II. Faiblement doués avec anomalies physiques acquises
Mêmes divisions que pour I.
111. Faiblement doués sans anomalies physiques. Mômes divisions que pour I et II.
B. Faibles d'esprit (Schwachsinnige).
Mêmes divisions que pour A.
c. Idiots (Blôdsinnige).
Mêmes divisions que pour A et B. 2" catégorie. Idiotie secondaire.
Cette nomenclature a été fort discutée, et l'assemblée, devant les divergences des orateurs, a mis la question à Tétude.
En Angleterre, depuis le travail de J. Warner, on distingue les feeble-minded children, et ceux atteints d'imbecility et d'idiocy. Mais Shuttleworth fait remarquer combien le premier terme prête à équivoque étant donné que les Américains comprennent sous le nom de feeble-minded children tous les anormaux, depuis le plus faiblement atteint jusqu'à l'idiot le plus profond. Aussi cet auteur préfère-t-il, pour désigner ces enfants, le terme de mentally-deficient children.
En Helgique. on considère assez souvent, dans le groupe des enfants anormaux, les enfants atteints de troubles de la parole, les sourds-muets, les aveugles et les arriérés. Ces derniers sont divisés eu arriérés pédagogiques (types passifs et types autoritaires comprenant une partie des instables, des pervertis et des imbéciles moraux des auteurs français) et les arriérés médicaux comprenant les imbéciles (idiots (lu l'*'' degré), les idiots du 2® degré et les idiots du 3^' degré. Cette terminologie est à peu près acceptée en Hollande [>ar Schreuder dont les <' toevallig achterlijken » correspondent aux arriérés pédagogiques, et les « potentieel of Wezenlijk achterlijken » sont les arriérés médicaux; ceux-ci se divisent en angeboren zwaakzinnige, imbécile, idiote et démente.
En Italie, les enfants faibles d'esprit constituent le groupe des phrénasthéniques, parmi lesquels certains auteurs font deux groupes, les phrénasthéniques du 1" et du 2« degré.
DEJklOOR ET DE CROLY. — PÉDAGOGIE DES ANORMAUX 323
D*antres (Sancte de Sanctis,.de Rome), en dehors des idiots, distinguent parmi les phrénasthéniques les :
Imbecilli'.
Imbecilli*.
Imbecilli'\
Deflcienti.
Tardivi.
Le même auteur constate, au congrès de Psychiatrie d'Ancône(1902), l'insuffisance de la division en idiots et imbéciles en se basant soit sur l'attention, soit sur la sociabilité ; partant d'un point de Tue plus général il propose de distinguer des biocérébropathiques(épileptiques), des biopathiques (imbéciles) et cérébropathiques (idiots).
Dans un essai très intéressant sur les arriérés, Ganguillet (3' Con« férence suisse pour l'assistance des idiots, 1901) a môme essayé d'exprimer numériquement le degré d'arriération. L'intelligence
normale étant représentée par ^ » g = intelligence modérée et
exprime que l'enfant fournit en 9 ans ce qu'un normal donne en 6 ans.
^ ou 4/2 = intelligence du faiblement doué (Schwachbegabt)
qui en 9 ans fournit ce qu'un normal donne en 4 ans.
r=:i/4 = intelligence du faible d'esprit (Schwachsinnig) qui en
9 ans ne donne tout au plus que le travail fourni par un normal en 2 ans.
Enfin 0 correspond à l'intelligence de l'idiot, de l'inéducable (Môdsinnig= bildungsunfahig).
11 est de toute évidence que ces diverses tentatives offrent à certains égards un intérêt indiscutable, mais il est incontestable aussi que le dosage de l'anomalie est encore difficile et que l'emploi d'un des termes signalés plus haut doit fatalement prêter à confusion.
Les classifications médicales (étiologique, anatomique ou symptoraatologique) ne sont d'ailleurs pas plus précises, et ne donnent aucune indication, ni au point de vue psychique, ni au point de me pronostic.
Les nomenduiures anatomo-pathologiques de Bourneville, Ireland, Voisin, Shuttleworth ne sont pas toujours concordantes et nous sommes encore loin de voir se réaliser le souhait de Mierzejewski formulé au Congrès de Paris en 1900 : « La classification anatomopathologique basée sur l'étude de la structure délicate du tissu nerveux et de ses éléments et sur des notions embryologiques précises, s'imposera avec les progrès de nos connaissances ».
Il en est de même pour les classifications symptomatiques d'Esquirol, Dubois d'Amiens, Pinel, Henke, Spillmann, Morel, Griesinger, Dagonel, Schûle, Sollier, et pour celles qui ont un caractère mixte et sont bast^es à la fois sur des signes anthropologiques ou éliologiques comme celles proposées aussi par Shuttleworth et Beach au
Congrès de 1900. Suivant les auteurs, les mêmes termes ont souvent une portée très différente et il est parfois impossible, sans Thistoirp du sujet, de savoir au juste de quel cas il est réellement question.
On a très nettement cette sensation quand on veut comparer les imbéciles de SoUier à ceux de Ziehen ou de Trûper, de Blin ou de Jacquin, quand on veut fixer la place à donner aux moins valeurs (minderwertige) de Koch et Trûper, et quand on cherche à établir ce que les différents auteurs entendent par débiles, instables, etc. II n'en saurait être autrement lorsqu'on songe que pour les uns tous les anormaux intellectuels sont désignés sous le terme d*idiot, alors que pour les autres le vocable général est imbécile, débile (Blin), arriéré (Jacquin), enfants névropathes (Stadelmann), dégénérés, etc. A ce point de vue la tentative de distinction faite par Rabaud (anormaux et dégénérés) mérite de retenir l'attention.
Il est donc de toute nécessité, dans les travaux psychologiques poursuivis sur les arriérés, de détailler la symptomatologie des cas et de fournir une analyse psychique aussi complète que possible. A ce point de vue on ne saurait trop recommander la méthode si heureusement appliquée par Binet dans les études qu'il a faites au cours de ces dernières années sur les enfants normaux et plus ou moins irréguliers des écoles de Paris, ainsi que sur les sujets qui ont fait l'objet de son étude expérimentale sur l'intelligence.
Revues et travaux se rapportant à la psychologie des anormaux. — Nous l'avons déjà dit, l'étude psychologique des anormaux est poursuivie par de nombreux chercheurs qui tout en ayant pris des chemins différents aboutissent au même carrefour. De là la dispersion des résultats de leurs travaux dans des publications extrêmement nombreuses et variées, de là aussi la difficulté de se faire une idée complète de la littérature afférente.
On en jugera par la simple énumération des revues qui se consacrent d'une manière exclusive ou presque exclusive aux problèmes relatifs à l'enfance anormale '.