‹ L'Année sociologiqueChapitre 52 sur 133 · II. — MOEURS SELON L'haBITAT Par M. DUKKHEIM · texte numérisé non relu

II. — MOEURS SELON L'haBITAT Par M. DUKKHEIM

MEYER (Elard Hugo). — Deutsche Volkskunde. {Mœurs populaires de l* Allemagne, viu-362 p., in-8^. Strasbourg, Trûbner, 1898).

Le mot de Volkskunde est à peu près intraduisible en français. Il désigne un ensemble de recherches qui portent sur les diUéreutes manifestations de la vie populaire. Elles n'ont donc pas pour objet exclusif, ni même immédiat, les survivances, le folklore, mais toutes les formes que prend et que garde spontanément la vie collective, sans qu'aucune autorité définie en ait pris l'initiative : arrangements extérieurs de l'habitat, occupations quotidiennes, coutumes de toutes sortes, croyances et traditions dont ces coutumes sont solidaires, etc. On voit que le cadre est vaste et que les limites en sont assez flottantes; en somme, il comprend à peu près tout ce qui, dans la vie sociale, n'est pas l'objet d'une réglementation définie. C'est donc bien, au fond, une science des mœurs qu'on entreprend de faire sous ce nom ; et cette science, presque inconnue chez nous, est très cultivée en Allemagne où elle a ses sociétés et ses revues attitrées.

C'est à cette science que ressortit l'ouvrage dont nous allons parler. L'auteur se propose de décrire dans leur ensemble les mœurs du paysan allemand. Son champ d'observation s'étend même au delà de l'Allemagne et comprend les populations rurales de l'Autriche, de la Suisse et de la Hollande qui sont de langue et d'origine allemande. L'extrême diversité d'objets sur lesquels porte cette étude n'est pas sans nuire à l'impression qui s'en dégage. C'est déjà un sujet vaste et complexe que de reconstituer la vie populaire d'un groupe social étroitement délimité. Mais quand on parle à la fois de tant de sociétés difiérentes, les traits rapportés sont tellement pressés

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les uns sur les autres que le détail échappe et que, pourtant, la représentation d^ensemble manque de netteté. On a le sentiment d'une grande bigarrure de mœurs, de traditions, de costumes, etc., sans qu'on puisse attribuer à chaque région ce qui lui revient, de manière avoir ce qu'elle peut avoir de personnel; et cependant, la physionomie totale reste indécise parce que les éléments qui la composent sont dispersés de tous les côtés, peut-être aussi parce qu'ils se réduisent à peu de chose. Si Ton entreprenait vraiment de constituer le portrait générique du paysan allemand, la figure qu'on obtiendrait manquerait, croyons-nous, de relief et de contours définis. Pour toutes ces raisons, la lecture du livre est assez laborieuse; mais c'est un recueil précieux de matériaux. C'est le résumé de trente ans de travail que l'auteur a employés à parcourir les différentes parties de l'Allemagne afin d'observer de près les faits dont il voulait parler.

L'auteur commence par décrire le cadre extérieur au sein duquel se sont élaborées les mœurs rurales ; c'est-à-dire le village et l'habitation. Le type fondamental du village est le village aggloméré ou familial {Haufendorf ou Sippendorf), groupe de maisons, voisines les unes des autres, mais sans se toucher. 11 était entouré : 1^ d'une étendue de 3 à 400 hectares de champs, partagés entre les différentes familles du village en parts théoriquement égales; 2^ de VAllmemle, forêts et terres de pacage restées communes; 3^ de la Mark, terrains non exploités qui s'étendaient au delà de VAllmerule et qui séparaient les différents villages. Primitivement communautaire et familial, le régime de ces villages a contribué pour une large part à former l'esprit rural et l'auteur s'efforce d'en déterminer l'influence jusqu'à l'époque actuelle. — Mais ce type n'était pas le seul. Dès le principe, à côté du village aggloméré, il y eut la ferme isolée (p. 29), occupée par une seule famille : la nature du sol, par exemple l'aridité des pays de montagne, obligeait souvent à cet éparpillement. Ces exploitations séparées n'étaient, d'ailleurs, pas sans liens les unes avec les autres : mais les groupes ainsi formés étaient toujours assez lâches. C'est à propos de ces fermes que sont décrites, on ne sait trop pourquoi, les coutumes successorales du paysan allemand, qui valent également pour le village aggloméré (p. 38-41). Nous ne mentionnerons pas quelques formes mixtes ou secondaires de villages qui sont ensuite étudiées (p. 41-50).

