‹ L'Année sociologiqueChapitre 32 sur 133 · ANALYSES. — BEUGIOKS PRIMITIVES EX GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ANALYSES. — BEUGIOKS PRIMITIVES EX GÉNÉRAL

les veuves); 4*> Concernant les choses. Elles portent sur les objets les plus divers. Un fétiche défend tout objet à couleur bleue, un autre défend de cuire certains jours, etc. — En somme, le système des interdictions rituelles nègres recouvre assez bien le système du tabou polynésien.

Ernest YOU.XG. — The Kingdom of the Yellow Robe. Being sketches of the domestic a. religions rites a. cérémonies of the Siam {Le royaume de la robe jaune. Esquisse des rites domestiques et religieux, ainsi que des cérémonies du Siam), Westminster, Arch. Constable, 1898, p. xvi-390, in-8".

M. Young a été pendant longtemps fonctionnaire du royaume de Siam; c'est dire que son livre a une certaine valeur au point de vue des observations. Mais il semble s'être peu mêlé à la vie du pays. C'est la famille et le culte siamois à Bangkok qu'il a surtout 'observés. Une étude des mœurs des petites villes de l'intérieur ou des villages eût été certainement plus utile scientifiquement. A Bangkok, on se trouve en présence, non pas d'une civilisation proprement siamoise, mais de la civilisation cosmopolite d'une capitale où se coudoient Hindous, Birmans, Cochinchinois, Chinois, Malais, sur un fond de population siamoise. Choisir, après cela, comme types, les usages de la cour et de la famille royale, le rituel réservé au roi, c'est aggraver encore l'illusion. D'ailleurs, même pour Bangkok, l'étude des coutumes, des traditions et superstitions populaires fait totalement défaut ; pourtant, c'est cela seulement qui promettait d'être autochtone. Enfin la civilisation siamoise est le produit d'influences histori<|ues nettement déterminées. Le Siam, comme l'IndoChine, a été le lieu de croisement de la civilisation Chinoise et de la civilisation Hindoue. Ainsi une grande partie de fétitiuette royale est d'oriiîine chinoise, tandis que presque toute la législation est hindoue; car le droit de Manou s'est propagé dans l'Indo-Chine, à i)eu près comme le droit romain en Europe. Or, le départ entre ces différentes couches historiques et sociales n'est pas fait par M. Young. Aussi, même pour ce qui concerne le milieu spécial et restreint qu'il a observé, ne peut-on se servir de son livre qu'avec précaution.

Cette critique préalable une fois faite, on trouvera un exposé très complet des différents usages religieux et domestiques que M. Young a vu pratiquer. Des cérémonies qui concernent les enfants, retenons surtout celle où la touffe de cheveux est rasée. C'est un rite franchement hindou; mais, dans le rituel siamois, légèrement différent, se trouve une prière fort intéressante, où fàme est suppliée de bien vouloir pénétrer le jeune homme (p. 76-77). Les rites et règles de mariage n'ont qu'un intérêt restreint, sauf un cas curieux d'interdiction du mariage suivant les années de naissance des époux (p. 92), M. Young relate des rites curatifs assez intéressants (p. 117); à la

Googk

206 * l'année SOCIOLOr.IQCE. 1898

211, quelques renseignements un peu sommaires sur Ifs agraires (fôte de la balance). L'étude des temples, des pèleris, des cérémonies, de l'organisation du culte bouddhique, des les siamois, bien (ju'elle ne soit pas très poussée, contient des ils inédits. Le chapitre sur le culte du pas du Bouddha et le culte [•léphants n'ajoute rien à ce qui est connu. s mœurs et la législation, les jeux assez remarquables, mais tiques à ceux de l'extrême Orient, l'éducation (pour laquelle Taua une compétence spéciale) sont l'objet de plusieurs chapitres, l'observation reste toujoui'S limitée au monde de la capitale et environs.

m (Max). — An der AVesikûste Afrikas [Wirtsc/infUiche und gdsircifzuge). Sur la cole ouest de l'Afrique. Berlin, Ahn, 1898.

itre les renseignements sur l'état actuel des coloni«'s allemandes cette région, on trouve dans ce livre des faits intéressants collant les sociétés secrètes religieuses et ranlhropophagie. L'auteur lie la remarquable relation (]ui unit ces deux orilres de faits, les nègres du Cameroun, (juand un membre d'une de ces îtés approche de la mort, il est tué, puis mangé par ses associés; Hte manière, son existence continue en eux et par eux.

