‹ L'Année sociologiqueChapitre 41 sur 133 · ANALYSES. — LE RITUEL (SACUIFIGES, PRIÈRES, ETC · texte numérisé non relu

ANALYSES. — LE RITUEL (SACUIFIGES, PRIÈRES, ETC

M. D. n'est pas sans avoir un certain sentiment de cette particularrté. S'il n'admet pas l'origine orientale ni de l'Église ni du rit^, il ne croit pas davantage que cette origine soit purement romaine. Il insiste beaucoup sur la prééminence qu'exerça en Occident le siège de Milan, patrie du rite gallican. Mais le fait est beaucoup plus général.

En second lieu, toute l'étude pivote autour de la question des rapports entre la liturgie gallicane et la liturgie romaine. Mais l'hétérogénéité relative des anciennes liturgies orientales et occidentales est beaucoup plus grande, puisqu'elle a finalement abouti au schisme. Étant plus marquée, «lie aurait pour le sociologue beaucoup plus d'intérêt.

On doit regretter enfin que tout ce qui concerne les origines n'ait été étudié que sommairement. A propos du mariage, des fêtes, M. D. fait quelques rapprochements entre le rite chrétien et celui de la religion romaine; de môme la répartition générale des prières de la messe est rapprochée du rituel synagogual. Mais les rites de l'initiation chrétienne, lustration?, onctions, impositions du sel, des mains sont d'origine ou juive ou païenne; les ordinations des prêtres viennent du rituel lévitique, les bénédictions de la prière litanique existaient dans la synagogue. Enfin, les relations du sacrifice chrétien avec le sacrifice de la Pàque juive, et les sanctifications du repas ne sont pas notées. — Il est vrai que les dates que s'était fixées M. D. ne l'obligeaient pas à traiter ces questions. Mais ce choix même n'est-il pas discutable ? Au iv« siècle, l'organisation du culte est presque achevée ; c'est pourquoi les textes remontent à cette époque. Mais le rituel en voie de formation est beaucoup plus intéressant; M. D. le néglige. L'étude en est pourtant nécessaire pour qui veut comprendre ce qui a suivi.

LcDwiG \'E^ETIA^'E^. — Die Eleusinischen Mysterien im Jerusalemischen Tempel. Beilrag zur jiidisclieu Ueligionsgeschichte (Lei mystères cVEleusis dans le temple de Jérusalem). (Séparât Abdruck aus D' A. Bruifs. Populâr-Wissetischaftliche Monatsblaetter). Francfort-s.-M., Brœnner, i897, p. «8, in-8^

La fête éleusinienne que M. V. croit retrouver à Jérusalem est la cérémonie dite des eaux, célébrée le premier jour de Souccoth (fête des tabernacles). Les prêtres et les lévites allaient en pompe puiser de l'eau a la fontaine de Siloé dans des vases d'or. De retour au

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prêtre de service montait à l'autel, versait du vin dans placé à l'est, et de l'eau de la fontaine dans un autre é a l'ouest, en ayant soin de lever les bras. Or, suivant VMe ne parlerait pas de cet usage qui serait seulement dans la Mischna et au Talmud. 11 serait donc juif, non : comme il se retrouve dans le rituel d'Eleusis (fêtes à la même date, avec les mêmes libations à l'est et à iiteur croit qu'il a bien pu être emprunté à la Grèce, à iîs grands prêtres hellénistes. — Le rapprochement est , mais ne démontre pas la illialioii. La Bible contient au illusions à une fête des eaux (Isaïe, vu, 3; Samuel, 7, 6, 2, Zach., xiv, 17-19). Le rite est, d'ailleurs, évidemment un e ; or on peut dire que toute la fête du tabernacle est une luie ; les prières du rituel synagogual fourmillent de textes t égard. L'emploi des branches de saule, l'usage de frapîs branches sur l'autel ont la même signification. 11 est ible que ce rite est autochtone, d'autant plus qu'il paraît été très populaire. On en trouve, du reste, de nombreux \ à Hiérapolis, à Babylone, en Egypte. Enfin le geste que fait il versant l'eau, les bras bien levés, est un rite élémentaire évoquer la pluie par une action sympathique, en l'imitant, -euve qu'il ne faut pas se hîlter d'attribuer à des emprunts itations les concordances que l'on constate, même quand raies jusque dans le détail.

lAM. — The Mysteries Pagan and Christian (Mysens et chréliens). Londres, Macmillan, 1897, p. xvni-150,

leçons, d'un caractère populaire, M. G. s'efTorce de déliuence ([ue les mystères de l'antiquité ont exercée sur la

des mystères chrétiens. Entraîné par sa foi ardente, il e action au minimum. Suivant lui, les mystères païens li à la i)rimitive Église que son matériel (mots, formes ion sociale). Quoique d'origine divine, TÉglise ne pouvait qu'avec des moyens humains; elle devait donc adopter [les peuples au milieu desquels elle s'établissait, et les i qu'elle pouvait s'assimiler (Lect. 1). Mais le secret des tères n'est pas comparable à celui des mystères éleusi- \ysia([ues, etc. (11 et III) : la doctrine, dans un cas, était IX seuls initiés, tandis que, dans l'autre, elle était répanle merveilleuse propagande. De même, le baptême serait chose que les purilications initiatoires, et la communion [ue tout autre que le repas éleusiuien. La discussion de

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