‹ L'année psychologiqueChapitre 44 sur 205 · L. FREDERICQ. — SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

L. FREDERICQ. — SYSTÈME NERVEUX

animaux à sang chaud et constate qu*elle se comporte comme chez les nerfs de grenouille. La seule différence concerne les limites supérieures et inférieures de température : — 3*5 et + 40 à 42° pour la grenouille; + 3,8« et + 48« à 49« pour le lapin ; + 6^,9 et + 53° pour le pigeon.

S. Garten (37) étudie la variation négative et Télectrolonus dans le nerf olfactif du brochet.

Origine diosmotique des courants électriques des nerfs, — Dans une étude critique très documentée, W. Brunings (38) étudie l'origine probable du courant propre (courant d'altération) et de la variation électrique négative (courant d'action) manifestés par la substance vivante (nerfs, muscles, etc.). Il assimile les cellules vivantes à des éléments électriques diosmotiques. Un élément diosmotique est constitué par deux solutions différentes d'électrolytes (qui peuvent avoir même pression osmotique) séparées par une membrane semiperméable, ne laissant passer qu'une espèce d'ions.

Cybulski (39) considère également les courants électriques des nerfs, des muscles, etc., comme provenant de la diffusion et de l'osmose des électrolytes, dues h des différences de concentration. Grâce à la structure spéciale et à la nature des membranes qui enveloppent le protoplasme, les ions positifs s'accumulent à la surface, tandis que les ions négatifs sont en majorité à l'intérieur du protoplasme. L'auteur a exécuté plusieurs modèles qui réalisent les conditions de production du courant propre des nerfs et des muscles.

Alfr. Lehmann (40) arrive à des conclusions analogues, en ce qui concerne la progression de l'influx nerveux. Cette propagation doit être considérée, d'après lui, comme un déplacement électrolytique des ions, qui se propage dans le nerf de tranche en tranche; ou, si l'on veut, le nerf vivant, en activité, se comporte, au point de vue électrique, comme une série contiguë de piles de concentration.

L'excitation du nerf en un point décompose certaines combinaisons chimiques, d'où altération locale de la concentration molécurulaire, d'où différence de potentiel électrique entre ce point et la tranche suivante du nerf. Le courant électrique qui en résulte crée dans cette seconde tranche un changement de concentration, (^lui-ci agit de môme vis-à-vis d'une troisième tranche, et, de tranche en tranche, le mouvement d'excitation doit se propager jusqu'à l'extrémité du nerf.

L'auteur a construit plusieurs schémas rappelant les conditions physiques de la substance des fibres nerveuses et permettant de réaliser et d'étudier des phénomènes analogues à ceux de la propagation de l'influx nerveux. Un de ces schémas est constitué par une longue mèche de coton imprégnée d'une sdlution concentrée de sulfate de zinc, couchée sur une étroite lame de zinc de même longueur. La mèche représente le cylindre d'axe, la lame de zinc, la gaine primitive de la fibre nerveuse. Si l'on excite cette fibre nerveuse, en y provoquant, par l'immersion de son extrémité dans l'eau distillée, une diminution locale de la concentration molécu-

laire, on verra se développer de proche en proche des phénomènes électriques rappelant ceux du transport de Tonde d'excitation dans le nerf. (Consulter Toriginal pour le détail des développements.)

E. Richter (41) décrit les phénomènes d'électrolyse qui se produisent par lo passage d'un fort courant électrique à travers l'œil. Ces phénomènes d'électrolyse sont accompagnés de phénomènes de polarisation qui peuvent donner naissance à un courant secondaire dirigé en sens inverse du premier.

L'auteur tire de ces expériences la conclusion (un peu forcée, semble-t-il) que c'est en modifiant le chimisme du nerf que le courant électrique agit comme excitant.

Querton (42) considère les phénomènes électriques des nerfs, des muscles, etc., comme provoqués par les réactions chimiques qui constituent la base de la vie (nombreuses expériences sur les courants électriques développés sous l'influence de la lumière dans les parties vertes des végéUiux, dans une solution d'acide oxalique, etc.). Voir aussi une réclamation de priorité de R. Dubois, 43.)

Critique de la notion de neurone. — La théorie qui considère le système nerveux comme formé d'unités cellulaires (formées chacune d'un corps cellulaire et de prolongements) auxquelles Waldeyer a donné le nom de newoneSy et qui a joui d'une vogue incontestée depuis quelques années, commence k être battue en brèche de différents côtés. Les coups les plus sensibles lui ont été portés par les travaux de Hethe et d'Apatliy. Deux grandes monographies, celles de Hethe (44) et de Nissl (45), ont été consacrées, cette année, à la démolition de la notion du neurone. Citons également les critiques de P. Kronthal (47) et de Durante (48) et l'exposé, assez impartial, de la question présenté par H. Haenel (49).

P. Kronthal (47) admet, avec Apâtliy et Bethe, que les fibrilles nerveuses ne font que traverser les cellules nerveuses. Elles n'y ont ni leur origine, ni leur point d'aboutissement. La soi-disant cellule nerveuse n'est pas un élément histologiquo ayant une vie propre. Co n'est pas un organisme élémentaire vivant. Ce que nous appelons le corps de la cellule nerveuse n'est qu'une espèce de ciment réunissant un certain nombre de fibrilles nerveuses et supprimant localement l'état d'isolement de ces fibrilles. Ce ciment est formé de leucocytes provenant des vaisseaux. Ce ciment se renouvelle par adjonction de nouveaux éléments leucocytaires et destruction des anciens.

Les éléments nerveux du système nerveux central ne seraient pas h; siège de phénomènes de nutrition.

Altérations des fibres et des cellules nerveuses après section ou traumatisme. — La théorie du neurone suppose que, lorsqu'on sectionne une fibre nerveuse, la dégénérescence wallérienne envahit la portion séparée du corps cellulain?, tandis que le bout du nerf adhéi(mU au corps cellulaire peut être le point de départ de phénomènes (le léparation. Cependant A. Hethe (:iO) allirme la possibilité de la régénération autogène d'un nerf entièrement soustrait h l'influence des cellules nerveuses, tandis que c»'tte régénération est niée par

Page 1