‹ L'Année sociologiqueChapitre 65 sur 133 · C. "^Le déterminisme économique et la criminalité · texte numérisé non relu

C. "^Le déterminisme économique et la criminalité

Paul HIRSCU. — Verbrechen und Prostitution als soziale Krankheitserscheinungen (Le crime et la prostitution comme manifestation ssociales morbides). Brochure de 77 pages, Berlin, Glocke, 1897.

Scientifiquement considérée, la brochure de Paul Hirsch est une étude criminologique de la ville de Berlin, mais Tambition de l'auteur est d'induire d'observations toutes locales les lois de la formation du criminel et de la prostituée dans la société moderne. Tout en reconnaissant (p. 88) que le criminel et la prostituée ont souvent l'esprit malade et sont atteints de cécité morale, il repousse la thèse lombrosienne et lui oppose celle du déterminisme économique. Il néglige d'étudier la synthèse que Ferri a faite des deux doctrines. Selon cet auteur, on le sait, les luttes industrielles, en stimulant le vagabondage, l'alcoolisme et en occasionnant l'abandon de l'enfance, donnent naissance à la classe des criminels de profession et d'habitude qui multiplient les attentats à la propriété. Hirsch est moins soucieux de l'enchaînement causal. Il s'attache à montrer qu'un certain nombre de conditions sociales ou économiques étant données, savoir les obstacles au mariage, les mauvais rapports domestiques, les conditions d'habitation faites aux prolétaires, les occupations industrielles de la femme, les occupations professionnelles imposées aux écoliers, enfin les crises économiques qui élèvent le prix des subsistances ou abaissent le taux des salaires, le développement du crime et de la prostitution est un phénomène entièrement explicable ; phénomène que la prolétarisation des travailleurs aggrave sans cesse et qu'une révolution économique pourrait seule abolir, bien que des réformes sociales puissent l'atténuer.

Bien que Hirsch apporte sa contribution à l'étude des conditions de la criminalité infantile, contre-coup évident de la dissolution de la société domestique dans les grandes villes industrielles, il dépasse le but : on cherche en le lisant pourquoi, même à Berlin, tous les prolétaires ne sont pas des criminels, toutes leurs filles des prostituées, car les condi-

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tioDS économiques sont les mêmes pour tous. La faiblesse intellectuelle où Tauteur voit un complément d'explication ne semble pas caractériser la criminalité moderne. La vérité est que ce travail est inspiré par un esprit de parti qui cache à Tauteur les vraies conditions d'une recherche scientifique. La vie industrielle n'est pas à Berlin ce qu'elle est dans toute TAllemagne ; elle n'est pas en Allemagne ce qu'elle est dans toute l'Europe. Les grandes capitales attirent à elles une foule de malfaiteurs et de prostituées qu'elles n'ont pas formés. L'accroissement rapide d'une grande ville est lui-même un fait anormal et Berlin a crû plus rapidement qu'aucune ville deTEurope. La grande industrie a évolué plus rapidement en Allemagne qu'en un autre pays, entraînant à sa suite, en des provinces entières, une crise de la vie rurale. Sans doute, les faits dont l'auteur a mis en relief l'importance, les crises industrielles, l'emploi des femmes et des enfants dans l'industrie, la relation inverse entre l'élévation des loyers et celle des revenus concourent indirectement à la criminalité et à la prostitution, en favorisant le vagabondage, l'alcoolisme et l'abandon de l'enfance. Mais ces faits répondent à une dissolution de la famille qui a commencé bien avant le processus industriel moderne. Ils sont loin de présenter partout la même intensité. Ils peuvent être considérablement atténués, même dans les conditions économiques actuelles.

Alfredo NICEFQRO. — La delinquenza in Sardegna (La

criminalité en Sardaigne), 1 vol. in-18, :203 pages. Palerme, Sandron, 1897.

A. NICEFORO. — Criminalita e condizione economiche in Sicilia (Criminalité et conditions économiques en Sicile), in Rivista scientifica del diritto. An. I, fasc. VIII, IX. Rome, Lœscher.

