L. FREDERICQ. — SYSTÈME NERVEUX
des réflexes deux à trois semaines après l'opération ». Cette exagération ne peut être due à une suppression d'action de fibres d'inhibition. Citons encore les travaux de Déjerine (77), M. et M"*® Parhon (78), Bikeles et Franke (79), Hedon et Fieig (80), Baglioni (81), etc., sur les localisations spinales des réflexes.
Réflexes normaux et anormaux. — D'après Heldenbergh (82), les réflexes cutanés normaux s'opèrent par la voie pyramidale (corticospinale directe). Les réflexes tendineux par la voie extra-pyramidale 'cortico-spinale indirecte). Quand le faisceau pyramidal est sérieusement atteint, il en résulte régulièrement l'exagération des réflexes tendineux et la disparition ou tout au moins l'atténuation des réflexes cutanés normaux.
Les réflexes cutanés anormaux ne peuvent se produire que lorsqu'il y a une interruption fonctionnelle ou anatomique du faisceau pyramidal. Ils s'efl'ectuent comme les réflexes tendineux par la voie cortico-spinale indirecte ou extra-pyramidale. Le type est le réflexe des orteils de Babinski.
On sait que Babinski (1896) a appelé l'attention des neurologistes sur une forme anormale du réflexe plantaire, que l'on rencontre, concurremment avec l'exagération des réflexes tendineux, dans les ras de lésion des voies pyramidales. Chez les individus normaux, l'excitation de' la plante du pied par piqûre provoque la flexion des orteils. Chez les malades qui présentent le signe de Babinski, il se produit au contraire une extension, surtout accusée au gros orteil. La couche optique paraît indispensable à la production du réflexe de Babinski.
Réflexe de Babinski chez les jeunes enfants. — André Léri (84) a constaté qu'à la naissance et pendant les premiers mois, l'extension réflexe des orteils est la règle presque générale, la flexion, la très grande exception. C'est vers l'dge de 5 à 6 mois, d'après lui, que disparaît en général, chez l'enfant normal, le réflexe d'extension. Il est remplacé alors par la flexion. L'apparition du i*éflexe normal de flexion coïncide avec l'achèvement du développement du faisceau pyramidal.
G. Marinesco (85) arrive à des conclusions analogues. ITaprès Goldflam (86), le réflexe plantaire normal de flexion est un réflexe cortical, tandis que le réflexe anormal d'extension (R. de Babinski) est un réflexe spinal. Le réflexe spinal se montre quand la ▼oie du réflexe cortical ne fonctionne pas.
Réflexes anormaux. — Les pathologistes ont décrit récemment un grand nombre de formes inédiles de réflexes anormaux. Citons : Le réflexe d'adduction du pied, signalé par H. Hirschberg (87), et dont la signification est la même que celle du réflexe de Babinski. Il consiste dans un mouvement d'adduction de tout le pied qui se produit, quand on frotte, avec l'ongle, le bord interne du pied, dans le voisinage du gros orteil.
Réflexe patellaire supérieur. — On sait en quoi consiste le réflexe tendineux rotulien (Erb) décrit il y a vingt-huit ans par Cari Westphal sous le nom de phénomène de la jambe {Unterschenkelphûnomen).
Si l'on percute, au moyen du marteau, le tendon rotulien en dessous de la rotule, on obtient chez presque tous les sujets saius un mouvement brusque d'extension de la jambe par la contraction réflexe du quadriceps.
l.. Stembo (88), de Vilna, dt''cril, sous le nom de rvflexe patellaire supérieur, un léger mouvement réflexe d'extension de la jambe (contraction du quadriceps) quand on percijte le tendon rotulien au-dessus de la rotule. Ce réflexe se montre chez plus de la moitié des adultes, il est exagéré dans les lésions de la voie pyramidale. Il disparaît avant le réflexe rotulien ordinaire ou inférieur chez les malades atteint de tabès.
Réflexe cornéo-mandibulaire. — J. Kaplan (89) exprime des doutes sur la question de savoir si le mouvement des mâchoires (contraction du m. ptérygoïdien extenie) décrit par Fr. Sœlder en 1902, sous le nom de réflexe cornéo-mandibulaire, et qui se montre en même temps que la contraction du m. orbiculaire des paupières, par excitation de la cornée, doit être considéré comme un véritable réflexe, ou seulement comme un mouvement associé à celui des paupières.
Réflexe des abducteurs. — Arthur Schiiller (90) décrit, sous le nom de réflexe des abducteurs, une contraction modérée du Af. tensor fascix lat's et du Af. glutœus médius (ordinairement sans effet moteur), qui se montre comme mouvement réflexe consécutivement à la percussion du condyle externe du fémur, chez les personnes dont Texcitabilité réflexe est exagérée.
Réflexe buccal. — Ed. Toulouse et Cl. Vurpas (91) ont constaté, dans des cas pathologiques, concurremment avec l'exagération des réflexes tendineux, l'existence, chez l'aduile, du réflexe buccal qui normalement ne se montre que chez le nourrisson. Ce réflexe consiste dans un mouvement de projection en avant des lèvres; on le provoque en i)ercutanl la partie médiane de la lèvre supérieure.
Réflexe auriculaire. — W. Aller (92). Chez six malades atteints de paralysie, Tt^xcitation mécanique, thermique, électrique, etc., de la portion de la peau qui recouvre la branche montante du maxillaire inférieur, provoquait par voie réflexe un mouvement de soulèvement du pavillon de roreille. Ce réflexe avait probablement' une importance fonctionnelle chez les ancêtres de l'homme. Il s'est perdu. Sa réapparition correspondrait à une régression atavique, pathologi([ue, due probablement h la suppression fonctionnelle de certains éléments nerveux d'inhibition des réflexes.
Réflexes osseux. — V. Kornilow (93 1 discute quelques travaux récents sur les réflexes spiiinux. H confirme l'existence des réflexes osseux de Stcrnberg, distincts des réflexes musculaires. La nature réflexe de ces derni(;rs (réfl(?xes tendilieux) lui parait probable (voir roriginal). Ces réflexes sont diminués ou supprimés, suivant Seifl'er et Uydel (94), dans certaines maladies nerveuses.
Nerfs du périoste. — Les nerfs du périoste sont, d'après Egger et Déjerine, spécialement destinés à recueillir les vibrations mécaniques. L'excitation de leurs terminaisons par les vibrations de diapason