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Du village, Tauteur passe à riiabitation particulière dont révolution nous est rapidement exposée (p. 55). A Torigine, une salle unique renfermant l'habitation proprement dite, récurie, remplacement nécessaire pour le foin et pour le blé, avec, au milieu, le foyer dont tout le monde peut librement s'approcher. Peu à peu le foyer passe du centre sur les côtés; il finit par être relégué dans une étroite cuisine. Puis le logis des habitants, l'écurie et la grange se séparent progressivement. Au cours de cette évolution, des types différents de maisons se constiiuèrent qui sont assez longuement décrits (p. 55-88).

Du dehors, M. Meyer passe au dedans, du théâtre sur lequel se déroule la vie agricole à cette vie elle-même. Il prend le paysan à sa naissance et le suit à travers les principales étapes de son existence. Nous ne rapporterons pas les innombrables rites magiques employés pour proléger le nouveau-né contre les mauvais esprits dont il peut subir Tinfluence. Comme dans tous les usages dont il va être question, l'esprit chrétien s'y combine curieusement avec de vieux ressouvenirs païens. L'Église s'est contentée démettre sa marque sur des pratiques qui lui sont bien antérieures. A noter ce fait que, très souvent, le père et la mère, alors même que celle-ci est rétablie, ne doivent pas assister au baptême (p. 108). Ils semblent donc être tenus à distance de cette cérémonie où Ton s'attendrait plutôt à les voir jouer le premier rôle : nous aurons à faire une remarque analogue à propos du mariage (v. p. 386). Alors même qu'ils sont présents, ce sont leurs substituts, le parrain et la marraine, qui sont au premier plan et les rejettent dans l'ombre. Très intéressantes les pages sur les fonctions du parrain (p. 109 et suiv.}. Le filleul est uni à son parrain par un lien aussi, sinon plus étroit, qu'à son père : le parrain est tenu de se surveiller très attentivement, tant le sort de l'enfant est solidaire de son sort à lui (p. 11^). Il ne faut donc pas juger de celle institution d'après ce qu'elle est aujourd'hui dans les villes. D'un autre côté, il n'est pas douteux qu'elle ne soit d'origine pré-chrétienne. Enfin, nous aurons plusieurs fois l'occasion de remarquer des rapports entre cette parenté artificielle et celle qui s'établit, au mariage, entre les époux, d'une part, et leurs garçons d'honneur, ou bien les compères ou commères qui se substituent alors aux parents; on trouvera des faits confirmatifs pages 111 et Ho.

Nous ne suivrons pas l'enfant à travers ses différentes occupations, ses jeux, ses exercices scolaires, etc. (à noter

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cependant, pages 133-152, des intéressants détails sur Texistence du berger , dont les fonctions étaient jadis remplies par un adolescent et qui était, à certains égards, un personnage dans le village). Nous arrivons au mariage. Un fait qui paraît assez particulier à l'Allemagne, c'est la grande liberté qui préside aux relations entre les sexes jusqu'à l'époque du mariage, et la grande place que parait tenir le sentiment d'amour, plus ou moins simplement entendu, dans la vie rurale. Jeunes gens et jeunes filles mêlent leurs plaisirs beaucoup plus souvent qu'ailleurs et mettent leur joie à les mêler. Dans le grandduché de Bade, dès l'enfance, chaque écolier a son amie reconnue (p. 154). Plus tard, les veillées en commun, les chants en commun, les danses en commun rapprochent perpétuellement les deux sexes. Cette intimité ne va pas sans effusions dont on prévoit les conséquences : les jeunes lilles qui se marient vierges ne sont pas toujours très nombreuses (p. 164-165). Mais un mariage vient très généralement consacrer ces unions irrégulières; l'opinion s'oppose à ce que le jeune homme se dérobe aux responsabilités qu'il a implicitement contractées. On reconnaît dans tout cela la GemïUhlich' keit germanique avec son double aspect, mi-partie sensuelle et mi-partie sentimentale. — Rien de bien particulier à relever parmi les cérémonies nuptiales ou parmi les rites de la grossesse et de l'accouchement.