Les deux études d'Alfred Nicetoro se complètent ; rapprochées, elles laissent découvrir et la méthode de l'auteur et l'hypothèse qui le guide. La méthode est la monographie; l'hypothèse est celle du déterminisme économique combinée avec la thèse fondamentale de l'anthropologie criminelle. En d'autres termes, l'auteur, dont nous analysions ici l'an dernier les études sur l'argot et l'émigration, est un disciple de Ferri, mais il cherche à soumettre la doctrine du maître au contrôle

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d'expériences instituées à Taidede la méthode monographique. Outre rintérôt propre qui s'attache aux résultats d'une enquête consciencieuse et bien délimitée, la discussion des thèses du déterminisme économique tient une trop grande place dans toutes les branches de la sociologie pour que l'occasion de l'instituer exactement ne soit pas acceptée avec empressement.

I. — Si ritalie tient la première place dans la grande criminalité européenne, la Sardaigne tient la première place dans la criminalité italienne. Dix mille Sardes occasionnent aux juges d'instruction 178 affaires, tandis qu'une population également nombreuse en donne 159 dans le Latium, 124 dans les Calabres, 115 dans la Basilicate, 100 en Sicile, 97 en Campanie et seulement 48 en Lombardie. C'est la Sardaigne qui fournit le plus de condamnés à Vergastolo * et à la réclusion pour plus de quinze ans. Enfin, le vol à main armée (grassazioue) est une forme du crime spéciale à la Sardaigne où elle garde une généralité et une ampleur qu'elle a perdues dans l'Italie méridionale et même en Sicile. Cette lie est une région bien délimitée dont la population et la constitution économique sont aisées à décrire. La criminologie a donc intérêt à la prendre comme sujet d'étude.

Or celui qui, après avoir voyagé dans l'île, reçoit les renseignements de VOffice statistique, se rend compte que toutes les régions ne contribuent pas dans la même proportion à l'activité criminelle. La Sardaigne présente à l'observateur une zone criminelle dont les frontières peuvent être exactement dessinées. Cette zone est comprise dans la province de Sassari qu'elle n'embrasse pas tout entière ; c'est le territoire de Nuoro et le haut Ogliastra (Lanusei), (p. 31), région de forêts et de pâturages.

L'enquête se trouve ainsi mieux circonscrite.

L'auteur indique l'étude du facteur individuel et celle du milieu. La première embrasse la race, le tempérament, le sens moral; la seconde, les conditions économiques, la viabilité, l'état juridique des terres, l'administration de la justice. La conclusion est que la criminalité sarde ne peut être diminuée que par une modification de l'assiette économique, modifica-

(i) C'est Vergastolo, prison cellulaire aggravée, qui a reuiplacé en Italie la peine de mort.

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416 l'axnée sociologique. 1898

tioD qui exige une reconstitution préalable de Tautonomie de

nie.

La zone délinquante nous présente une race qui partout se montre plus disposée à la violence, plus capable d'impulsion homicide que les autres populations européennes. C'est u n fragment de cette race que Sergi a nommée méditerranéenne; c'est elle qui donne à la statistique criminelle de TEspagne et de l'Italie méridionale sa physionomie propre. En Sardaigne, cette race n'a pas dépassé Tétat pastoral et le niveau moral qui partout y répond, la morale des Bédouins et des Turcs de l'Asie centrale. Les bergers du Nuoro et de l'Ogliastra célèbrent dans les chants dont ils bercent leurs enfants le bardana, l'agression d'une diligence ou d'une riche maison de la côte, comme les nomades asiatiques chantent une razzia heureuse. Dans ces chants, dont Niceforo cite un frappant spécimen, le gendarme italien est l'ennemi, celui qui renseigne la justice est un espion. Frapper cet espion et cet ennemi est mieux qu'une action permise, c'est un devoir qu'il serait déshonorant d'éluder. La conséquence est que dans le Nuoro une agression s'organise comme une partie de chasse et qu'il y a constamment dans ces villages génération spontanée d'associations entre malfaiteurs. L'auteur voit là un fait d'atavisme social, un arrêt du développement moral conditionné par le tempérament de la race et par les occupations.

