ANALYSES. — ÉTCDKS DH'EUSES SUR LES GRANDES RELIGIONS
Moïse que par fiction; l'époque « mosaïque», si Ton veut 1 aisser ce nom à l'époque qui a vu se purifier le dogme jahvéiste, se place du vn'^ au v« siècle, au déclin, non à l'aurore de la nationalité juive. Le triomphe de la réforme religieuse, dans le Lévitique, est si complet qu'elle peut transiger avec les croyances populaires qu'elle a combattues, adooter. pour le culte de Jahvé, les pratiques longtemps t] d'idolétriques, mais purgées de leur venin et transfc par l'interprétation.
La doctrine historique que nous venons d'analyser sièrement n'est qu'une conséquence : elle déiive direct de la classification et de la datation proposées par M. hausen*pour les différents documents que comprenc Pentateuque et les livres qui s'y rattachent, de la t documentaire qui (avec une complication infinie dans le fixe vers le viii*' siècle le début de la rédaction des \ narratives, à la fin du vu"* (62 Ij la proclamation du cod téronomique, et postérieurement à l'exil de Babylone, lectiou sacerdotale dont le Lévitique est le centre. Le ment sur l'œuvre Historique de M. Wellhausen doit dép d'un examen de la critique des sources, qui, depuis un de siècle, régente l'exégèse biblique.
Ce n'en est pas ici le lieu. Mais il faut dire que la t Graf-Wellhausen n'est qu'une hypothèse, dont on ne affirmer que la preuve ait été fournie. La dissociât! Deutéronome et du « Priestercodex » et l'abaissement date de ces documents en constituent le noyau. Or les rences (incontestables) de point de vue et d'inspiratio l'on constate entre le Deutéronome et le Priestercodex r fisent pas à justifier l'écart de deux siècles que l'écol fienne leur assigne ; et d'autre part, le caractère, malgn archaïque du rituel lévitique indique, pour cette œuvr tendue de basse époque, une antiquité relativement 1 Une exégèse nouvelle, mieux armée que ses aînées, grà( documents de comparaison que lui fournira l'immense rature assyrienne, lui restituera sans doute, avec li
(I) Wellhausen. Composition des Uexaleuchs und der historischen des allen Teslaments ; id. Prolcf/omena zur Geschichte Israels (4« éd Les doctrines enseif.'nées dans ces livres fondamentaux ont été \Tilf en France par Vllisloire disraid, de Uenan. — Pour ju^cr de l'ic actuelle de l'exégèse de Graf et de Wellhausen» voir, par exemple, teratur des alten Testaments d'un critique qui tient à honneur d( tuler conservateur, Wildeboer (trad. ail. Gottingen, 1895).
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iSi l'année SOCIOLOGlglE. 1898
élevée que lui conteste Wellhausen , son rôle véritable de rituel du premier temple, probablement antérieur et non postérieur au mouvement prophétique.
Est-ce à dire que le travail de l'école grafienne aura été inutile? Non , car elle aura d'elle-même fixé des limites à la réaction qui se prépare : en démontrant que les deux collections juridiques et ritualistes du Pentateuqûe supposent nécessairement Texistence du temple unique de Jahvé, elle a rendu impossible tout retour aux positions défendues naguère par les apologétiques orthodoxes. Eu fixant vers 450 le ter^ minus anle qnem et vers 950 le terminus post quem de la composition du Lévitique, elle a définitivement circonscrit le débat sur l'origine de la partie essentielle de la littérature (t mosaïste ». Nous avons dit dans quel sens nous inclinons à le trancher. Tout au moins, nous tenons à voir distinguer les deux questions de l'antiquité des rituels et de leur rédaction.
KERBER (Georg). — Die religionsgeschichtliche Deutung der hebraischen Eigennamen des Aller Testamentes (Les noms propres de l'Ancien Testament et leur signification historico-religieuse], Freiburg-i.-B., G. Mohr (Paul Siebeck), 1897, 99 p. in-8^ 2.80 mk.
Le vieux dogme scientifique du monothéisme primitif des Sémites, et particulièrement des Juifs, pouvait sembler mort. Entretenu par des préjugés théologiques, il garde cependant, sous les formes atténuées que lui ont données Paul de Lagarde ou Baethgen, assez de vitalité encore pour qu'il n'ait pas semblé inutile à M. Kerber de recourir, pour le réfuter, à une analyse systématique des documents religieux que recèlent les noms propres de l'Ancien Testament. Sa propre théorie (qui se réclame surtout de Robertson Smith; est celle d'un polythéisme naturiste ayant la forme d'une religion de clan.
Si défigurée qu'elle ait été par la censure jahwéiste, qui a délibérément altéré les noms désagréables à son exclusivisme orthodoxe, l'onomastique biblique porte les traces d'un état religieux en désaccord avec le sévère monothéisme mosaïque et prophétique : caractère sacré attribué à des objets inanimés, des animaux, etc. (p. 23-37;, adoration de divinités
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