L. FREDERIGQ. — SYSTÈME NERVEUX
i» Les phénomènes électriques ou courants électro toniques (éUclrotonu$phy8i(]ue),(d\i Bois-Reyraond, 1843); â'* les modilications de l'excitabilUé et de la conduciibilUé (ùkctrotonus physiologique). Ces deux propriétés sont exaltées dans le voisinage du pôle négatif (ou cathode), diminuées au pôle positif (anode). (Pflùger, 1859.)
Électrotonus physique. — Pendant le passage du courant constant (courant polarisant), il se manifeste dans le nerf un courant électrique de même sens que le courant polarisant (action qui s'étend dans la partie extrapolaire du nerf). Du Bois-Reymond, qui a découvert le phénomène et lui a donné le nom d* Électrotonus (1843), admettait qu'il s'agit d'une propriété spécifique du nerf vivant. Il avait cherché à l'expliquer en partant de sa théorie des molécules dipolaires dont le nerf était censé constitué.
Au contraire, Matteucci, L. Hermann et d'autres, ont démontré quel'éleclrotonus de du Bois-Reymond est un phénomène physique relativement simple, qui dépend de la polarisation électrique entre la gaine et le cylindre-axe des fihres nerveuses. Ils ont reproduit le phénomène de l'électrotonus au moyen d'appareils schématiques formés de fils métalliques hons conducteurs, entourés d'une gaine poreuse humectée d'un électrolyte.
S. Tchiriev (30) s'élève vivement contre cette assimilation. Il a étudié sur les nerfs et sur les schémas polarisables quelques-unes des particularités de l'électrotonus, notamment rinfluence de l'intensité du courant polarisant, les différentes phases par lesquelles passe l'intensité de l'électrotonus, la distance à laquelle il se manifeste, etc. Il arrive à la conclusion qu'il s'agit de phénomènes absolument différents. «Il ne reste, dit-il, qu'une hypothèse possible de V électrotonus des nerfs, c'est celle qui avait été proposée par E. du Bois-Reymond, il y a soixante ans, et qui consiste à admettre la déviation des molécules électromolricea, préexistantes dans les nerfs vivants, »
Électrotonus physiologique, — Gomme nous l'avons vu, pendant le passage du courant con.stant, l'excitabilité du nerf est augmentée dans la région catélectrotonisée (voisinage du pôle négatif) et diminuée dans la région anélectrotonisée (voisinage du pôle positif). De plus, Chauveau et Pfluger ont démontré que le nerf est toujours excité par un des pôles du courant : l'excitation se produit à la cathode ( — ) au moment de la fermeture du courant, à l'anode (-f ) au moment de l'ouverture du courant. (Loi des actions polaires.)
En combinant ces deux données. Pfluger a donné une explication satisfaisante de la loi des secousses,Vest-à-dire du fait que suivant la direction et l'intensité du courant excitant, on obtient une excitation du nerf sciatique de la grenouille et par conséquent une contraction du muscle gastrocnémien, tantôt à la fois au moment de la fermeture et à celui de la rupture du courant, tantôt seulement à la fermeture, mais non à la rupture, tantôt uniquement à la rupture, mais non à la fermeture.
Il existe un certain nombre d'exceptions à la loi polaire^ où la formule des secousses semble être en défaut, où l'excitation par
l'an?iée psvcuologique. X. IC
exemple paraît provoquée par la fermeture du courant à Tanode, et par Touverture du courant à la cathode. Dans certains cas aussi, les changements dans Texcitabilit*^ du nerf ne semblent pas obéir à la loi de réicctrotonus. Ces phénomènes s'observent par exemple sur un nerf sectionné depuis un cerUiin temps, dans le voisinage de la section, ou même sur des nerfs non sectionnés, mais appartenant à une grenouille morte depuis un certain temps. J. Cluzet (31-331 admet que ces anomalies ne sont qu*apparentes et s'expliquent d'une laçon rationnelle, en tenant compte des variations que présente successivement Texcitabilité des diverses parties du nerf en voie de dégénérescence. Chaque portion du nerf passe successivement par une phase plus ou moins fugitive d'hyperexcitabilité galvanique, à laquelle succède bientôt Vhypoexcitabilité, qui finit par aboutir à Vinexcilabilité.
Vitesse de propagation de rèlpctrolonus physiologique. — Si ïélectrotonus des nerfs dépend réellement, comme l'admet Hermann, de phénomènes de polarisation qui se déroulent à la limite entre renteloppe et ïaxe de la fibre nerveuse, sa vitesse de propagation doit être tellement grande, qu'elle échappe à toute mesure. C'est ce que L. Hermann et 0. Weiss ont en effet constaté pour les manifestations électriques {électrotonus physique) : cette vitesse est beaucoup plus grande que celle de la propagation de l'excitation.
M. (iildemeisler et Otto Weiss (34) trouvent qu'il en est de même pour la propagation de Vanélectrotonus physiologique. Ils excitent la partie moyenne du nerf sciatique d'une patte galvanoscopique, au moyen d'un choc d'induction de rupture (circuit A) juste suffisant pour produire une légère secousse du muscle. S'ils font en même temps passer un courant polarisant ascendant (circuit B) dans la partie supérieure du nerf (en amont de A), l'anéleclrotonus (influence iléprimanl(^ du pôle [)osilif) em[)éche l'excitation de rupture du circuit A dt' ijroduire son t'fTel. Or si la ruplure du circuit A (excitation) se fait en même temps que la fermeture du circuit polarisant H, lanelectrotonus se propage tellement vite qu'il rattrape l'excitation émanée de A, avant (ju'elhî ait atteint le muscle et annihile son action : le muscle ne so contracte pas. Le retard qu'il faut donner à la IViinelure du circuit H pour qm; la ru()ture du circuit A agisse comme excitant, montre (jue ranéleclrolonus physiologiijue se propage, comme Télectrotonus physi(|U(?, avec une vitesse beaucoup plus grande que l'excitation elle-même. Les expériences ont été faites avec l'aide du pendule interrupteur de Helmholtz.
Variation négative, dans len nerfs des animaux à sang chaud. — Miss Sowton et Macdonald (X\) constatent (jue le courant propre des nerfs de mammifères ne prés(;nt(î pas la diminution d'intensité [variation négative) habituelle aux nerfs de grenouille. Partant de ridée que le courant propre est dû à des difTérences de rt)ncentralion moléculaiie, ils constatent que les circonstances qui favorisent la diffusion, notamment une élévation de la température, ont p(mr ellel d'augmenter la valeur du courant propre.
A. H. Alcoek (30) étudie la variation négative chez les nerfs des