Mais il reste à expliquer pourquoi les attentats à la propriété sont si fréquents même en dehors de la zone criminelle. C'est l'analyse de l'état économique de l'île qui y répond. Niceforo s'étudie à nous faire un tableau exact de la grande et de la petite propriété, de la condition du grand propriétaire, du petit cultivateur, ainsi que du salarié des villes et des campagnes. Le latifundo est une solitude; la région où il domine offre l'image du désert. La petite propriété végète dans un état d'inertie et de routine qui rend son possesseur incapable de tirer du sol la subsistance de sa famille. La sécheresse, les gelées, les avalanches suffisent à le plonger dans une détresse absolue, qui le livre aux usuriers. (Notons que l'usure est exercée d'ordinaire par le grand propriétaire.) — Les salaires sont assez élevés dans les villes, mais dans les campagnes ils répondent à l'état misérable de la propriété. Le développement de la viabilité pourrait stimuler l'activité économique des Sardes; ici comme ailleurs, la locomotive pourrait faire reculer le brigandage. Maison n'y songe pas. Sur 14.600 kilo-

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mètres de chemins de fer exploités dans le royaume, on n'en compte que 414 dans l'île. En dix ans (de 1884 à 1894), trois kilomètres seulement y ont été construits.

L'union de la Sardaigne à l'Italie a plutôt contrarié que favorisé le progrès. L'application de la législation piémontaise sur la propriété foncière a été considérée par les bergers comme une spoliation rendant légitime toute représaille; Finstitution du jury a multiplié les acquittements qui sont plus nombreux dans Tile que dans la plupart des provinces italiennes.

II. — La Sicile vient immédiatement après la Sardaigne. Elle occupe en effet le second rang pour les homicides qualifiés, les rapines, les crimes contre les bonnes mœurs, le troisième rang pour les homicides simples, les viols, les faux témoignages, etc., et cette situation va plutôt s'aggravant. L'auteur la soumet à une étude monographique, où il se montre plus particulièrement préoccupé de découvrir le déterminisme économique des délits, déterminisme dont il discerne ici les effets indirects à côté des effets immédiats.

Comme la Sardaigne, la Sicile a une zone criminelle; des sept provinces entre lesquelles Tile est partagée, il en est trois dont la contribution en ce genre dépasse de beaucoup celle des autres : ce sont les provinces de Girgenti, de Caltanissetta et de Catane. Si donc l'état social et économique de la Sicile tout entière doit être examiné, la cause de Tintensité des phénomènes criminologiques doit cependant être cherchée parmi les circonstances propres à ces trois provinces..

Or dans les provinces de Girgenti et de Caltanissetta prédominent la production minière et la grande propriété féodale (latifundo), dans la pravince de Catane ainsi que dans celle de Messine la petite propriété, vouée à la culture de la vigne et du citronnier. Mais ces trois formes de l'activité économique font à la population qui vit du loyer de ses bras une condition également misérable et toutes trois subissent depuis plusieurs années, par suite de la concurrence étrangère, une dépression profonde. De là des facteurs de la criminalité agissant directement ou indirectement.

L'organisation économique de la Sicile est une pyramide au gommel de laquelle est la classe des grands propriétaires de la terre ou des minières de soufre; au milieu, l'intermédiaire, affituario de la minière, gabelloto du grand domaine,

E. DoRKHEiM. — Année sociol., 1898. 27

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418 l'année SOGIOLOGlyUE. 1898

arbitriante ou massaro dans les petites ou moyennes exploitations; au bas le mineur ou le prolétaire de la campagne. La classe des propriétaires extrait de ses domaines le revenu le plus fort possible et rejette le fardeau des charges fiscales sur les intermédiaires; ceux-ci recourent à Tusure pour se dédommager. L'ouvrier des champs est payé en denrées; il reçoit pendant la morte saison des aliments de qualité médiocre ou mauvaise, avances qui le conslituent peu à peu débiteur insolvable. Sur ses épaules débiles la pyramide pèse de tout son poids.

