H. II
A. BOUDINMON. — Sur Thistoire de la pénitence (/?er. d'hi de lillèr, religieuse)^ t. II, 1897, p. 306-345 et 496-525.
A propos des deux livres de il. -G. Lea, Iliatory of auriciUar ce sion et Indulgences in the latin cliurch (Philadelphie, 1896), l'ai fait une étude historiciue importante, quoique assez tendanci de la confession et de la pénitence. 11 montre comment la tence fut d'abord publique, solennelle, purement religieuse, que l'ont connue les Pères ; fait voir sou origine et sa fonction, avait pour principe Texclusion tcmporaine du pécheur (p. 3 suiv.). Puis, par fusion avec le droit barbare, elle devient pé prend le caractère d'amende et d'indemnité (p. 498). On arrive au système des indulgences.
E. DuRKUEiM. — Année sociol., 1895. 18
l'axxée sociologique. 1898
I. — LES INSTITUTIONS MONACALES ET ASCÉTIQUES Par MM. MALSS et IIUBEUÏ
IKLER(Otto). — Askese und Mœnchthum (Ascétisme Monachisme) (2** édition complètement remaniée), S** par- . Franc(ort-sur-le-Mein, HeyderundZimmer, 1897, p. ivî à 645 in-8o.
second volume est consacré aux organisations monaet aux institutions ascétiques de l'Europe occidentale, 'emière partie de Touvrage, analysée ici même Tan deravait été, jusqu'à un certain point, une étude comparée; ious avons une histoire, rationnelle encore, mais plus iptive qu'explicative.
monachisme occidental ne remonte pas au delà du ^cle ; il fut importé d'Orient. 11 fut d'abord sans règle et lonné tout entier aux initiatives individuelles. Ce fut ment avec la promulgation de la règle de Saint-Benoist ont Cassin qu'il trouva son premier code, que le pape, le pouvoir impérial sanctionna. Tous les principes esseniu monachisme catholique y étaient posés : renoncement onde, ascétisme sexuel, jeûnes et abstinences alimen- 5, exercices religieux,' rigoureusement définis, et qui lissent une grande partie de la vie journalière. A partir moment, l'histoire du monachisme se confond avec celle bénédictins. L'ordre de Saint-Benoit fut le tronc comd'où se détachèrent des rameaux nombreux, moines de )\ moines de Cîteaux. chartreux, canoniciens, etc. ; la vie ique et conventuelle, sans changer dans son fond essenprit ainsi plus de variété. En môme temps, les ordres tsecréer autour d'eux des institutions mixtes où étaient s des frères séculiers, plus actifs, moins contemplatifs, js pourtant à la société monacale (p. 429). is l'ascétisme ne fut pas seulement pratiqué à l'intérieur ouvents. Dans toute la chrétienté, avec des différences de >s, régnait un même esprit ascétique (p. 469). Les laïques it soumis aux jeûnes, actes de contrition, pénitenitc, le tout tempéré par des dispenses (p. 440). De temps mps, s'élevait au milieu d'eux un individu qui mettait en îue les idées les plus ascétiques (ainsi Geneviève de
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.VNALYSES. — LES INSTITUTIONS MONACALES ET ASCÉTlglES 275
Paris). D'autres, sans s'affilier à un ordre, renonçaient à la vie séculière, s'enfermaient par petits groupes; ce furent les inclus (p. 469), qui allèrent jusqu'à l'emmurement (à signaler la persistance de cette pratique en Russie). L'ascétisme de la prière et de la méditation religieuse se retrouvait aussi dans le monde du siècle : les récitations de psaumes, les prières mille fois répétées, le chapelet qui apparaît alors (p. 456, 551), la discipline, le cilice, les imitations de la passion auxquelles M. Z. rattache l'ordalie dite de la croix (p. 458), etc., furent des pratiques générales dans tout le catholicisme. — D'autre part, le monachisme eut une influence directe sur l'Église elle-même. C'est de lui que vient le célibat des prêtres. Déjà l'abstinence des relations conjugales avait été considérée par l'Église comme un acte méritoire (p. 451). Quand la vie tout à fait sainte du monachisme fut constituée, le clerc marié, trop mêlé par suite à la vie profane, sembla mener une existence d'une insuffisante sainteté. On y pourvut en lui interdisant le mariage (p. 447).
