune de ees durées, l'intensité mininia du courant qui donne encore une contraction, on constate que [mur atteindre ce seuil de Vexcitation^ il faut employer un courant d'autant plus fort que la durée du passage est plus courte. Cependant l'excitation n'est pas rigoureusement proportionnelle à la quantité d'électricité /7, représentant le produit du temps par l'intensité du courant.

Ainsi, la quantité d'électricité it (\\T\ corresjiond au .seuil de l'excitation, n'est pas une quantité constante a. Cette quantité s'accroît avec le tcîmps d'une quantité 6^ proportionnelle à t.

it = a + ht,

a et b sont des constantes i)ropres à chaque série d'expériences.

.M. et M'"« Lapicque (1-7), ont repris les expériences de Weiss en opérant sur divers muscles d'Invertébrés, à contractions plus ou moins rapides (crabe, aplysie, escargot, solen), en ayant soin de n'employer comme excitants que des courants de courte durée

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n'atteignant pasladurt*c de la période latente propre du muscle). Ils ont constaté que la loi de Weiss n'était approximativement exacte que dans certaines limites. Sa formule i7 = a + 6^ demande une correction. En effet, si Ton a obtenu a et b pour certaines ^ valeurs de f, le produit it. donné par Texporience pour des temps plus courts, présente toujours une différence en moins. I^ formule corrigée : *

exprime d'une façon satisfaisante les résultats de leurs expériences ; le terme yi n'acquiert de l'importance cfue si l est extrêmement petit. Dans les. conditions des expériences de Weiss, la valeur de yi était suffisamment petite pour pouvoir être négligée, et la formule H==a-{-bt répondait d'une manière satisfaisaatc aux données expérimentales. La petite correction proposée par M. et M"^ Lipicque permet ainsi d'étendre la formule de Weiss au cas d'excitations électriques d'une durée excessivement faible.

Comme l'a fait remarquer J.-L. Hoorweg (8), cette formule de Weiss, qui donpe des résultats excellents pour des excitations électriques de très courte durée, n'est plus applicable quand il s'agit de courants de longue durée, comme ceux que du Bois-Reymond avait en vue. Au contraire, la loi de du Bois-Reymond explique assez bien les excitations de longue durée, mais elle est incompatible avec- les phénomi'^nes découverts dans les recherches sur l'excitation électrique de courte durée.

HooiTveg a proposé une formule plus générale, qui, dans son o[ânion, s'appliquerait à la fois aux faits que du Bois-Reymond avait en vue, et h ceux des expériences do Weiss. M. Gluzet (10), dans sa détermination de la durée utile à l'excitation de la décharge d'un condensateur, est parti égaltMnent do la formule de Weiss.

Différence entre l'excitant électrique et C excitant mécanique. — C. iJoniselli (11) constate que si Ton fait passer un courant polarisant ascendant à travers un nerf sciatique de grenouille, la région du pôle positif (anode) présente une augmont<ition d'excitabilité vis-à-vis des excitants mécanicjues, tandis que, vis-à-vis des excitants électriques, on observe la diminution classique de l'excitabilit**. Le procossus nerveux do l'excitation niécaniquo semble Jonc différer de celui do l'excitation électrique. Ilerniann et Tschitschkin avaient signalé dos faits du mémo ordre.

CnnductihiiUé et excitahilHv du nerf. - Ou connaît rox[)ori(^nco <\\v laquelle tiriinhagen se basait pailiculièroiuont pour alïiruior quo l'excitation ot la conductibilité dos nerfs sont, au fond, doux projuiélés difforent(;s. La partie nioyoniio d'un n^Tf sciatique de trronouillo est soumise à l'action naroolisantt; do l'anliydrido carbnni<jue. Or, on constate que coltcî portion n'ost plus dirorteni»'nt excitable, alors qu«' les excitations, appliqué(;s en amont, la franchi.ssont parfaitement <;t font contracter le muscle. La portion narcotisée semble donc avoir portlu son excitabilité, «|uoiquo sa conductibilité ait été conservée.

(j. NVeiss (1214), a varié Texpérience de différentes façons et signale une S(îrie de circonstances dans lesquelles ces deux propriiHés du nerf sont difTéremment influencées : comme il le fait remarquer, en terminant, il ne s'ensuit pas nécessairement que ces deux propriétés soient liées à des causes essentiellement différentes. Notons que Weiss admet qu'un refroidissement local de courte durée n'abaisse pas sensiblement la vitesse de propagation de l'excitation motrice dans le nerf sciatique de la grenouille, tandis que le froid déprime l'excitabilité.

Interprétation nouvelle de Vexpvricnce de Grùnhagen. Notion de la Parabiosc. — Wedensky (15-18) reprend Texpérience de Grùnhagen, et combat la conclusion qu'on a voulu en tirer : il montre que la conductibilité et l'excitabilité sont toutes deux modifiées lorsqu'on soumet la partie moyenne du nerf sciatique de grenouille à Taction de divers anesthésiques ou poisons (cocaïne, chloral, chloralose, phénol, étber, chloroforme, GO*, alcool). Les ph'énomènes obser>'és sont complexes et permettent de distinguer trois stades successifs.

1" Stad^ dit de transformation (du rythme des excitations) ou provisoire. — La conductibilité est diminuée, surtout pour des excitations tétanisantes fortes, provoquées en amont. Leur rythme est plus ou moins modifié, au niveau de la partie narcotisée, comme on peut le constater à l'oreille, en intercalant la partie d'aval du nerf dans un circuit téléphonique. La conductibilité n'est donc pas intacte, comme l'affirmait Griinhagen.

2^ Stade paradoxal, — La conductibilité est conservée pour des excitations d'intensité modérée, tandis que les excitations tétanisantes fortes, provenant d'amont, sont arrêtées, ou ne provoquent qu'une secousse initiale. L'excitabilité est diminuée pour des excitations très fortes ou très faibles. L'auteur s'efforce de montrer c|u'au fond il n'y a pas dissociation de la conductibilité et de l'excitabilité dans l'empoisonnement par GO- et les narcotiques. Toute excitation tétanisante provoquée en amont exerce sur la partie narcotisée untî action d'inhibition qui se traduit par l'inefficacité des excitations ordinaires appliquées à la partie narcotisée. Ge phénomène persiste dans le stade suivant, ([ui est caractérisé par la suppression conî[dète de la conductibilité, et auquel l'auteur donne le nom de :

3" Stade inhibitoire. — La môme fibre nerveuse qui, dans les conditions ordinaires, sert à transport(îr bî phénomène de l'excitation, est donc capable de transporter l'inhibition, ce «jui présente un i^rand intérêt théoriiiue. L'auteur admet que la partie narcotisée est le siège d'un certain degré d'excitation, qui réagit sur les excitations venues d'en baut.

Dans les dernières phases de la naicose, toute excitation tétanisante a pour efi*et consécutif ou secondaire de provoquer, pendant un temps plus ou moins long, une exagération de la narcose. Pendant la restitution de la narcose, on observe les mêmes stades qui se succèdent en sens inverse.

L'autour et ses élèves montrent (jue certaines formes d'excitant

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