C'est donc lui qui subit le contre-coup des crises économiques. Or le grand domaine féodal produit surtout des céréales dont la concurrence américaine déprécie la valeur. Le soufre, dont la Sicile avait le monopole, subit en Amérique et en Angleterre la concurrence des pyrites. La petite propriété n'est pas moins éprouvée; des capitaux considérables ont été absorbés par les plantations de citronniers, mais le débouché américain est aujourd'hui fermé.

Cet état économique engendre deux facteurs directs de la criminalité, la lutte des classes et la latitanza. Le salarié hait rintermédiaire qui l'exploite pour le compte de la propriété et parfois il en fait sa victime. Dans les solitudes des grands domaines, il trouve facilement un refuge. Ces étendues immenses où Ton chevauche des heures sans apercevoir ni un village ni un jardin appellent à eux ceux que la justice recherche. Le kuilante, l'homme qui se soustrait à la justice, y devient facilement un bandit.

Les effets indirects de Tétat économique ne doivent pas être négligés. Ils sont les uns physiques, les autres moraux. Les mineurs des soufrières sont atteints de dégénérescence comme le prouve rabaissement constant de la taille parmi eux. Le prolétariat sicilien tout entier est mis dans Timpossibilité d'éprouver les émotions élevées et délicates de Taltruisme.

m. — Nous ne saurions prétendre faire en quelques lignes la critique d'études aussi nourries et aussi approfondies. Il nous semble toutefois que la thèse du déterminisme économique ne sort pas victorieuse des expériences auxquelles l'auteur l'a soumise. Niceforo se défend sans doute de l'appliquer à la criminologie d'une façon unilatérale. Il fait une large place au facteur individuel ou biologique, mais il doit le localiser dans la race et c'est ici qu'il prête le flanc à Tobjec-

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ANALYSES. — STATISTIQUE MOBALE 419

tion sociologique. Qu'il existe ou non une race méditerranéenne, rien n'autorise à penser que le tempérament de cette race prédispose à Thomicide ou au brigandage les individus qui la composent, si aucun facteur social ne s'y joint. Les races les moins élevées, celles qui présentent le niveau mental et émotionnel le plus simple et la plus grande excitabilité, la race noire africaine par exemple, ne paraissent nullement portées à Thomicide aussi longtemps qu'elles vivent dans des conditions sociales normales, si inférieures qu'elles soient.

Expliquer un fait social par les attributs psychologiques de la race, c'est donc se payer de mots. L'auteur rattache, il est vrai, les homicides et les agressions commis par les bergers du Nuoro à un arrêt du développement moral, arrêt dont la constitution cérébrale de la race serait la cause. Nous pensons que l'arrêt de développement (ou mieux la régression) est réel, mais qu'il est tout social et nous croyons en trouver la cause dans les conditions de l'évolution religieuse et politique de l'Europe méridionale depuis la fin du moyen âge. Aujourd'hui, l'Espagne (moins la Catalogne), la Sardaigne, la Sicile, et peut-être la Corse, enfin les anciens États romains et napolitains ont à peu près la même criminalité. On cherche la cause de cette identité morale dans une identité de race et l'on suppose que la race méditerranéenne ne saurait s'adapter à une civilisation élevée. Mais au moyen âge, ces mômes peuples initiaient l'Europe du nord aux arts, aux sciences, au commerce et au droit. L'explication de leur état actuel ne devrait-elle pas être cherchée au contraire dans le régime mental et juridico-politique qui a pesé sur elles depuis la fin du XV® siècle jusqu'aux révolutions modernes, régime que plusieurs causes les empêchaient de secouer?