Une autre phase de cette histoire fut l'apparition des ordres mendiants. Jusque-là l'action monacale était restée renfermée dans les cloîtres ; d'un autre côté, si la règle prescrivait la pauvreté individuelle, Tordre pouvait être propriétaire. La création des ordres mendiants fut un retour aux principes évangéliques de l'apostolat et de la pauvreté. C'est à eux que furent dévolues, à partir du xiv*^ siècle, et les pratiques de la pauvreté et de Thumililé chrétienne, et l'action sur les masses (voy. p. 472 sur les précurseurs orientaux des ordres mendiants). C'est François d'Assise qui trouva le principe ; il créa l'ordre, immédiatement important, des Franciscains. D'autres ordres, qui furent fondés alors, étaient plutôt prêcheurs et ne devinrent mendiants que lentement (dominicains, moines de saint Jérôme, etc.). Tous suivaient des règles très sévères, mais qui peu à peu dégénérèrent. Les exercices prescrits devinrent purement mécaniques ; la récitation des prières, le chapelet, etc., ne furent plus quedes manœuvres matérielles, au lieu d'être des stimulants de la méditation. Les moyens extérieurs du culte étouffèrent le sentiment. Il y eut bien, en même temps, quelques mouvements mystiques, comme celui de l'Imitation, celui des Hussites, des réformistes; mais ou bien ils furent étouffés par l'Église, ou bien ils se firent loin de l'Église elle-même, au sein d'un cloître, sans agir d'une manière durable sur ce cloître lui-même.
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i/aXNKE iiOCIOLOOfQUK. 1898
*gâDisatioQ moDachique élait ainsi en décadence quand testantisme vint lui porter les coups les plus rudes; car essentiellement anti-ascétique. Si, plus tard, le métho- , le piétisme, le wesleyanisme réagirent un peu contre nés tendances eudémonisteSy cette réaction n'alla jamais à poursuivre la restauration de Tancien ascétisme. En tive, la Réforme eut sur le monachisme catholique une action : elle suscita de nouvelles congrégations destinées Dmbattre, dont les Jésuites furent le type (p. 592), et qui èrent aux autres ordres leurs manières d'agir ; elle con- : à adoucir Tascétisme des laïques, des clercs et même loines jusqu'à en faire un simple code d'observances; elle relégua au fond des cloîtres les cas rares et presque laux, tenant à l'hystérie plus qu'aux sentiments reli- , comme les stigmatisations (p. 479, 615), les extases, ines excessifs.
is ne reviendrons pas sur la confusion commise par ir entre l'ascétisme et les interdictions rituelles, conque nous avons signalée à propos du premier volume i persiste dans le second. Nous nous contenterons de er une lacune. M. Z. a fait l'histoire extérieure du mojme européen; il n'en a pas fait la théorie. Il n'a pas é quelles idées mouvaient ce monde. Cependant, uneinsn monacale ou ascétique n'est pas simplement une [iiorte ; pendant longtemps, la règle a dû avoir un esprit, is actif. 11 nous semble que la doctrine centrale de Tasle conventuel et catholique, c'est la théorie chrétienne :piation. 11 s'agit de répéter le sacrifice du Seigneur, la n, afin de sauver le siècle ; il s'agit d'expier dans les its, pour les pécheurs du monde profane. L'idée domiest celle de 1' « antipsychie », de l'échange des âmes. îs et moines qui, au fond des cloîtres, se dévouent, , se flagellent, sont persuadés que les souffrances qu'ils ent ont pour effet de racheter certaines âmes soit es, soit arrêtées dans le Purgatoire. La vie monacale ûl ainsi comme un sacrifice expiatoire de soi pour les . On comprend dès lors, d'un point de vue sociologique, ent le monachisme a été possible, nécessaire même, et mdre vers la mystique. Etant données de vastes Eglises e les Églises chrétiennes, bouddhiques, islamiques, le i profane était trop vaste, les laïques trop nombreux et ffairés pour que le sentiment du devoir religieux leur
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.WALYSES. — LES INSTITUTIONS MONACALBS ET ASCÉTIQUES 27T
fût présent avec une force et une continuité suffisantes. Le monde ecclésiastique lui-même était trop engagé dans le siècle. Il fallait donc un organe, chargé plus spécialement de mener la vie pure, sainte, d'expier les péchés journaliers de la masse. Cet organe, situé plus loin encore du monde que rÉglise séculière, ce fut le monachisme. Telle est, du moins, l'explication que nous proposons à titre d'hypothèse et sous réserve d'examen. M. M.
