‹ L'année psychologiqueChapitre 92 sur 205 · ŒIL DROIT · texte numérisé non relu

ŒIL DROIT

ŒIL GACCUE U

Sensibilité

Sensibilité

Sensibilité

Temps.

rétinienne.

Temps.

rétinienne.

Temps.

rétinienne.

Minotei.

Mioat««.

Minalf».

A partir d'un certain degré d'adaptation, comme on voit, la sensibilité binoculaire comporte une valeur très supérieure à celle de la sensibilité monoculaire, La différence est du simple au double : tout se passe comme s il y avait sommation des excitations provoquées dans Us yeux adaptés à l'obscurité. Le phénomène n'apparaît qu'au bout de 15 minutes environ de séjour dans la chambre noire. Il ne se mani (este pas pour les yeux adaptés à la lumière. L'auteur remarque en outre qu'il n'a été établi que pour des intensités lumineuses voisines du seuil considéré dans chaque cas et qu'il ne saurait être présentement généralisé.

L'interprétation de ces résultats est difficile. Les objets semblent, en général, également éclairés, qu'on les examine avec les deux yeux ou avec un seul. Et les mesures prises au début des séries, alors que la rétine est encore plus ou moins adaptée à la lumière, sont en accord avec cette donnée de l'observation courante. Comment se fait-il qu'il n'en soit plus de même dans l'état d'adaptation à l'obscurité? Cette particularité témoigne peut-être, d'un nouveau point de vue, en faveur de la thèse qui attribue à l'appareil de Tadaptation un caractère d'indépendance accusé.

Aubert, puis Treitel et Charpentier ont constaté que le pouvoir d'excitation d'un objet lumineux croît avec sa grandeur angulaire; — et Treitel a noté, en outre, que l'augmentation est beaucoup

plus forto dans Tétai (Inadaptation à Tobscurité que dans Tétat d adaptation à la lumière. 11 est possible qu'il convienne de rapprocher de ces observations celles de Piper : il serait permis d'énoncer alors cette proposition que la valeur de l'excitant grandit avec la somme des surfaces rétiniennes intéressées.

L'auteur a reclierché, d'autre part, si l'adaptation d'un œil était dans un rapport de dépendance avec l'adaptation de l'autre. li a procédé comme suit. L'un des yeux était éclairé (à l'aide d'une surface blanche illuminée par une lampe à arc) dans l'intervalle des déterminations de seuil. L'autre était protégé pendant ce temps avec un bandeau. Les mesures de la sensibilité binoculaire et monoculaire étaient exécutées toutes les 5 ou 0 minutes. Le tableau suivant contient les résultats que Piper a obtenus sur lui-même; on y trouvera aussi les valeurs de la sensibilité recueillies chez le même sujet dans une expérience d'adaptation binoculaire. C'est Tœil droit qui a été examiné.

ADAPTATION

ADAPTATION

ADAPTATION

ADAPTATION

MO.NOCULAIRE

MONOCULAIRE

BINOCULAIRE

BINOCULAIRE

0B5ERVAT10X

OBSERVATION

OBSERVATION

OBSERVATION

MONOCCLAIBE

Bllf OCULAIRE

MO.XOCULAIRE

BINOCULAIRE

Temps. jSt'nsiJiiliië.

Temps.

Sensibilité.

Temps.

Sensibilité.

Temps.

Sensibilité.'

Miouifs.

Minute».

MinutM.

MinoUi.

Les courbes construites avec les valeurs inscrites dans les trois premières colonnes de ce tableau sont en congruence à peu près complète. L'observation monoculaire donne des résultats identiques, que l'adaptation à l'obscurité afl'ecte les deux yeux ou seulement l'œil examiné. En d'autres termes. Inadaptation de chacune des deux rétines est parfaitement indépendante de celle de l'autre. L'expérience a été répétée à plusieurs reprises chez divers sujets avec le même succès.

La comparaison des résultats inscrits dans les colonnes 1 et 2 montre, de plus, que dans l'adaptation monoculaire, l'intervention de l'œil éclairé est sans aucun elîeL II n'y a pas de « sommation ». Ce fait est en accord avec ceux dont il a été question tout èi l'Vv^wx^.

