AUDITION
De cet ensemble d'expériences, il résulte que la transmission d'oreille à oreille ne dépend pas exclusivement de la présence des pyramides. Elle est reffel d'une propriété de la boîte crânienne tout entière pour ainsi dire. Un ébranlement sonore est transmis avec une intensité maxima au point diamétralement opposé du crâne, qu'il soit déterminé dans la région du rocher ou dans la région de Toccipital.
Dans son premier mémoire, l'auteur expliquait la transmission d'oreille à oreille, en tenant compte de la structure compacte dos pyramides et de la conductibilité que ce caractère permettait de leur attribuer par analogie. (Voir les expériences sur divers os longs, pages 291 et suiv., /. c.) Cette interprétation exclusive ne saurait être maintenue. Il se peut néanmoins que la densité des masses osseuses, où est percé le conduit auditif, ne soit pas sans influence. La distribution des valeurs microphoniques dans la seconde série des présentes recherches, — relativement élevées au voisinage des pyramides — témoignerait du moins, semble-t-il, en faveur de cette supposition.
Frey s'est efforcé, enfin, dans une troisième séi'ie d'expériences, de déterminer l'intensité du son transmis à ïintérieur de la substance osseuse du crâne. A cet effet, après avoir détaché de la paroi crânienne un petit disque à Taide du trépan, il explorait divers points de la surface cylindrique qui limitait l'ouverture pratiquée dans l'os. Le style du microphone était placé de telle sorte qu'il fût parallèle, autant que possible, à l'un des diamètres de l'ouverture circulaire et, par conséquent, à la surface crânienne, dans la région considérée. L'auteur recueillait chaque fois, en outre, des valeurs microphoniques dans le voisinage immédiat du trou, au bord de l'ouverture; elles servaient de terme de comparaison. Dans ces expériences de contrôle, le style était perpendiculaire à la surface crânienne, c'est-à-dire disposé comme dans les deux premières séries de recherches. — Le diapason était fixé tantôt dans la pyniinide gauche, tantôt dans l'os occipital. Les valeurs relevées, soit sur la paroi de l'ouverture, soit sur la surface naturelle du crâne, dans le voisinage immédiat du trou, sont très rapprochées. Les résultats des diverses épreuves ne diffèrent pas de plus de 0,2 seconde : cttte différence ne dépasserait pas les limites de Terreur possible. — Il est regrettable que l'auteur n'ait pas cru devoir fournir ici de données numériques; comme il est fâcheux, d'autre part, qu'il ait négligé de commenter celles qu'il publie dans les autres parties de son étude.
L'interprétation de cet ensemble de phénomènes paraît compliquée. Il est douteux, en tout cas, que la transmission « diamétrale » soit due à des interférences de vibration : c'est du moins ce qui résulte, je le rappelle, d'expériences relatées dans le premi«M* mémoire de l'auteur (voir p. 204, /. c.)
J. Larguier des Bancels.