Si l'auteur préfère l'explication anthropologique à l'explication tirée de l'évolution politico-religieuse, c'est précisément parce qu'il est partisan du déterminisme économique, c'est parce qu'aux yeux des chefs de son école l'organisation de l'État et de l'Église, les règles politiques et les règles religieuses n'ont point d'existence en elles-mêmes, indépendamment de la structure économique, des conflits qui en résultent et des effets indirects exercés ainsi sur la formation des caractères et des esprits. On estime en conséquence que tout ce qui n'est point économique n'est point social et ne peut être attribué qu'au facteur individuel. Maison oublie trop souvent que le déterminisme économique est une hypothèse aussi

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Z-r* 5: 420 L*ANNÉE SOCIOLOGIQUE. 1898

;!• [ hardie que contestable et qui, en aucun cas, ne saurait être un

postulat.

Introduite en criminologie, cette hypothèse nous semble

5^, ' propre à jeter des nuages sur les faits plutôt qu'à les éclairer.

La double étude de Niceforo en est la preuve. La Sicile et la Sardaigne sont des pays restés en dehors du grand mouve-

; ment de la civilisation capitaliste. Economiquement ces îles

• forment une /fa/ta 6ariara'. L'industrie manufacturière, la banque, le commerce n'y ont qu'une existence embryonnaire ; les industries agricoles et extractives y présentent seules quelque activité. On ne saurait donc découvrir en ces pays Faction des causes qui font apparaître chez ceux du nord et du centre de l'Europe les criminels de profession et d'habitude, crises de surproduction, vagabondage des salariés, travail des femmes et des enfants dans les ateliers, etc. A son insu, Niceforo bat en brèche la thèse qui impute la criminalité moderne à l'industrie capitaliste. Si ses inductions sont fondées, celles de MM. Ferri, Florian, Cavaglieri, Ferriani, Hirsch, Heim, doivent être rejetées. Des états économiques opposés ne sauraient exercer le même eiîot sur le développement moral. Si l'industrialisme de l'Angleterre et des pays qury ressemblent est un milieu où se forme spontanément la classe des délinquants qui attentent à la propriété, le régime économique de la Sardaigne et de la Sicile devrait conserver chez la moyenne des hommes une probité stricte. Des faits précis sont cependant cités à l'appui de chaque thèse? Qu'en conclure sinon que la thèse générale est mal établie et que l'ampleur du processus criminel ne doit pas être attribuée à rétat industriel moderne, mais aux crises qui accompagnent la destruction plus ou moins complète et plus ou moins rapide de l'état économique, disons mieux, de l'état social ancien? Mais la méthode monographique est-elle propre à élucider de telles questions? Certes, le savant ne saurait être trop soucieux d'exactitude ; il ne saurait trop circonscrire le champ de ses observations. Mais la monographie ne doit être pour lui qu'un élément de comparaison. Elle reçoit toute sa valeur des

\ travaux qui viennent la compléter. Niceforo a étudié deux

r, fragments de la société de l'Europe méridionale. Mais l'Europe

méridionale ne peut être bien comprise que si on la rapproche

i de l'Europe orientale qui est à un stade d'évolution inférieure

(1) Titre d'un autre ou\Tage de Niceforo.

ANALYSES. — STATISTIQUE MOUALE 421

et de l'Europe nord-occidentale (Angleterre, France, Allemagne, Bohême, Pays-Bas , Scandinavie) qui est à une phase plus avancée. On est convaincu alors que la criminalité sarde et sicilienne doit refléter non la mentalité d'une race inférieure, stimulée par le régime capitaliste, mais une grande crise qui est politique, morale et religieuse autant qu'économique, crise que la connaissance historique d'un très long passé peut seule faire comprendre.

FOUNASARI Di VERCE. — Le morti per pellagra, alcoolismo e suicidio in Italia (Les morts dues à la pellagre^ à l alcoolisme et au suicide en Italie), in Rivista sperimentale di freniutria, brochure in-S*», 15 p. Reggio d'Emilie, Calderini et fils, 1898.

