AUDITION
IWANOFF (A.)- Ein Beitrag znr Lehre ûber die Knochenleitung
{Contribution à la théorie de la transmission osseuse du son)» — Zeits. f. Psych. u. Phys. d. Sinnesorg., XXXI, 266-277, 1903.
La méthode de Tauleur est fondée sur le même principe que celle de H. Frey (voir VAnnée, IX, p. 289 et suiv.)^ mais elle est moins précise. Iwanoff recueille avec un otoscope les vibrations sonores déterminées par un diapason appliqué sur Tos et il mesure le temps pendant lequel ces vibrations demeurent perceptibles (temps d'audibilité). — Ses observations sur les os longs confirment celles de Frey : la transmission du son varie avec la structure deTos; elle est, en général, meilleure dans la substance compacte que dans la substance spongieuse. L'étude du crâne a fourni un résultat intéressant et qui avait échappé à Frey : ïwanoff a constaté, en effet, que le temps d'audibilité est maximum quand Totoscope et le diapason sont placés en deux points diamétralement opposés de la surface crânienne (front et occiput, etc). Le fait observé par Frey — transmission particulièrement énergique de pyramide à pyramide n'est qu'un cas particulier. La transmission « diamétrale » est un phénomène d'ordre général : on la retrouve sur une sphère en bois tourné.
Frey a repris à la suite de l'auteur l'étude détaillée de la transmission crânienne du son (voir l'analyse suivante).
J. Larguier des Bancels.
FREY (H). — Weitere Untersachongen ûber die Schalleitong im Schâdel (Nouvelles études sur la transmission du son dans le crâne) Zeits. f. Psych. u. Phys. d. Sinnesorg., XXXIII, 355-363; 1903.
J'ai rendu compte dans le volume précédent de VAnnée des importantes recherches de Frey sur la transmission osseuse du son. Je rappelle ici les résultats essentiels qu'elles ont apportés.
I. La substance osseuse est, en général, d'autant plus propre à transmettre les vibrations sonores qu'elle est plus compacte, plus dense.
IL Les ondessonores issues de la région de l'organe auditif (exactement, la pyramide) se propagent dans le crâne tout entier; mais
('lies sont transmises avec une intensité particulière à la région symétrique.
m. 11 existe ainsi une transmission sonore d*oreille à oreille par voie osseuse.
IV. Cette transmission est observable aussi bien dans une tète fraîche — et sans doute il en est de même de la tête vivante — que dans un crâne macéré et sec.
Les expériences relatées dans le présent mémoire, en même temps qu'elles confirment parfaitement ces données, fournissent un certain nombre de résultats nouveaux.
La méthode de l'auteur a été décrite avec détails (voir p. 289 et suivantes du t. IX de V Année), Elle consiste à recueillir en diverses régions, à l'aide d'un microphone relié à un téléphone, les vibrations déterminées sur un point donné par un diapason. L'intensité du son est estimée d'après la durée qui s'écoule entre son apparition et son extinction ((enips cVaudibilité) dans le téléphone.
Dans une première série de recherches — calquées sur les précédentes — le diapason était fixé dans la pyramide gauche d'un crdne macéré. Les observations microphoniques ont porté sur cinq i couples de points symétriques situés de chaque côté du crâne, dans la région voisine du conduit auditif, et sur un point impair situé au milieu de l'occipital. Les valeurs qu'elles ont apportées sont exactement comparables à celles que l'auteur avait relevées dans ses premières expériences (voir en particulier le tableau de la page 293, /. c.) Le temps d'audibilité est maximum dans le voisinage immédiat de la pyramide opposée à celle où est enfoncé le diapason. 11 diminue assez rapidement de points en points, à mesure que ceux-ci se rapprochent de la ligne médiane antéro-poslérieure.
La seconde série de recherches est plus importante. Elle était destinée à mettre en lumière le rôle des pyramides dans la transmission osseuse du son d'oreille à oreille. On pouvait se demander, en t'iîot, si cette transmission était liée à la présence de celles-ci ou si elle manifestait un phénomène plus général et qu'il serait possible de saisir en déterminant des vibrations sonores sur un point quelconque de la surface crilnienne. Pour trancher la question Frey a t'tuclié la distribution des valeurs microphoniiiues correspondant à un ébranlement provoqué, non plus dans la région latérale, mais dans la région postérieure de la tète. Le diapason était vissé dans l'os occij)ital, sur la ligne médiane, à quelques centimètres au dessous de la suture occipito-pariétale. L'auteur a relevé les valeurs iiiicrophoniques en dix-sept points. 11 a constaté ijue l'intensité du son diminue d'abord, à partir de l'origine des vibrations. La diminution est particulièrement rapide sur le sommet du crdne, le long de la suture inter-pariétale. Dans la région frontale, rintensil»'augmente peu à peu, pour atteindre son maximum — maximum l)ar rapport à toutes les autres valeurs obtenues, aussi bien occipitales que frontales — en un point situé au-dessus de la glabelle, et diamétralement opposé au diapason. — Les valeurs relevées en des points symétriques sont d'ailleurs très voisines en général.