. (iODDEN. — Nàgà and other frontier tribes of Northist India (suite*). [Journ, of the Ant/i. hiStX Londres, 1897, 1. XXVII, p. 2-53.

y. surtout la monographie des Angàmi Nâgas (p. 31) ; rcnseigne- Ls sur les tabous, les sacritices médicaux, les rites fujiéraires 6-53), avec les observations critiques d'anthropologues compé-

iiAWFORD ANGUS. — A year in Azimba and Chipitaland : 9 customs and the superstitions of the people. Ibid.. p. 318- ).

nseignemenls élémentaires sur ces tribus de T.Afrifjue centrale unique.

V. Me (;UE(iOH. — British Xeio-Guinea (Hoy. (ieorg. Soc). 1897rie de renseignements des plus importants, p. 4o suiv., p. 90

lALMEHS. — Toaripi. Ibùf., p. 326-336.

useignements brefs, mais autorisés, sur cette intéressante tribu Nouvelle-Guinée.

Googk

ANALYSES. RRLI6T0XS PRIMITIVES EX GBNBILiL 207

STANLEY GARDINER. — The natives of Rotiuna. Ibid., p. 307-435.

Miss G. FLETCHEU. — The significance of the scalp-lock (.1 study of an Omaha ritual), Ibid,, p. i37 et suiv.

Contient (p. 438) de remarquables renseij^nements sur l'organisation religioso-soiiiale des tribus Omaha et la façon dont les classes se répartissent le travail. Renseignements sur le rite d'initiation prtitiqué par ces tribus, la coupe des cheveux. Texte de chant que le prôtre entonne en Ihonneur du Dieu du tonnerre.

PFEIL (von). -— Duk-Duk and other customs as form of expressions of the Melanesians intellectual life. lùid., p. 181-191.

Queltjues renseignements sur les soci«''tés secrètes mélanésienne s, les fêtes, les tabous.

Waltek E. ROTH. — Ethnological studies among the Nord- West. Central Queensland aborigènes. Brisbane, 1897. Publication du gouvernement du Queensland.

Monographie importante et autorisée dont nous regrettons de no pouvoir présenter un compte rendu.

F. LL'SCUAX (vo.n). — Beitratje zur Voelkerkunde der Dmlschen Schutzgebiete. Berl. Dictr. Leimer, 1897.

2*^ partie fort importante.

A. BAESSELER. — Marae und Ahn auf den Gesellschafts Insein

[Intern, Arch. /*. Ethn.), 1897, p. 245.

Description intéressante des enceintes sacrées dans les îles Tahili.

A. OWEN. — The Story of Hawaii. Londres, Ilarpors a. Brolhers, 1898, p. xxn-219, in-12.

Assez superficiel, quoique Fauteur ait résidé longtemps dans le pays; au chapitre m, intéressants renseignements sur les rites et coutumes des anciens Hawaïens.

CROOKALL. — British Oniana. Londres, Fisher l'nwin, 1898, p. 2n, in-12.

Contient peu de chose, sauf queltfues renseignements sur des superstitions qui ont pour objet Tarbre à coton.

L. FROBENIUS. — Die Africanische Religion (Sep, abd, ausd. Afrika. Ncuhaldensleben). Eyraud, 1897. Très vague.

Googk

l'axxék sociologique. 1808

E. FROALM. — BiJsIiog. ethn. pour 1894 (Arch, f, Anth-o.), 18»,

ni. — MAGIE, SORCELLEHIE ET SUPERSTITIONS POPULAIRES Par MM. MAUSS et HUBERT

LEHMANN (A.). — Aberglaube und Zauberei von den aeltesten Zeiten an bis in die Gegenvtrairt (Saperailion et migie des temps les plus anciens jusqu' aujourd'hiii) . — Traduit du danois par Petersen. — Stuttgart, Eake, 1898 ; 6 livraisons iD-8% p. 556.