Les recherches de* Piper présentent, on le voit, le plus grand intérêt. Non seulement elles apportent sur plusieurs points de détail d'utiles renseignements. Elles fournissent de précieux éléments pour la théorie des processus qui interviennent dans Texcitation rétinienne.

J. Larguier des Ba.ncels.

Prof. GEORGES TRUMBLLL LADD. — Direct Gontrol of the Retinal Field. Report on three Cases. {Contrôle direct du champ rctinien: trois observations . — Psychol. Rev., mars 1903, X, n*'2, p. 139-149.

Ladd revient à une question qu'il a étudiée il y a dix ans (Psychol. Rev., juillet 1894) et qui mérite grande attention ; cai* il s'agit de savoir si oui ou non, notre volonté est capable de modifier nos sensations de couleur et de forme, h peu près de la même manière que notre volonté est capable de soulever un de nos membres, de faire contracter un de nos muscles. On admet généralement que notre pouvoir central exerce son influence d'une manière bien plus efficace sur la sphère motrice que sur la sphère sensorielle. On voit par conséquent de quelle importance seraient des observations bien faites, et répétables à volonté, qui démontreraient que la volonté et l'attention peuvent modifier et changer des sensations et des images mentales. Ladd, dans son premier article sur la question, relatait des observations faites par une classe de 10 pei-sonnes. Il publie maintenant des observations faites par 3 adultes. Voici en quoi consistent ces obseiTations. 11 nous semble qu'elles sont assez faciles à répéter. Les yeux fermés, on observe un chaos lumineux, c'est-à-dire un ensemble de sensations subjectives de la rétine, qui ont difl'érents aspects, différentes formes et différentes couleurs. C'est sur ces sensations qu'on doit agir. Il faut en transformer soit la couleur, soit la forme. Par exemple, si l'aspect est celui d'un cercle, il faut loiduir que cet aspect change et prenne la forme d'une ellipse ou d'une croix; ou bien si la couleur est bleue, il faut voidoir qu'elle devienne rouge. Les trois personnes en question ont réussi à faire ces transformations, en choisissant l'heure et l'occasion favorable — en général c'est après une longue lecture, quand la rétine est un peu excitée — en s'exerçant pendant quelque temps. Il faut un peu d'exercice et d'habitude, et Ladd pense même que les insuccès tiennent en partie à un défaut d'entrainemeent. Le changement rétinien ne suit pas immédiatement le fait de la volonté; il a besoin de plusieurs secondes, 20 secondes par exemple, ou une minute; et il ne dure guère que 3 à 4 secondes; mais il est tellement net, en ce qui concerne les couleurs,-que le sujet a pu avoir, en ouvrant les yeux, la couleur complémentaire de la couleur évoquée. De plus, il est à noter que le changement se produit souvent à la suite d'autres changements de couleur et de lorme, lesquels n'ont point été commandés. J'aimerais faire quelques critiques de détail h ces observations : ou plutôt, j'aurais des renseignements à

demander aux sujets. Ils ne nous disent pas s'ils arrêtaient d'avance les transformations volontaires à opérer, ou s'il se décidaient au moment même. Les yeux fermés, on voit bien des couleurs- et des formes se succéder. Peut-être, dans certains cas, n'opte-t-on pour une forme ou une couleur que parce qu'elle a déjà commencé à paraître très vaguement; il y aurait là, par conséquent, une suggestion par une perception commençante. Je ne crois vraiment pas que cette illusion ait pu entacher d'erreur toutes les observations; elles sont trop nombreuses et trop variées pour ne pas renfermer quelque chose de réel. Cependant, comme la question est tout à fait impor* tante, nous demandons à Ladd de tenir compte de cette cause d'erreur.

\. BlNET.

MARBE (K.). — Thatsachen und Theorien des Talbot'schen Gesetzes.

Pniiger's Archiv, Bd. 97, 1903, pp. 335-393.