L'objet de l'auteur est de d<'*montrer que la marche du suicide en ItaUe reflète les variations de la vie économique de la nation, variations qui trouvent également leur expression dans la mortalité due à l'alcoolisme et à la pellagre. La contribution de la pellagre à la mortalité italienne s'est abaissée de moitié dans les années prospères de 1881 à 1886 (de 4,8 de 2,3, sur 10.000 h.) en ne tenant compte que des chefs-lieux de province et d'arrondissement. De 1887 à 1896, années de crises, il y a eu tendance à l'accroissement. C'est au nord, en Vénétie, que le maximum de ces décès est consulté. De 1881 à 1886, le chiffre des décès dus à ralcoohsme subit un abaissement réguher (sur 10.000 morts en 1881, 17,1 ; en 1886, 11,7). La contribution de l'alcoolisme devient plus forte à dater de 1887 et croît jusqu'en 1893.

Dans le Latium et le Napolitain, les décès dus à l'alcoolisme sont de moins en moins fréquents ; le contraire arrive dans la Ligurie, la Lombardie, la Vénétie et les Marches.

Or de 1881 à 1896 la statistique du suicide constate un mouvement ascendant. De 890 cas en 1872 on arrive à 1.343 en 1881 et à 2.000 en 1896. Mais l'accélération aurait daté de 1881.

Il est à noter que l'auteur ne constate nullement un abaissement du suicide pendant la période prospère (1881-1887) et qu'ainsi la valeur de sa thèse est singulièrement affaibhe.

D. — Formes diverses et facteurs divers de la criminalité (Races, stades de culture, crises sociales).

DUPOUY (D' E). — La prostitution dans l'antiquité, 4« éd. Paris, Société d'éditions scientifiques, 1898, p. 331, in-8*».

L^étude sociologique et criminologique de la prostitution ne peut laisser de côté les mesures de législation et de police

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422 L'aXNKE sociologique. 18i>8

que les Etats, au uom de Thygièue et de la morale, ont cru devoir prendre contre ce mal. Cette étude ne peut être scieutifique qu'à la condition d'être génétique. A cet égard, rouvrage du D*" Dupouy n'est pas dénué d'intérêt sociologique. Selon une opinion encore accréditée, la prostitution ne serait pas autre chose qu'une survivance ou une restauration de la prétendue promiscuité primitive. Sans attaquer directement cette thèse, l'auteur donne de sérieuses raisons de lui en préférer une autre. Il distingue trois formes de la prostitution, la prostitution hospitalière, constatée chez quelques peuplades sauvages et dont l'histoire croit découvrir certaines survivances à Sparte, Ir prostitution sacrée de l'ancien Orient et de l'Inde moderne, enfin la prostitution légale des États contemporains. Laissant de côté la première, il consacre son livre à la prostitution sacrée et à sa transformation en prostitution légale en Grèce et à Rome. La fille soumise d'aujourd'hui n'est que la dictériade d'Athènes; le dicterion athénien, dont i'institution est attribuée à Solon par la légende, n'est qu'une adaptation aux mœurs et aux croyances grecques du temple d'Astaroth où les hiérodules sont vouées à la satisfaction des appétits sexuels, leur salaire étant consacré à l'entretien du temple et de ses prêtres. La prostitution sacrée elle-même dérive du culte du phallus symbolisant les forces créatrices de la nature vivante, culte dont la vénération des Hindous pour le lingam est la survivance la plus connue. L'auteurétudie la prostitution sacrée dans l'Inde, en Egypte, à Babylooe, en Phénicie dans les colonies phéniciennes de la Grèce (Cypre, Cythère) à Corinthe et chez les Etrusques.

Il montre comment un devoir religieux, imposé d'abord à toutes les femmes, se transforme en une contribution pécuniaire pour Tentretien d'esclaves qui devinrent les hiérodules.

On souhaiterait que Tauteur se filt moins appuyé sur d^^ documents de seconde main et qu'il eût soumis les sources à une critique plus sévère. On regrettera surtout qu'il tire de ses études une conclusion favorable à l'institution actuelle de la police des mœurs, institution qui ne survivrait pas à la connaissance de ses origines. Involontairement, en efîet, l'auteur montre que la morale sexuelle est progressive bien que sujette à des arrêts de développement. Néanmoins, il a eu le mérite de prouver la nécessité d'étudier le rapport entre la prostitution et les croyances religieuses qui ont précédé les religions éthiques.