Le livre de M. L. n'a pas un caractère directement sociologique. 11 s'agit de trouver une explication psycliologique des faits qui concernent la magie, la superstition et leurs succédanés modernes, occultisme et spiritisme. L'auteur, dépassant son plan primitif, a été amené, il est vrai, à donner un certain développement à la partie historique; elle est pourtant restée assez sommaireet, quoiqu'elle ait pour base d'excellents renseignements, elle ne peut prétendre à être « une histoire des erreurs de l'humanité ». Néanmoins, ce travail est pour nous d'une certaine importance à un double point de vue ; il fait faire certains progrès à l'explication des faits et on en peut tirer d'utiles enseignements au sujet de la méthode qui convient à la sociologie religieuse.

M. L. commence par nous proposer deux définitions de la superstition et de la magie. « Est superstition toute croyance qui n'a pas de fondement dans une religion déterminée ou bien qui est en contradiction avec la conception scientifique de la nature à un moment donné de l'histoire ». w Tout acte qui dérive d'une superstition ressortit à la magie ou à la sorcellerie, quel qu'en soit le caractère naturel. » De ces définitions il résulte que la magie ne suppose pas nécessairement la croyance aux démons et que la distinction du miracle et de la magie n'a rien d'absolu : elle est toujours relative à une société donnée. Ce qui était miracle pour les gens d'Israël, était sorcellerie pour le même peuple, quand c'était le résultat des incantations égyptiennes.

Ces définitions posées, M. L. fait l'histoire de la superstition et de la magie. Remarquons que, dès le principe, il est forcé

yGoogk

ANALYSES. — MA(iIE, SOUCELLERIE POPULAIUES 209

de renoncera opposer religion et magie et il est obligé de parler d'une magie religieuse chez les peuples non civilisés (p. 19 et suiv.). comme il en constatera une, plus tard, dans le catholicisme (p. 85). — Après Texposé de quelques faits empruntés aux sociétés sauvages actuelles (v. surtout p. 17 et 19;, M. L. aborde le terrain plus proprement historique. Il décrit la magie égyptienne, la théurgie où l'incantation conférait un pouvoir à un esprit (p. 131 ) ; la magie chaldéenne avec son influence sur la civilisation juive et sur la civilisation grecque. Mais, dans ces deux sociétés, la magie se heurta, d'une part, à la science; de l'autre, à la religion; elle fut ainsi refoulée soit vers Tidolàtrie, soit vers les sciences secrètes ou occultes. Répandue dans les nations finnoises, norroises et germaniques, elle persista dans les nations chrétiennes d'Europe. D'abord tolérée parla religion, puis admise dans le rite pour le baptême, l'exorcisme, les ordalies, les jugements de Dieu (l'auteur aurait pu ajouter qu'elle persiste dans le catholicisme monacal), elle s'en vit peu à peu chassée, traquée par les procès de sorcières et reléguée dans la sorcellerie; on y* vit une œuvre de Satan et de ses suppôts. Enfin, le protestantisme, puis la science avec le livre de Bekker ;1691), s'en emparèrent, lui enlevèrent toute importance. Elle cessa même d'être traitée comme une hérésie pour être définitivement mise au rang de superstitions populaires, admises seulement par de petits groupes d'adeptes.

Ces petits groupes d'occultistes et de spiritistes ont leur histoire. Les uns perpétuent une tradition quasi scientifique, les autres ont mis en œuvre des croyances populaires. La science occulte, la magie savante est d'origine égyptienne. Née à Alexandrie, adoptée par les Grecs,. puis par les Juifs de la Kabbale, par les Arabes philosophes et alchimistes, astronomes et astrologues, transmise par ces derniers aux savants européens, elle atteint, avec Agrippa, son apogée. Elle repose sur un ensemble de croyances relatives à l'influence des astres, aux vertus du nombre, aux forces spirituelles et sympathiques de la nature. EUle a abouti au naturalisme et a, à peu près, disparu de nos jours. Le développement des sciences naturelles ne lui laisse plus de place. — Le spiritisme, au contraire, est de création récente. Il date du dernier siècle avec Swedenborg, les pneumatologues allemands, etc. Il consiste surtout dans une explication religieuse de faits plus ou moins bien constatés (p. :244, :2G4). C'est dans la nature de

