‹ L'Année sociologiqueChapitre 13 sur 133 · E. DURKHEIM. — DÉFINITION DES PHÉNOMÈNES RELIGIEUX SS · texte numérisé non relu

E. DURKHEIM. — DÉFINITION DES PHÉNOMÈNES RELIGIEUX SS

conditions, certains penseurs aient cru devoir en chercher Torigine première dans le sommeil et dans le rêve ; car elle fait réellement Teflet d^une sorte de songe, tantôt riant et tantôt sombre, qu'aurait vécu l'humanité/ Seulement, on ne s'explique pas alors que l'expérience ne soit pas venue rapidement apprendra aux hommes de quelle erreur ils étaient les victimes. — [Mais admettez que la religion soit essentiellement une chose sociale, et ces difficultés s'évanouissent. Il p n'y a plus à se demander pourquoi les choses à l'existence /^.^V » desquelles elle nous demande de croire ont un aspect si déconcertant pour les raisons individuelles ; c'est tout simplement que la représentation qu'elle nous en ofjre n'est pas l'œuvre de ces raisons, mais de l'esprit coUectit \ Or il est / naturel que cet esprit se représente la réalité autrement que, A^ y^ ne fait le nôtre, puisqu'il est d'une autre nature. La société ^ a sa manière d'être qui lui est propre ; donc, sa manière de a ^ y^,^-^ penser. Elle a ses passions, ses habitudes, ses besoins qui ne / , 0 < sont pas ceux des particuliers et qui marquent de leur C/ '^ . ^ ' empreinte tout ce qu'elle conçoit. II n'est donc pas surprenant / , ' ^7 que nous, jndixidus, nous ne nous retrouvions pas dans ces ' , r ' conceptions qui ne sont pas nôtres et qui ne nous expriment ' ^ pas. C'est pourquoi elles ont un air mystérieux qui nous '' ' ] trouble. Mais ce mystère n'est pas inhérent à l'objet même ' ) .<* qu'elles représentent. Il est dû tout entier à notre ignorance. \ /. C'est un mystère provisoire comme ceux que toute science \ dissipe progressivement à mesure qu'elle avance. Il vient uniquement de ce que la religion appartient à un monde où la science humaine commence seulement à pénétrer et qui est encore pour nous l'inconnu. Mais que nous arrivions à trouver les lois dp l'idéation collective, et ces représentations étranges perdront leur étrangelé^

Et ainsi prend tout son sens cette distinction des choses en sacrées et en profanes que l'on trouve dans toutes les religions. {Les choses sacrées, ce sont celles dont la socié* ' " même a élaboré la représentation ; il y entre toute soi tats collectifs, de traditions et d'émotions communes, < timents qui se rapportent à des objets dlntérêt généra et tous ces éléments sont combinés d'après les lois [ de la mentalité sociale. Les choses profanes, au contn

(i) Faut-il encore répéter que, par là, nous désignons seule manière sui geneins dont pensent les hommes, quand ils pensent vement ?

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â6 l'année sociologique. 1898

y sont celles que chacun de nous construit avec les données de

'( ses sens et de son expérience ; les idées que nous en avons ont

s^ pour matière des impressions individuelles toutes nues, et de

,| là vient qu'elles n ont pas à nos yeux le même prestige que

et n'y voyons rien de plus Brvation empirique. — Or onstituent deux espèces de I les uns sont produits par es autres par une pluralité it réagissant les uns sur les et du spirituel n'est donc : sans fondement dans la e symbolique la dualité de chologie proprement dite * , pendant longtemps, Tiniû même temps l'opération ocialisation de 1 individu, eligieuse, prenait du môme n autre homme, ances et des pratiques qui ui, pourtant, sont en partie es. En effet, il n'y a pas de dieux dont l'adoration est ait d'autres que chacun se rsonnel. Dès le principe, à le clan vénère, il y a les à son gré et qui, pourtant, De même aujourd'hui, il îçoive plus ou moins à sa iifie pour cela, sur tels ou ion traditionnelle. Certains d'autre divinité que celle les amener à poser Texises propres législateurs du lors même que le fidèle nmunauté, il ne s'en tient lui sont rigoureusement 5, il s'astreint de lui même is que la loi religieuse ne

lous entendons la science de la de sociologie pour ce qui regarde

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