Dans la peinture de la vie professionnelle du paysan, l'au- • teur s*est surtout inspiré de Mannhardt. Il nous montre toutes les superstitions magiques, tous les restes des vieux cultes agraires qui sont encore mêlés aux pratiques agricoles. Tout un ensemble d'idées religieuses, que le christianisme s'est partiellement assimilées, mais qui ne sont pas son œuvre, dominent le travail du cultivateur. Il s'agit d'écarter les esprits malfaisants, d'assurer, par les artifices d'une magie inconsciente d'elle-même, une récolte fructueuse, etc. Toute la période de la moisson a un caractère de fête (p. 2:29) et, inversement, toutes les fêtes rurales ont un caractère agricole (p. 246-260). C'est une des parties les plus intéressantes du livre que celle où il est montré comment un grand nombre de fêtes chrétiennes ont leurs racines dans de vieux rites agraires, et comment les survivances païennes sont encore étroitement unies à l'élément chrétien (fêtes patronales, fête- Dieu, Toussaint, etc.).

L'ouvrage se termine par deux chapitres, un peu maigres,

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sur la poésie populaire et sur les légendes et les contes. Pour ce qui est de la poésie, Tauteur se contente d'en énumérer les principales formes qu'il s'efforce de caractériser sommairement : d'abord le chant, dont un assez grand nombre de variétés sont sommairement indiquées; \di ballade qui n^ plutôt pour matière des histoires du passé et dont M. Meyer note avec raison la curieuse tendance à Tinternationalisme fp. SU) ; la chanson populaire, qui n'est pas, comme le Volkslied proprement dit, un produit anonyme de l'imagination collective, qui a ffour auteur une personnalité déterminée, mais qui imite les procédés spontanés que le peuple emploie dans les chansons qu'il crée et qui, pour cette raison, est populaire, sinon par ses origines, du moins par son caractère et la nature du public auquel elle s'adresse; enfin, le théâtre populaire, les énigmes, les dictons et les proverbes. Ces derniers nous paraissent assez mal catalogués sous la rubrique poésie; car ils sont des résumés de sagesse pratique et des maximes de conduite plutôt que des œuvres d'art. Ils visent le réel, non l'idéal. — Quant aux légendes d'origine païenne, l'auteur classe celles qui survivent en trois groupes : 1** celles qui se rapportent aux âmes et aux morts ; 2** celles où les Alpes sont représentées comme écrasant de leur poids les mortels; 3** celles qui sont relatives à des phénomènes naturels. Les légendes des géants et des elfes seraient une variété de ces dernières. Enfin, il y a les légendes chrétiennes, les légendes historiques et les contes dont il n'est dit que quelques mots. On ne peut s'empêcher de regretter la brièveté de cette partie de l'étude. Les proverbes, les légendes, les contes sont les documents les plus objectifs dont on dispose pour atteindre l'àme populaire. Les observations que font les voyageurs risquent toujours d'être dénaturées par des préjugés personnels, d'être trop rapides et incomplètes. Les dictons, les traditions sont des matériaux qui ont ce grand avantage de pouvoir être considérés à loisir, de pouvoir être étudiés simultanément par des observateurs différents ; un contrôle est ainsi possible qui fait moindre la part des impressions subjectives.

HAGELSTANGE (Adel). — Sûddeutsches Bauernleben im Mittelalter (La lie des paysans dans V Allemagne du Sud au moyen âge) t 268 p. in-8<>. Leipzig, Duncker et Humblot, 1898, M. 5, 60.

Pour nous faire comprendre le paysan allemand d'aujour-

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d*hui, M. Meyer était obligé à chaque instant de parler du paysan d'autrefois ; c'est spécialement la vie de ce dernier que nous décrit M. Hagelstange.

La situation du paysan avait d'abord été très dure au début du moyen âge. Sauf sur certains points (p. 4) où de libres communes d'agriculteurs parvinrent à se constituer et à se maintenir, en général, leur infériorité économique fit tomber les paysans dans un état de servitude vis-à-vis des seigneurs, qui n'avait môme pas l'avantage de leur garantir, en échange, la sécurité de l'existence matérielle (p. 7-ilj. Mais Texcès même du mal suscita le remède. Ne pouvant plus vivre à la campagne, ces malheureux émigrèrent dans les villes qui firent, d'ailleurs, tout le possible pour les attirer (p. li) ; le dépeuplement qui en résulta obligea les seigneurs à adoucir le régime. Les croisades agirent dans le même sens et c'est ainsi que , dès le xm'' siècle, une grande amélioration commence à se faire sentir. La plus grande partie de la population agricole est, dès lors, composée de fermiers emphytéoles (p. 13), qui, tout en se trouvant encore dans un état marqué de dépendance vis-à-vis des propriétaires du sol, n'étaient pourtant plus à la merci de ces derniers. Le paysan n'était plus dépouillé de tous droits (p. 37). Aussi, à partir de ce momentt commence-t-il à jouer un rôle dans les œuvres littéraires du temps ; il devient un type classique que les écrivains se plaisent à peindre de mille manières. On se moque beaucoup du luxe de mauvais goût qu'il affecte et qui contraste avec son aspect et ses allures que le temps n'avait pas dégrossies. Il prenait volontiers des airs de seigneur; ce qui est la meilleure preuve du changement qui s'était fait dans sa condition (p. 38-04).

