‹ L'Année sociologiqueChapitre 44 sur 133 · ANALYSES. — ÉTUDES DIVERSES SUH LES GRANDES RELIGIONS · texte numérisé non relu

ANALYSES. — ÉTUDES DIVERSES SUH LES GRANDES RELIGIONS

oisations sociales sensiblement analogues. Les sociétés religieuses du genre des confréries druidiques, lamaïques, chamaniques ont une tout autre extension que celle que leur donne M. B. Les sociétés secrètes des nègres de Guinée, celles des Mélanésiens, des Indiens de TAmérique du Nord, les mages iraniens, les confréries islamiques, leLévitir '

sont des faits bien connus. Tout cela est aussi voisir disme que le Lamaïsme. Faut-il croire que tous c similaires viennent des Tourauiens ou des Aryens ? N plus raisonnable de rattacher cette formation de soc gieuses à des causes très générales? Chez une mul peuples, on voit les devoirs et les pouvoirs religieu centrer dans une petite partie de la société, au m leur forme émineute; c'est de là que viennent les les sociétés de mystères. Cette concentration progre dépendre de causes sociales qu'il serait intéressant ( cher. On trouvera dans le livre de M. B. quantité de r pour traiter le problème.

WELLHAUSEN (J. . — Israelitiîchs und jûdis schichte. Drille Ausgabe. Berlin. Reimer, 189 in-8^ 9 mk.

Un vif succès a récompensé le beau livre — un d d œuvre de la science contemporaine par la beauté donnance et la maîtrise totale du sujet et de ses alei où M. Wellhausen a condensé les résultats des Ir récole, dont il a été le plus ingénieux et le plushabil et à laquelle, après celui de Graf, restera attaché i Trois éditions* se sont succédé en trois ans, et de Touvrage est sorti accru dans le détail et amélioré, apparente des modifications est celle qui a donné le actuel aux deux chapitres finaux (xxiii, Der Unter judischen Gemeindenesens ; 'kxiv, Das Fj^angeliuw) : éditions antérieures, Tordre était inverse. Il y a pi artifice littéraire dans Tinlerversion qui donne poui sion au judaïsme ancien, non Tœuvre des talmud l'ont embaumé, mais la prédication de Jésus et de sa qui, dans la pensée de Técrivain, en a isolé et prés éléments impérissables, le Menschlichgôttliche (p. 38^

(i: !'• éd., I8'.)i, 3i6 p. ; 2« éd. 189:i, 377 p.

280 l'axxée sociologique. 1898

Il n'est besoin que d'un coup d'osil sur la table des matières pour mesurer le déplacement que subit le centre de gravité traditionnel de l'histoire juive : vingt-cinq pages sont consacrées à l'époque des débuts, celle de la sortie d'Egypte et de la station au Sinaï (la période des « origines », des récits légendaires, est radicalement et logiquement éliminée), cent racontent rétablissement en Palestine et la destinée des deux royaumes d'Israël et de Juda jusqu'à la destruction de Jérusalem et du premier Temple, quarante la période, capitale dans le système, delà captivité de Babylone et du retour. Les quatre siècles qui vont d'Esdras à J^sus occupent toute la seconde moitié du livre : négligés dans les travaux antérieurs de l'auteur, ils sont ici étudiés avec un soin particulier. Mais c'est la théorie de la formation du monothéisme jahvéistequi reste le centre et le but principal de l'œuvre. Résumer la thèse de M. Wellhausen, c'est indiquer quelles sont, relativement au grand problème juif, les positions de toute l'école critique.

Tribu nomade composée de quelques milliers de pasteurs, les Juifs quittèrent vers 1250* les steppes voisines du Delta pour s'enfoncer dans le désert. La tradition assigne à cette époque la prédication monothéiste de Moïse : il faut la rejeter et considérer, non comme primitive, mais comme le produit d'une évolution très postérieure, la notion du dieu unique, spirituel et universel (p. 16 et suiv.). En eflet, les plus vieux documents qui nous permettent de définir Jahvé nous le montrent entouré encore vers le ix** siècle d'une escorte de dieux subordonnés (p. 101); adoré sur les hauteurs, en des sanctuaires multiples, il reçoit un culte tout païen (p. 102). Ce sont les prophètes, à partir d'Elie (p. 74), qui devaient affirmer et préciser sans cesse davantage son caractère idéal et moral, proclamer son unité et sa spiritualité avec leurs corollaires, l'unité de sanctuaire et l'insuffisance du culte matériel. Leur victoire n'est obtenue qu'au bout de quatre siècles ; elle se manifeste par la publication successive de deux codes, le Deutéronome, promulgué en 621 par le roi Josias et surtout le Code sacerdotal (Lévitique et ses annexes), édicté au milieu du v*^ siècle, par le scribe Esdras. Les deux traités, où le système monothéiste apparaît développé et porte toutes ses conséquences, ne sont attribués à

(I) Cette date semble trop basse d'un siècle environ.

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