L. FREDERICQ. — SYSTÈME NERVEUX
Man2er(5i), Bikeles (52) et Franke (53), Langley et Anderson (54), Head et Ham (55).
On peut d*ailleurs, à la suite de section ou d'écrasement de fibres nerveuses, observer des altérations des corps cellulaires appartenant aux mômes neurones ou môme des altérations des neurones voisins, en connexions physiologiques les uns avec les autres. [Brœunig (56)]. Voir aussi les travaux de van Gehuchlen (58, 59), Kleist (60), Malhyâs (64), Kôster (62), etc.
Théorie de Vinhibition. — W. Me Dougall (63) critique les différentes théories mises en avant pour expliquer les phénomènes d'inhibition nerveuse. L'inhibition correspond pour lui à une dérivation de rinflux nerveux dans d'autres voies que les voies directes. 11 relate à l'appui de sa théorie quelques expériences d'excitations rétiniennes (consulter l'original).
B. - MOELLE KPINIÈBE
Application de la loi de Weber aux excitations réflexes. -- La loi de Wcber peut ôtre formulée de la façon suivante :
Pour que la sensation croisse d'une manière appréciable^ il faut que Vexcitant augmente toujours d'une même fraction de son intensité totale. Pour que je sente qu'un poids que je tiens h la main a augmenté d'une manière sensible, il faut qu'on lui ajoute toujours la môme
fraction ( -p ) de son poids, qu'il s'agisse de grammes, de livres ou
de kilogrammes.
J. W. Langelaan (64) a cherché à déterminer dans quelle mesure cette loi s'applique aux augmentations minima d'excitation cutanée, capables de provoquer, chez la grenouille, des mouvements réflexes. La patte d'une grenouille est plongée dans l'eau distillée, à laquelle on ajoute graduellement de l'acide oxalique, jusqu'à production d'un léger mouvement réflexe. On attend que la patte soit au repos et Ton ajoute une nouvelle quantité d'acide jusqu'à nouvelle production de mouvements. Une 3«, 4«, 5®.... n% augmentation de concentration du liquide produit une 3% 4*^, 5«..., n«, contraction réflexe minimale. L'auteur constate que le rapport entre chaque augmentation de concentration et la concentration précédente n'est pas (comme le voudrait la loi de Weber) une quantité constante
Ipdans Texpérience des poids j. Dans une série d'expériences
successives, faites sur la môme préparation, au moyen de solutions de plus eo plus concentrées, ce rapport va d'abord en décroissant, atteint un minimum, puis se relève. Il semble ôtre une fonction périodique de la concentration totale du liquide.
L'auteur admet qu'au fond la loi psycho-physique de Weber- Fechner doit être formulée d'une façon analogue. (On trouvera dans roriginal une série de considérations théoriques intéressantes.)
Hépétition des actes réflexes, — François-Franck (65) a fréquemment
constattî qu'une excitation auditive ou sensitive générale, ayant déterminé, chez un animal curarisé, le resserrement réflexe des vaisseaux internes, avec élévation de la pression artérielle et accélération du cœur, la même série de phénomènes physiologiques se reproduit ultérieurement, une ou plusieurs fois, sans intervention nouvelle d'excitation périphérique.
L'ébranlement initial du système nerveux a été comme emmagasiné par les centres, et ceux-ci, impressionnés une première fois dans un certain sens, reproduisent exactement le type de la première manifestation réactionnellc, sans y être de nouveau sollicités. Nous saisissons ici sur le fait des actes de véritable éducation nerveuse centrale.