Quoiqu'il ne le dise pas expressément, il semble que ce soit surtout ce paysan aisé que l'auteur ait en vue dans les descriptions qui suivent. Il nous dépeint d'abord ses mœurs domestiques. Le tableau qu'il en trace est quelque peu idyllique. Ce n'est pas que les traits rapportés ne soient exacts ; mais ils auraient besoin d'être complétés par des traits différents ou contraires, qui fissent mieux sentir ce que l'esprit rural avait de dur et de grossier. Un fait est pourtant certain : c'est le haut prix attaché à la fidélité conjugale. C'est ainsi que, pour certains crimes, la peine consistait à faire déshonorer la femme du coupable fp. 70). La vertu des jeunes filles était même parfois protégée par des peines assez graves qui

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s*appliquaieQt égalemeut au séducteur et à sa \iciime (ibid.). La femme ne laissait pas, d'ailleurs, de passer pour une créature de second ordre. Elle ne pouvait pas être témoin ; elle était parfois punie tout autrement que Thomme ; elle ne pouvait pas hériter des meubles (p. 79). Elle ne jouissait de véritables privilèges que dans deux cas : pendant la grossesse et pendant les couches. Enceinte, elle pouvait satisfaire impunément ses envies en fait de fruits, légumes, poissons, gibier, môme aux dépens d'autrui; et l'accouchée avait des droits analogues (p. 79 et suiv.). A remarquer que, dès ce moment, le principe de la société conjugale, pour ce qui concerne les biens, était celui de la séparation (p. 73). Il y a là une particularité des coutumes germaniques qui a eu une grande influence sur notre droit. — Les domestiques faisaient partie de la famille, s'asseyaient à la table des maîtres, sauf chez les grands propriétaires. La coutume, TÉglise intervenaient pour les protéger (p. 93 et suiv.). L'auteur reconnaît toutefois que les salaires étaient misérables, « môme, dit-il, si Ton fait abstraction de nos idées actuelles ». Au commencement du moyen âge, ils ne comprenaient que l'entretien, une chemise ou un mauvais vêtement par an, et quelques schillings (p. 96 et suiv.). Il y a peu à dire sur la vie économique' qui, suivant la remarque de l'auteur (p. 100), n*a pas très sensiblement changé depuis cette époque, tant est lente révolution de l'industrie agricole. L'élevage en était la matière principale; la culture des céréales venait en second lieu ; le jardinage, la culture des fruits n'apparut quç plus tard. Cependant, elle était en voie de progrès marqués à la fin du moyen âge. — Sous leurs deux premières formes surtout, les travaux agricoles présentaient cette particularité d'ôtre étroitement réglementés par la commune. C'est la commune qui fixait la manière dont les années de jachère devaient alterner avec les années de culture, la date des récoltes, des semailles, la manière dont les champs devaient être bornés, dont les troupeaux devaient

,1^ Nous laissons décote une description de la maison (lui n'ajoute pas beaucoup à celle que M. Me ver nous a dt»nnée. A noter, pourtant , ce fait que chaque famille a ses armes : elles étaient marquées sur les instruments de Tairriculture. sur les ustensiles du ménage, sur les bornes de la propriété, etc. Elles étaient entourées d'une grande considération. Elles étaient la preuve qu'on était membre de tel village. Les armes de famille ne sont dimc pas une institution féodale et arislocratique. Elles ont leur origine dans certaines propriétés fondamentales de l'organisation domeslique.

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paître, etc., etc. Parallèlement à cet esprit communautaire, on constate, à l'origine, peu d'échanges. Pendant toute la première moitié du moyen âge, le paysan ne pratique que le troc (p. 126). La monnaie ne commencée jouer un rôle important qu'à partir du xm^ siècle. Au xv% les marchés sont déjà développés (p. 127 et suiv.).