E. Dl'hkhbim. — Année sociol., 1898. 14

Googk

210 LAXNÊE SOCIOLOGIOrE. 1898

l'explication que gît la caracléristique. La croyance aux esprits est vieille comme le monde; les faits que des savants comme Grooke ou Zoellner ont observés ne sont des faits spirites que parce qu'on ne les observe et ne les explique que d'un point de vue spirile.

Mais c'est dans la manière dont M. L. critique ces faits et les interprète que l'on a le plus d'intérêt à le suivre. Certains d'entre eux sont dus simplement à des constatations ou à des vérifications erronées dont la psychologie normale suffit à rendre compte. En premier lieu, notre pouvoir d'observation est limité ; il y a des fautes normales dans la perception des faits extérieurs; les grandeurs, l'origine des sons s'apprécient de manière inexacte quand on ne se sert pas d'instruments (p. 328) ; le sens du temps a ses illusions; l'attente, l'émotion, tout cela met l'esprit du croyant dans un état de réceptivité favorable à l'erreur de bonne foi (p. 388, 468). Le croyant constate ce qu'il attend; vérifie un mouvement qu'il croit autonome et qu'il a, en réalité, provoqué, s'attribue des vues surnaturelles sur des choses cachées alors que son attention est simplement surexcitée (baguette du chercheur d'eau). Le rêve est une autre source de superstitions : croyance aux esprits et à certains moyens de divination. Ces prétendues divinations se réduisent, en réalité, à la constatation de coïncidences à la fois choisies et mal observées (p. 410), ou à la suggestion involontaire que crée le rêve, à savoir celle qui entraîne soit des actes suggérés, soit la croyance en la véracité des images (p. 419).

D'autres faits sont dus à des états à demi anormaux (automatisme psychologique, distraction, monoidéisme) ou complètement anormaux, au premier rang desquels il faut mettre la suggestion. L'individu suggestible vérifie nécessairement la prédiction ; voyant des esprits, s'il y croit (p. 472), il finit par les sentir autour de lui, en lui, se croyant sorcier si le milieu, ses rêves, ses besoins l'y poussent. L'Église, poursuivant des sorcières, en créait par cela même. — L'hypnose, phénomène plus anormal, expliquerait l'automatisme des médiums et des inspirés (p. 497), l'état d'anesthésie où se trouveraient les sujets soumis à certaines ordalies. L'action de certains narcotiques rappelle les moyens décrits pour créer des états magiques ; c'est ainsi que la description des sabbats de sorcières ressemble aux rêves que provoque l'empoisonnement par l'atropine. Enfin l'hystérie, épidémique ou non, expliquerait bien des faits d'extase ou de possession (p. 533).

Googk

ANALYSES. — MAGIE, SORCELLEniE POPULATUES 211

Nous ne chicanerons M. L. ni sur le caractère trop intellectualiste de ses définitions on l'acte est trop directement dérivé de la croyance, ni sur certaines inexactitudes comme celle qui consiste à faire de la théurgie un fait spécifiquement égyptien, ni sur les graves lacunes de son exposé historique. Enregistrons seulement les points sur lesquels ses explications semblent assez décisives. Il est certain que nombre de croyances sont en partie dues à des erreurs normales d'observation, d'autres à des hallucinations; que des états, regardés longtemps comme essentiellement r^%/6?Mx, sont d'origine hypnotique ou hystérique (extase, possession, glossolalie) ; qu'enfin la croyance au miracle, à la prophétie est fondée sur l'action psychologique qu'exerce la suggestion soit sur la volonté soit sur la perception.