Activité rythmée des centres réflexes. — Fano (66) recueille chez la tortue deau douce {Emijs Europiva) de longues séries de graphiques de mouvements réflexes, obtenus par des stimulations périphériques, se succédant à intervalles égaux, suflisamment espacés pour éviter la fatigue. 11 obtient .des variations périodiques du temps nécessaire au réflexe et de la hauteur de la réaction motrice, indiquant des variations correspondantes de l'excitabilité et de la conductibilité dt» s centres nerveux. 11 semble que ces changements, qui donnent aux fonctions spinales un caractère périodique, dépendent d'inlluences d'origine bulbaire et que celles-ci, à leur tour, soient sous la dépendance des centres supérieurs encéphaliques. En effet ces variations périodiques diminuent après ablation du cerveau antérieur et du cerveau intermédiaire. Quand on détruit aussi les lobes optiques et (ju'on laisse le champ libre aux activités automatiques du bulbe, ces variations reparaissent nettement, dépassant de beaucoup celles qu'on obstîrvc tlans les conditions normales. Elles diminuent au contraire après section de la moelle au-dessus de la région sur laquelle on expérimente. L'auteur admet que chez Emys Eiirojia^a le cerveau antérieur et le cerveau intermédiaire neutralisent plus ou moins l'action tonique inhibilrice exercée parles lobes optiques sur les centres automatiques du bulbe, lesquels, étant en t(;nsion continuelle, donnent lieu, dans ce cas, au développement d'impulsions qui mettent en action les appareils spinaux.
Hèf/ulation des réflexes. — D'ai^rès A. Hickel (G7), chez les vertébrés inférieurs, la suppression des voies sensibles des membres produit des troubhïs fonctionnels irréparables, que la lésion ultérieure des centres nerveux ne fait qu'accentuer. Chez le chien, les troubhîs fonctionnels de la première opération s'atténuent graduellement et se compcînsent. Mais Textirpalion ultérieure des centres produit alors des altérations fonctionnelles beaucoup plus graves : il va addition des symptômes pathologiques que chacune des deux opérations aurait provoijuée isolément.
Topofjrapliie seumrutairr de rinncrvatlon sensible de la moelle, — A Frohlich vX 0. (irosser ((iS) utilisent les «onstatationsanalomiques (le la dissection et les données cliniijues pour tracera la surface de a peau de l'homme les limites des différentes zones dermatomères iZi/je/Tdes par chaque segment de moelle épinière. Ces limites ont
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un trajet assez imprévu et parfois fort irrégulier : ainsi elles décrivent un véritable crochet vers le haut, au niveau de la ligne mamillaire et de la ligne scapulaire (Eichhorst).
Unités centrales urticulo-motrices. — Grasset (69) montre, en ce qui concerne les mouvements des membres, que l'unité fonctionnelle ou physiologique ne correspond pas aux nerfs anatomiques : radial, médian, sciatique, etc. Il n'y a pas dans l'écorce cérébrale un centre pour le radial, le médian, elc, mais bien un centre pour chaque mouvement simple de chaque articulation (flexion, extension, etc.), centre qui a une action de contraction sur un groupe musculaire (fléchisseurs, extenseurs, etc.) et une action de relâchement sur le groupe musculaire antagoniste. De chacun de ces centres articulo-moteurs, situés dans l'écorce rolandique, descend un paquet de fibres qui suit le faisceau pyramidal jusqu'à un neurone de relais, situé dans la substance grise antérieure de la moelle. Un autre paquet de fibres descend du môme centre et se dévie sur les noyaux du pont et sur l'écorce du cervelet (1" relais) et, de là, se rend également dans la corne antérieure de la moelle [i^ relais). La notion du nerf physiologique cortical doit donc être substituée à celle du nerf anatomique périphérique.
Centres moteurs diffus dans la moelle èpinière, — Des nombreuses expériences de Lapinski (70), il semble ressortir que les centres moteurs nettement circonscrits, que Brissaud et Bauer (71), van Gehuchten, de Buck, de Neeff, Collins et d'autres ont décrit dans la moefle èpinière, n'existent pas. L'auteur rejette également les règles posées par Brissaud, Sano et d'autres sur la situation réciproque de ces centres, sur l'existence d'un centre spécial pour chaque muscle, etc. Ainsi les cellules motrices, par exemple, qui commandent les fléchisseurs d'une extrémité seraient, d'après lui, éparpillées dans plusieurs segments successifs de la moelle, et y seraient mélangées avec les cellules qui commandent les antagonistes. Il est donc impossible de circonscrire ici des centres, puisque des groupes de cellules à fonction différente se pénètrent mutuellement.