Le chapitre le plus intéressant peut-être est celui qui est consacré aux fêtes et aux distractions. A la suite de Mannhardt, l'auteur montre comment les grandes fêtes populaires que célèbre le christianisme ont leurs racines dans de vieilles pratiques païennes : Pâques (Osterfest), succédané de la fête que les Germains primitifs célébraient, à la même époque de l'année, en l'honneur de la déesse Ostara ; la fête delà Saint- Jean est dérivée des cérémonies magiques qui étaient en usage au moment du solstice ; les fêtes qui étaient de règle à la saison où Ton avait l'habitude d'abattre les animaux nécessaires à l'alimentation pendant l'hiver sont un écho des rites religieux dont était autrefois entourée toute opération de ce genre. La Saint-Nicolas, la Toussaint, la Saint-Martin, le carnaval ont des origines analogues. On explique ainsi, jusque dans le détail, certains usages qui ont survécu. Telle, la coutume des œufs de Pâques, survivance des offrandes d'œufs qui se faisaient jadis au commencement du printemps (p. 225). Un trait commun de toutes ces réjouissances, c'est la violence effrénée avec laquelle on s'y livrait. On ne s'arrêtait qu'à bout de forces. Des repas qui duraient tout le jour, interrompus de temps en temps par des batailles parfois sanglantes, des danses qui dégénéraient vite en dérèglements de toute sorte, voilà en quoi consistaient les fêtes populaires. Le contraste avec la laborieuse et monotone existence de chaque jour était donc à son maximum. L'ampleur des oscillations par lesquelles passe la vie sociale suivant que les jours sont fériés ou ouvrés, est allée en diminuant avec la civilisation.

Nous avons passé sous silence un chapitre sur l'organisation judiciaire du village qui, malgré l'intérêt des renseignements qu'on y trouvera, rompt un peu l'unité du livre et du tableau.

J.-B. PANDIAN. — Indian ViUage Folk. Their Works and Ways {Le peuple des villages indovs). Londres, Elliot Stock, 1897, p. 2t2, in-12.

Composé par un Indou des plus intelligents. Henseignements

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intéressants sur Torganisation des villages, sur les professions, sur les Parias; sur les coutumes du mariage et la façon dont les castes et les familles coïncident avec les professions.

HECKE (Loiis). — Wild Life in southem Seas (La Vie sauvage dans les mers du Sud). Londres, Fislicr L'nwin, 1897, 369 p. in-12.

Récit de voyage agréable à lire, mais où il y a plus d'anecdotes que de faits de nature à intéresser le sociologue. Citons toutefois le chapitre sur les Areois (p. 41-59), société religieuse secrète très puissante jusqu'à l'arrivée des missions chrétiennes. Mais l'auteur se borne à reproduire sur ce sujet ce qu'en a dit Ellis dans ses Rescarches (p. 44 et suiv.). Un chapitre est consacré aux usages polynésiens concernant les relations des sexes et le mariage (p. 266-278) ; mais il ne s'y trouve rien de bien nouveau. A la fin du volume, Fauteur rapporte une légende populaire relative à l'arrivée des blancs et aux premières conversions chrétiennes. Le livre est, d'ailleurs, agréable à lire.

Lee WAHNER. — The citizen of India [Les Cités de VInde). Londres, Macmillan, 1897, p. vni-i77, in-12.

On trouvera dans ce petit livre des renseignements sur l'organisation des villages et surtout des cités de l'Inde, sur ses divisions, les races qui peuplent le pays. Toutes les indications sont données d'une manière élémentaire et, sans exclure les considérations historiques, se rapportent plus au présent qu'au passé.

BRISSALD. — Coutumes des Aryens de TEUjidou-Kouch

\(Bev, gén, du droit, de la lég. et de la jurisp., 1898).

A. SINESSE. — Ueber den gegenwaertigen Stand der "Volkskunde (Etat présent de la science des mœurs populaires). Dresde, 1897, p. xv-92, in-8^

TALLQUIST. — Arabische Sprichwoerter und Spiele (Proverbes et Jeux arabes). Harrassowitz, Leipzig, 1897, p. 152, gr. in-8<*.

m. — MORALITE SEXUELLE. LA FEMME ParxM. DURKIIEIM

RUDECK (Wiluelm). — Geschichte der oeffentliehen Sittlichkeit in Deutschland [Histoire de la moralité publique en Allemagne). léoa, Costenoble, 1897, 447 p. in-8^

Si Tauteur a de son livre un sentiment exagéré (il en parle

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