‹ L'Année sociologiqueChapitre 38 sur 133 · ANALYSES. — CULTES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ANALYSES. — CULTES EN GÉNÉRAL

rend la terre fertile (t. III, p. 57). La procession des enfants de Corinthe qui ramènent de la rivière Sythas les idoles d'Apollon et d'Artémis, n'a rien de commun avec les Delphinia d'Athènes qui commémorent le départ de Thésée pour la Crète. Pausanias (x, 6, 2) raconte que les habitants de Lycoreia, lors du déluge de Deucalion, s'étaient réfugiés sur la hauteur, guidés par les animaux sauvages ; ce trait n'a rien de commun, selon nous, avec les légendes qui attribuent à des animaux l'indication de remplacement de certaines villes. Nous ne comprenons pas pourquoi M. Frazer (t. V, p. 401) a rapproché les sauts des hommes sacrés près de Magnésie des précipitations annuelles de Leucade.

M. Frazer a bien fait d'ajouter à son premier index, un index spécial pour son commentaire ; il peut permettre de réunir les renseignements épars.

On aurait tort de reprocher au travail de M. Frazer de ne pas apporter de contribution à l'étude théorique des faits. Son auteur ne se proposait pas cet objet. Sa tâche, dit-il, s'est bornée à réunir sous une forme commode des matériaux abondants, mais dispersés. Il se met à la portée du public, il veut même que son livre serve à d'autres qu'à des savants de profession. Nous croyons qu'il sera pour les sociologues et les ethnologues un répertoire précieux et nous espérons que l'attrait des rapprochements que M. Frazer fait continuellement entre les rites grecs et ceux des peuples barbares et sauvages gagnera quelques hellénistes à ces études comparatives. H. H.

FEWKES (Jesse Walter). — Tusayan Snake Cérémonies (Cérémanies concernant le serpent chez les Indiens Tusnyans). iô*» Aunual Report of EUmology, Washington, 1897, p. 267-312.

L'auteur avait étudié précédemment les fôtes du serpent chez les Indiens de Walpi ; il nous donne cette fois les résultats de son enquête dans trois autres colonies indiennes du voisinage. L'étude est remarquable de bonne foi, de précision, de sûreté. Elle est à lire pour quiconque refuse de croire à l'excellence de certains documents ethnographiques : photographies, descriptions schématiques, plans, dates, rien n'y manque (sauf le texte des prières). Combien de pareils renseignements ne surpassent-ils pas les pauvres indications que nous avons sur certains cultes locaux de la Grèce î

Ces cérémonies ont lieu fin août; elles durent plusieurs jours. Elles sont accomphes conjointement par deux confréries, celle du

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serpent et celle de l'antilope. Il nVst pas possible de les décrire ici dans toute leur complexité ; en voici, du moins, les éléments essentiels. — A jour lixe, on construit, dans la chambre sacrée, un autel symbolique de l'antilope. Au milieu se trouve le /u5i, gerbe formée d'épis de maïs, de blé et de melon. Les prêtres en font le tour et l'aspergent de farine sacrée. Le lendemain, danse de l'antilope. Puis au soir du dernier jour, danse du serpent. Les prêtres des deux confréries tournent autour du Kisi et chacun, en passant, jette dessus de la farine sacrée. L'n homme est caché dans le Kisi avec les serpents; chacun des membres de la confrérie du serpent reçoit de cet homme un de ces reptiles, le prend à la main et le tient dans sa bouche. On les asperge ensuite d'eau-médecine. Sur l'autel, on répand encore de la farine sacrée, on y place ensuite les serpents sur lesquels hommes et femmes viennent cracher. On los recouvre de farine, et, à un moment donné, les prêtres s'en emparent et vont les porter aux quatre coins del'liorizon.

M. F. montre bien que ces cérémonies font partie des rites agraires : la date à laquelle elles ont lieu, la nature des pratiques qui les constituent en sont la preuve». Les rites des antilopes ont pour but la croissance du blé, les rites du serpent, la chute de la pluie. L'auteur fait très bien voir comment ces deux ordres de rites se sont peu à peu unis, mêlés, in triques les uns dans les autres par suite de l'association des deux confréries. — Nous suivrions moins volontiers M. F. dans les hypothèses qu'il fait sur le caractère récent de ces usages. M. M.

WALSH (Williams S.). — Curiosities of popular customs and of rites, cérémonies, observances and miscellaneous antiquities (Curiosités de coutumes populairesy rites, cérémonies^ pratiques, etc.). Londres, Gibbings, 1808, p. 1018.

Manuel où les faits décrits sont rantrés par ordre alphabétique. Le livre est bien composé et très utile ; il fait connaître nombre d'usagoset de coutumes, qu'on ris(iuerait d'oublier. Los informations ont une assez grande valeur, surtout en ce qui concerne les faits anglais. On trouve pourtant quehiuos inexactitudes ; il y est dit, par exemple, que c'c^t en mars que les Juifs commencent l'année. — Voir particulièrement les articles sur le mercredi des cendres (p. 70 et suiv.), sur les coutumes de la Noël (christmas), sur le lièvre de Pâques (p. 36u et suiv.}, les fêtes de la Saint -Jean, les fêtes de mai, etc., etc. L'auteur ne prétend, d'ailleurs, ni à être complet ni à faire une œuvre de pure science. M. M.

Franz CUMONT. — Les actes de saint Dasius. Extrait des Ânalecta Bollandiana, t. XVI, 1897.

Les actes de saint Dasius que publie M. Cumont fournissent des

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