Brissaud et Bauer (71) reviennent sur la même question. Ils étudient, chez le têtard de grenouille en voie de développement, les lésions assez bien délimitées des régions motrices spinales qui sont la conséquence d'amputations plus ou moins étendues du membre postérieur. A chaque segment de membre semble correspondre, au niveau du renflement lombaire de la moelle, un groupe plus ou moins limité de cellules radiculaires. Les groupements semblent s'imbriquer en se superposant.
Coordination des réflexes locomoteurs. — Philippson (72) a vu persister, chez le chien à moelle dorsale coupée, une série de mouvements réflexes des membres postérieurs parfaitement coordonnés. 0 a étudié les conditions de production d'une série de réflexes simples, dont la combinaison correspond aux mouvements normaux de progression du membre postérieur : il montre que la marche, <ians le train postérieur du chien, peut être réduite à une série de réflexes déterminés les uns par les autres.
Voies réflexes mohicis dans la moelle, — C. S. Sherrington et E. E. Laslelt (73-74) ont étudié» chez le chien et le chat, les voies nerveuses (longues ou courtes) par lesquelles sont réalisés plusieurs réflexes spinaux importants. Pour préciser le trajet anatoniique de ces voies, ils ont utilisé, entre autres, la méthode des dégénérescences succ€ssicf$j c'est-à-dire qui surviennent après deux sections successives de la moelle, pratiquées à intervalles assez longs. Il est impossible d'analyser ici en détail cet imjmrtant mémoire. Bornons-nous à signaler ce fait que dans plusieurs des réllexes étudiés, la réaction centrifuge se manifeste dans des parties du système nerveux situées plus bas que celles qui contiennent les voies centripètes, contrairement à Tune des lois admises pour la production des réllexes (4'^ loi de Plûger).
Les mêmes auteurs ont étudié également, par la méthode des dégénérescences successives, le trajet du faisceau spino-cérébelleux dorsal et ses relations avec les cellules de la colonne de Clarke (voir l'original).
Effels réflexes différents provenant de la même région sensible de la peau. — C. S. Sherrington (75) constate, chez le chien à moelle isolée (par ablation d'un segment de la moelle cervicale inférieure), (juc les réllexes spinaux provoqués dans la patte postérieure, par excitation de la plante du pied, varient suivant la forme de l'excitation. Une pression extérieure exercée de manière à intéresser les parties profondes de la plante provoque un réflexe dVar/cnsiVm, tandis (ju'une piqûre de la plante provoque un réflexe protecteur de flexion et de rétraction- de la patte. Deux catégories île terminaisons nerveuses situées dans une même portion de la peau peuvent donc présenter des connexions spinales réflexes entièrement distinctes. De même le mouvement réflexe qui consiste à gratter la peau se manifeste uniquement après excitation des terminaisons nerveuses des poils et des terminaisons que l'auteur api>elle nocicipientes (nerfs de la douleur), mais nullement après excitation des nerfs sensibles au chaud et au froid.
Réflexes respiratoires. — J. Kron (76) constate, avec Porter et Miihlberg, que l'hémisection de la moelle cervicale, pratiquée chez le lapin et le chien au-dessus de l'origine du phrénique, arrête les mouvements respiratoires dans la moitié correspondante du diaphragme; ces mouvements reparaissent quand on coupe le phrénique du côté opposé, même si on laisse un intervalle de plusieurs jours entre les deux opérations.
Si, sur un animal chez lequel on a pratiqué la même hémisection de la moelle, on cherche à exciter les centres respiratoires spinaux par voie réflexe, en pinrant les pattes, on obtient déjà un résultat positif un quart d'heure à une demi-heure après Topération d^hémisection. Les réflexes respiratoires augmentent graduellement d'intensité et atteignent leur maximum au bout de 8 semaines environ.
D'après Kronn, t< V augmentation progressive des réflexes est le conséquence des changements d'isolement qui apparaissent immédiatement après la section, auxquels il faut exclusivement attribuer V exagération
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