‹ L'année psychologiqueChapitre 71 sur 205 · Hégénération du bout périphérique · texte numérisé non relu

Hégénération du bout périphérique

Bien plus graves et fondamentales paraissent être les objections au neurone tirées de la pégénération autogène du bout périphérique dans le nerf sectionné. Ce fait, qui parait établi, prouve évidemment que le corps cellulaire n'est pas le seul centre trophique du neurone ou plutôt n'est pas le seul centre de restauration du nerf sectionné. C'est la confirmation de ce que nous avons dit pour le développement embryonnaire. Après la section du nerf, il y a retour à l'état embryonnaire et les neuroblastes périphériques bourgeonnent de nouveau pour faire des tubes nerveux.

Mais ceci prouve simplement que dans les conditions anormales, pathologiques, il y a des centres trophiques suppléants ou supplémentaires dans les neuroblastes périphériques. Cela ne prouve pas qu'à l'état normal, dans l'élément nerveux intact et vivant physiologiquement, les centres périphériques aient une bien grande action trophique.

En tous cas, cela n'empêche pas d'admettre toujours (ce que l'histoire des dégénérescences continue à démontrer) qu'à l'état normal, dans l'élément nerveux intact et complet, quand tous les neuroblastes sont différenciés, le corps cellulaire garde sur les diverses parties de cet élément une action trophique centrale, prédominante, sinon exclusive.

7. Conception polycellulairc de l'élément nerveux qui reste une unité physiologique et clinique et peut garder le nom de neurone.

Si la conception caténaire du système nerveux, exposée dans le second paragraphe, est, un jour, définitivement admise par tous les histologistes (ce qui ne parait pus encore réalisé), cela n'empêchera pas que nous devrons toujours concevoir, en physiologie et en clinique, un élément nerveux composé dévoies centripètes, de voies centrifuges et d'un centre de réflexion. Dans la conception caténaire, cet élément nerveux sera moins mple qu'on ne le supposait; il sera lui-même formé de plusieurs

cellules juxtaposées et fusionnées. Mais il n*en faudra pas moins reconnaître une certaine unité à un groupement donné de ces cellules élémentaires. 11 faut admettre, dans cette continuité générale de tout le système nerveux, un certain nombre de groupements caractérisés par le fait qu'une impression centripète peut, à leur niveau, se transformer en impression centrifuge. C'est là l'élément neiTeux simple; c'est ce que nous appelions le neurone et qu'il faut bien conserver.

Alors même que tous les travaux récents seraient confirmés dans leur intégral! ti'*, l'élément nerveux persisterait, démontré par sa fonction à l'état normal et patbologique. If ne provient plus d'une seule cellule, il est multiple et polycellulaire... soit. Mais il existe dans son unité fonctionnelle.

Les faits de dégénérescence que nous avons vu persister prouvent bien que dans le grand circuit fermé et continu il y a des subdivisions correspondant à nos anciens neurones *.

Donc, si (juelque chose sombre et disparaît par ces nombreux travaux, ce n'est pas le neurone, qui garde son unité physiologique et clinique, c'est la base anatomique et^la caractéristique histologique et embryologique qui disparaissent, — soulignant une fois de plus que les unitéa du système nerveux doivent être définies et décrites par leur unité de fonction normale et pathologique et non par leur unité de structure et de développement.

Cela est si vrai que Durante*, un des plus ardents défenseurs et vulgarisateurs des idées nouvelles, admet une « unité pluricellulairo », qu'il compare à un lohidc nerveux primitif oX qu'il propose d'appeler ncuruie par assimilation aux glandules ou ergon (Haenel;, parce qu'il est une sourre d'énergie, ou « tout autre terme approprié », ajoute t-il, pourvu <|ue ce ne soit pas le mot neurone, dénomination (pli ne mérite (jue de tomber en désuétude.

Pour moi, le nom m'importe |)eu. Si l'usage prévaut, nous dirons ergon ou neurule. Mais jusipi'à nouvel ordnî, nous continuerons à dire neurone pour désitjner cet élément nerveux qui est inaintenant poli/celtulairCy ce (jue Moiat appelle une symbiose cellulaire, qui a plusieurs origines embryologiques, mais qui garde, à l'état normal et pathologique, ime unité que l'on ne peut nier : unité physiologique et clinique^ à défaut d'unité histolojiquc et embryologique.

\. • C'est un fait nnaloinopalhnlogique dont i>ersonne ne conteste l'exaciiliide. Quand le oylindraxe d'un neurone se trouve interrompu en un point quelconque de son trajet, nous voyons la dégéncresrence wallérionne envahir son l>out périphérique. Nous voyons la réaction de Nissl surf,'ir dans sa cellule d'origine et, dans certaines circonstances même, nous verrons celte cellule avec ses prolongements proloplasmiques et le bout central du rylindraxe s'atrophier et disparaître. Or, cette dégênéreslence wallérienne du bout périphéri(|ue, eette réaction cellulaire avec l'atrophie consécutive dii eorps cellulaire et: du bout central de l'axone, s'arrête précisément là où la méthode de Golgi et la méthode de Khrlich, nous montrent les limites du neurone «• (Van Geiiuchtb>, Traité cilé, p. 237).

Page 1