Mais il s'en faut qu'une telle explication puisse être exhaustive. Elle nous donne les conditions dernières et lointaines du fait, non ses causes prochaines Qt déterminantes. Quand on a rapproché l'extase de la grande hystérie, la croyance aux devins des erreurs de perception, on a expliqué la possibilité du phénomène en général, non comment il s'est actualisé sous telle forme déterminée dans telle société déterminée. 11 est possible que les rêves aient été pour quelque chose dans la croyance aux esprits. Mais, seul, un fait social peut expliquer pourquoi, dans tels pays, l'esprit adoré avait telle forme, tel pouvoir, telle fonction, pourquoi il était l'objet de tel culte, à supposer que la possibilité môme du culte en général puisse être comprise si l'on fait abstraction de la société. Même, parmi tous les faits religieux, la magie est un de ceux qui ont le plus manifestement une forme sociale. La persistance des formules magiques est extraordinaire. Des incantations assyriennes ont pénétré jusque dans le bas byzaulinisme; des formules de la médecine grecque se retrouvent intactes dans la médecine hindoue. A plus forte raison en est-il ainsi de la magie vulgaire, qui fait à tous l'impression de quelque chose de préhistoricfue et qui n'a pu conserver cette existence définie que dans l'esprit populaire. Il y a plus : certains des faits psychiques dont parle M. L. supposent eux-mêmes des faits sociaux. La suggestion qu'exerce une croyance aux cérémonies magiques est due au caractère obligatoire, supérieur, dont la croyance est investie aux yeux du fidèle; de même, c'est l'autorité sociale du prophète qui revêt de certitude ses prédictions. Comment admettre, d'ailleurs, que des faits aussi univer-

Googk

:212 l'anxke sociologiqie. i898

sels, et qui ont joué un tel rôle dans l'histoire, n'aient d*autres causes que des erreurs accidentelles ou des états maladifs ?

LEONARD W. KING. — Babylonian Magic and Sorcery being tXhe prayers ofthe lifting of the hand » (Magie et sorcellerie babyloniennes). London, Luzac, XXX, 11)9 p., et 76 pi. Shl. 18.

L'étude scientifique de la religion assyro-babylonienue a commencé avec le livre de M. Jensen, Kosmohgie der Babylonier (1890). Depuis la publication de ce livre, fait remarquer M. King, on s'est appliqué à l'étude systématique de séries de textes magiques et religieux. Le D*" Tallqwist a publié les tablettes magiques nommées par les Assyriens Maglû; M. Zimmer a réuni la série des incantations dites Shurpu. M. King publie une série analogue, « les prières du lèvement de la main ». Sauf le texte qui porte le numéro 1:2, déjà publié dans Rawlinson\VAI,IV^pl.LViI, lestablettesétudiéesparM.King étaient inédites. Ces prières appartenaient à des recueils déjà constitués par les Assyriens (Introduction, xv sq.) ; M. King publie, page XIX, une brique qui contient une sorte de catalogue d'incantations ou de table des matières. Bien peu de ces textes sont assez bien conservés pour que M. King ait pu même en tenter une traduction suivie. Ils sont d'ailleurs assez semblables les uns aux autres. Ils commencent par une invocation à une divinité, dont on vante le pouvoir et la miséricorde en énumérantses fonctions et ses qualités. Le suppliant décrit ensuite sa condition et sa détresse; il dit ses espérances; la conclusion est une courte doxologie. — Quelquefois le texte est interrompu par des indications rituelles et liturgiques de deux ou plusieurs lignes, qui prescrivent de faire une libation ou de répéter l'incantation. — Les dernières prières (53,0:2) doivent être récitées pendant les éclipses de lune, les autres ne paraissent pas avoir un usage déterminé. Elles réclament le jugement delà divinité; elles lui demandent la délivrance du péché (2,38), la prospérité (2,31).

Bien que la récitation de ces prières paraisse avoir eu une valeur magique, ce sont plutôt des psaumes de la pénitence que des incantations et l'on comprend difficilement le titre que M. King a donné à son livre : il promet plus qu'il ne tient.

Les textes qu'il publie n'offrent guère d'intérêt pour le socio-

Googk

Page 1