Marbe résume d'abord les faits relatifs à la loi de Talbot. Il cite 5 conditions principales qui favorisent la production d'une sensation constante : 1. la diminution des durées d'excitation; 2. l'accroissement de la différence des durées des excitants; 3. la diminution de la différence des intensités des excitants; 4. la diminution du nombre des excitants agissant pendant une période, pour une même durée d'excitation; 5. le renforcement de l'intensité lumineuse moyenne, c'est-à-dire l'accroissement de la quantité de lumière tombant en moyenne dans l'œil pendant un élément de temps. Marbe cite encore comme sixième condition l'influence des contours; plus les contours, toutes conditions restant les mêmes, se meuvent lentement, moins fusionnent les excitations. 11 mentionne encore l'influence de la grandeur du champ, celle du fond, celle de l'adaptation, et, dans le cas de lumière colorée, celle de la saturation.

Marbe passe ensuite brièvement en revue les théories qui ont ét«'' proïKiSées de la loi de Talbot (Boas, Fick, Exner), expose la sienne propre, puis examine les idées de Lehmann et de Martius. L'idt^e fondamentale de sa propre théorie est qu'une répartition non homogène de la lumière paraît identique à une répartition homogène lorsqu'elle s'en approche sufflsamment. Marbe suppose les excitations soit constantes, soit discontinues composées d'excitations élémentaires d'égales et très courtes durées, et il montre, dans celte hypothèse, comment les conditions énumérées ci-dessus doivent agir comme on constate qu'elle agissent sur la fusion des impressions.

Marbe tente, vers la fin de son étude, une extension de lu loi de Talbot et de sa théorie à tous les sens.

Le travail de Marbe a provoqué une assez longue réponse de Martius {même revue y t. XCIX, pp. 95-115) et une contre-réponse de Marbe (û/., t. C, pp. 487-494).

B. Bourdon.

TSCHERMAK (A.) ET HOEFER (P.). — Ueber binoculare Tiefenwahrmenhung au! Grund Yon Doppelbildern. — PflOger's Arcbiv, 1903, Bd. 98, pp. -299-321.

Tschermak et Hœfer communiquent les résultats d'expériences sur la précision de la localisation en profondeur dans le cas d'images doubles. Dans la plupart de leurs expériences, Tobsenateur fixait un point médian, placé à une distance de 2 mètres; deux aiguilles étaient placées plus près, et apparaissaient nettement en images doubles: il s'agissait de déterminer les distances qui devaient, dans ces conditions, séparer les deux aiguilles, l'une d'elles restant à une distance fixe de Tobservateur, pour qu'elles cessassent de paraître à la même distance de l'observateur; en même temps, on déterminait la ligne d'égalité, c'est-à-dire la distance qui pouvait séparer les deux aiguilles, sans qu'elles cessassent de paraître à la même distance de l'observateur. T. et H. citent un certain nombre de résultats numériques et concluent que leurs observations fournissent une confirmation systématique de la doctn'ne de Hering, de Volkmann et de Helmholtz, d'après laquelle les impressions d'un objet transversalement disparates donnent lieu à une perception binocufaire de profondeur, alors même qu'elles apparaissent séparées, en images doubles.

B. Bourdon.

IHBANTSCHITSCH (V.). — Ueber die Beeinflassung subjectiver Gesichtsempfindungen. -- Pflûger's Archiv, Bd. 94, pp. :J47-448.

rrbantschitsch étudie un certain nombre de phénomènes visuels (mouvements apparents de ligures incolores, colorées, modifications dans la direction de lignes, etc.) produits sous divei-ses inlluences telles que des impressions auditives, des excitations cutanées, le courant électrique, l'action de la volonté. I/élude est surtout intéressante par les observations de détail et elle se prèle peu à l'analyse. Urbantschitsch résume les résultats de ses observations ainsi : t Nos sensations subjectives sont influencées par les actions extérieures les plus diverses... Chaque .son peut, selon sa hauteur, souvent même selon son intensité, provoquer des moditicaltion particulières des sensations visuelles. L'oreille droite peut aiiir autrement que l'oreille gauche; la même excitation cutanée iv/ii autrement d'un point du corps que d'un autre, même lorsque ct;Iui-ci est tout près du premier; en outre, un même point du corps provoque chaque fois des modillcations différentes des sensations visuelles, suivant le genre de l'excitation, chatouillement, piqûre, l)r»'ssion, chaleur, froid, etc. ». — On peut se demander si les pliéiioinènes signalés par Urbantschitsch sont dus réellement dans tous les cas aux influences auxquelles il les attribue.

B. BOURDO.N.

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