Lkpine, Hcvue de médecine, 1891, p
3. Matuias Duval admet même riiyimthèsc de uervi nervorum, - libres centrifuges commandant l'activité amiboïde des éléments nerveux et agissant sur rarticiilalion de deux neurones sensitifs selon l'état (l'attention commandé par le cerveau ». — Voir aussi Pupln, thèse de Paris, 18%, n" 222.
\. Blnet Sanglé, Prof/rès médical, 1901, p. 2il (Kevue neurologiquCy 1902, p. i'Jti)-
:;. Lagiuffe, Pathologie générale de la cellule nerveuse^ 1902 {Revue neurologit/ue, 1902^ p. 50 1).
0. Voir Van Gehixiiten, 7'/'ai7c cité, p. 271. — Voir aussi : Soukhanoff et CzAHNiKCKi, Journal de neurologie, 1902, p. 210; Pbieh, Journal russe de neuropathologic et de psychiatrie, 1902, p. 920 {Revue neurologique, 1903. p. o06).
J. GRASSET. — NEUROPATHOLOGIE 269
laire quand le ganglion a été soumis pendant plusieurs heures k un faible courant faradique. Cette turgescence accrue pourrait rendre plus intime le contact entre les divers neurones au moment de l'activité, idée déjà proposée par Tanzi (1893).
Renaut (1895) décrit aux prolongements protoplasmatiques une apparence perlée; chaque grain perlé serait un renflement vacuolaire du filament protoplasmique; c'est par laque se feraient les contacts adhésifs, et les varicosités ne se produiraient que sous l'influence de l'activité directrice de la cellule.
Depuis, ces études ont été reprises par Demoor, Stefanowska, Manouelian et d'autres; et on décrit dans les dendrites deux états, en quelque sorte opposés :
!• Quand la cellule est en activité (souris surmenées, excitations douloureuses prolongées), les dendrites portent à leurs extrémités ou sur leurs côtés des épines (Cajal), gemmules ou appendices piriformes (Stefanowska) ;
2* Quand la cellule est au repos (empoisonnement par la morphine, sommeil anesthésique ou succédant aune fatigue prolongée), les épines disparaissent dans la tige qui les supportait, et cette tige prend, après les avoir absorbés, un aspect variqueux, état mont/iforme de Demoor, état perlé de Renaut.
Demoor ne veut pas, comme Mathias Duval, voir dans cet état moniliforme une résultante de Tamiboïsme deà cellules nerveuses. Il en fait un mode de réaction du protoplasma des cellules nerveuses vis-à-vis des excitants. Mais il admet que cet état moniliforme provoque des modifications considérables dans les contacts entre neurones et qu'on pourrait trouver dans ces faits une explication de la fatigue, du surmenage et du sommeil.
Stefanowska * pense que « c'est par l'intermédiaire des appendices piriformes que s'effectuent les contacts entre les prolongements des neurones cérébraux » et que, suivant l'activité plus ou moins grande des cellules, il y aurait appendices piriformes ou état moniliforme et par conséquent contacts plus ou moins intimes.
Tout cela concorde admirablement pour faire de la conception du neurone une doctrine qui se tient et qui séduit par ses applications multiples et son unité, à la fois anatomique, embryologique, physiologique et clinique.
DÉCADENCE DU NEURONE
i. Discussion des mouvements amiboïdes et des déformations dendritiques.
De toutes les notions résumées dans la première partie, celle qui est la plus discutable, la plus discutée, et qu'il est d'ailleurs le plus
I. Stefanowska, Congrès de Bruxelles, Revue neurologique, 1903, p. 8U.
facile d^abandonner sans nuire beaucoup au neurone, c'est la notion des mouvements amiboides.
Jules Soury ', qui a soumis cette question h une critique très scrn*e, traite cette doctrine de doctrine d'erreur,
KôUiker ^ objecte que le cylindraxe n*est pas contractile, pas formé de protoplasma non différencié, mais a une structure tlbriïlaire ; les ramidcations terminales des fibres nerveuses observées dans les parties transparentes d'animaux vivants ne présentent pas de mouvements visibles ^.
D'après Cajal, les ramifications cylindraxiles montrent le môme état en elles-mêmes et dans leurs rapports avec les voisines, quel qu'ait été le genre de mort de l'animal (chloroforme, hémorragie, empoisonnement), que l'animal ait été tué après un long temps de repos (séjour prolongé dans l'obscurité pour la rétine et le lobe optique) ou en pleine activité (longue exposition au soleil).
Pergeiis a au contraire trouvé des modifications suivant l'activité ou le repos, mais en sens inverse de ce que voudrait la théorie de l.épine et Du val.
Aux observations citées sur l'état perlé et l'état moniliforme des dendriles on peut opposer d'autres observations négatives d'Azoulay, de l.ugaro, de Souklianoff. De plus, on a observé cet état perlé spontané dans des cas très divers : ligature des deux carotides, empoisonnement par le trional et l'arsenic, rage, tuberculine, enlèvement du corps thyroïde... et même à l'état normal. Et Soukhanoff ne voit dans Tôtat moniliforme des dendrites qu'une lésion parliculière des cellules corticales, une espèce de dégénérescence spéciale ou d'atrophie due à un trouble de la nutrition. C'est aussi la conclusion d'iNvanolT ' et de (ieier ^.
Soukliaiioiï ® adinel que les appendices ne servent pas seulement pour les contacts, mais ({u'ils multiplient l'élaboration active de l'énergie spécillque.
Dans son dernier rapport au (Congrès de Bruxelles sur la paralysie générale, Klippel " montre que l'abondance et la multiplicité des appendices et des connexions est parallèle au développement proLTcssif <les facultés supérieures; la destruction de ces appendices correspondrait à la désorganisation psychique dans la paralysie générale et l'arrêt de développement de ces mêmes parties correspondrait à l'idiotie. Au fond la diminution de volume des appendi<:es «'t des dendrilrs est une diminution de l'élément ctdlulaire.
1. Jlles Soi'iw, Arciiices de neurolof/iej ISO", T série, t. III, p. 361, el Presse inédic(tU\ l'JOl, n" 47.
•2. Voir, pour tout c.v. parapraphr. Van GEiuciirEN, Traité cité, p. 70.
3. MonAT, loco cil., |>. 27. Voir aussi, sur cette, question des mouvements amiboides des celhiles nerveuses, Marinesco, Presse médicale, 1903, p. 005.
4. IwA.NHKK, Seurnlodischçs Centralf/ititl, l<»Oi, p. 701. tî. (iKiKH. Le Srrrn.re, IIMII, p. 217.
♦1. Voir SouKiiANOFK el Czahmek, Souvelle lcono(jraphie de la Salpétn'ère. 1002, p. :VM).
7. Klipphi-, Con^Tès de Bruxelles, Revue neurologique^ 1903, p. 819.
J. GRASSET. — NEUROPATHOLOGIE 271
Van Gehuchten considère comme acquis les divers états observés : appendices filiformes, appendices piriformes, appendices disparus et alors état variqueux ou moniliforme des dendrites... Mais il déclare impossible de décider actuellement quelle est la cause et par suite quelle est la signification de ces divei^es formes.
Donc, il faut abandonner, comme non démontrée, cette notion des mouvements amiboïdes des prolongements cellulaires nerveux, même sous la forme récente qu'on lai avait donnée ».