E. PREUSCHEN. — Palladius und Ruflnus. EinBeitrag zur Quellenkunde des âltesten Mônchtums, Texte und Untersuchungen. Giessen. Ricker, 1897, 268 pages, in-8^.
Le livre de M. P. se divise en deux parties : la première est une excellente édition, fondée sur la recension de 46 manuscrits, de la version grecque de VHistoiia monachorum in jEgypto, que l'éditeur a fait suivre du texte de quatre chapitres de VHistoria Latisiaca et de deux chapitres des versions syriaques et arméniennes du premier document. La deuxième partie (p. 133 à 264) est une étude critique de ces textes. Lllistoria monachorum est présentée sous la formed'un voyage à travers les ermitages égyptiens. M. P. essaie de démontrer que l'auteur de VHistoria monachorum. est Rufin, qui l'aurait composée entre 402, 404 ; la recension latine est, selon lui, l'original, la recension grecque une traduction libre, écrite dans le premier tiers du v^ siècle, peut-être par le diacre Marcus, biographe de Porphyruâ de Gaza. Ce serait une des sources de Sozomène. VHistoria Laasiaca, collection de biographies d'ascètes, disposées par ordre géographique, est l'œuvre de Palladius, évoque d'Iléliuopolis en Bithynie, et peut être datée avec une certaine sûreté de l'année 416. C'était un ouvrage d'édification dont les tendances étaient origénistes.
Ce travail doit être l'introduction critique d'un livre sur les commencements du monachisme, qui ne doit pas tarder à paraître. Nous attendrons sa publication pour parler du contenu de VHistoria monachorum.
LuDw. TRAIRE. — Textgeschichte der Régula S. Benedicti
(Histoire du texte de In règle de saint Benoit). Ablidl. d. Kt;l. Bayer. Akad. d. wiss. zu Mûncheo. Phil. liisl. Klasse, vol. XXI, p. 599.
NISSEX. — Die Regelung des Klosterwesens in Romaer Kirohe
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es 9^ Jahrhunderts [Le rèrjlemmt des cloîtres jus- '- siècle). Hambourg, 1897.
oines de Constantinople depuis la fondation do la mort de Photius, 1897.
5 DIVERSES SUR LES GRANDES RELIGIONS ar MM. MAUSS, LEVY et HUBERT
D. — Nos origines. La religion des Gaudes et le Druidisme. Paris, Leroux, 1897,
3ns analyser en détail ce livre, les ouvrages loire générale d'une religion étant un peu en !S de VAn7iée,
posé de reconstituer la religion des Gaulois îs renseignements historiques et de ceux que chéologie, la numismatique, Tépigraphie, de des survivances, des légendes locales, etc. aéthode est, en soi, excellente et s'applique à idition très vaste. Mais les hypothèses sont peu contestables. Citons, par exemple, celle, rifiable et d'ailleurs inutile, d'une civilisaà laquelle les Européens auraient emprunté la croix gammée (p. 140) ainsi que les autres es superstitions survivantes de la Saint-Jean, IX seraient, au contraire, d'origine exclusiveuaut à l'organisation des sociétés religieuses grandes confréries de Druides, dont M. B. tance dans les grandes abbayes irlandaises ;rs de frères, lesquelles ressemblent bien à [îiations de Druides (voy. Append. I), il les rapprochant des grandes lamaseries du Thiisme mongol, et croit que les unes et les résultats des emprunts faits aux religions est là l'objet de la deuxième partie, similitude des usages ne prouve rien autre icordance des résultats auxquels arrivent des îiétés, des religions, travaillant avec le même milieux presque semblables, avec des orga-
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