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ANALYSES. — STATISTIQUE MOHALE 423

D' MATIGNON. — Le suicide en Chine {in Archives d'Anthropologie criminelle, t. XII, n*" 70). — V auto-crémation des prêtres bouddhistes (Ibid,, t. XIII, n°73).

L'auteur, déjà connu par ses études sur Tinfanticide en Chine, soumet à un examen minutieux le phénomène du suitide dans la société chinoise. L'étude qu'il consacre à une forme très remarquable du suicide religieux, l'auto-crémation des prêtres bouddhistes, fait suite à la première et la complète. Sans doute, M. Matignon procède plutôt en psychologue qu'en sociologue ; il classe les diiïérents mobiles du suicide plutôt qu'il n'en distingue les types sociaux. Mais la psychologie telle qu'il la comprend n'est pas individualiste, unilatérale ; les mobiles de l'individu ont leurs conditions dans le milieu social. C'est ce milieu qui en détermine. l'apparition et en règle l'intensité. En le lisant, on se convainc qu'on attache un nom unique à des actes totalement diiïérents, exprimant les relations les plus opposées entre la société et l'individu.

Laissant de côté la distinction psychologique des mobiles, nous rattacherons le suicide à la vie de famille, à la vie religieuse, aux dispositions individuelles. En procédant ainsi, nous croyons d'ailleurs rester d'accord avec l'esprit de l'auteur.

M. Matignon estime que le suicide est en Chine extrêmement fréquent. Il ne peut sans doute donner de nombres exacts, la Chine n'ayant pas d'office statistique, mais, d'après l'estimation des missionnaires, on compterait un suicide sur 2.000 habitants. C'est à peu près le taux constaté dans la Saxe royale (480 pour un million d'habitants). Des états sociaux très opposés peuvent donc donner à la mort volontaire une contribution numériquement égale.

Cette conclusion serait inintelligible si la mort volontaire avait le même sens dans les deux cas.

La vie domestique est une source du suicide. L'intégration de la famille chinoise peut seule rendre compte d'un fait jusqu'ici inconnu en Europe, la fréquence du suicide chez les femmes. L'auteur distingue deux types différents du suicide féminin. L'un est un véritable sacrifice humain accompli volontairement, sacrifice de la veuve à la mémoire du mari. C'est le suicide par fidélité conjugale, forme adoucie des suttees de l'Inde. On élevait jadis des portiques à la mémoire des

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424 l'année sociologique. i898

veuves qui le commettaient, mais les empereurs ont interdit ces liommages. L'autre type est un acte de désespoir et de colère. C'est la rupture violente avec une communauté tyrannique ou avec l'autorité taquine d'une belle-mère.

Le couvent bouddhiste est le loyer d'impulsions suicides d'une autre nature; le religieux bouddhiste se brûle par esprit de sacrifice, pour faire acte de détachement. C'est en même temps une preuve de dévouement qu^il donne à soq ordre. La crémation volontaire est une acte solennel, très admiré des fidèles, acte qui accroît la renommée du couvent et y fait affluer les dons.

Mais le suicide n'a pas toujours ce caractère altruiste. C'est très souvent une manifestation du moi offensé. Encore faut-il en distinguer deux formes dont la première semble être propre à la société chinoise. Ce sont : 1° une forme indirecte de la vendetta ; 2** une expression du point d'honneur (suicide pour perte de face).

En revanche la misère, quoique très grande, notamment dans la Chine du nord, est rarement une cause de mort volontaire. Les suicides commis par les mendiants sont des actes de vengeance.

L'auteur nous laisse le soin de tirer la conclusion. Le sens des faits qu'il a recueillis est très clair pour le sociologue. La Chine nous ofîre une transition du suicide primitif qui est une sorte de sacrifice de l'individu à la communauté, sacrifice souvent consacré parla religion, au suicide moderne, rupture de la personnalité avec un milieu social par lequel elle se juge ou froissée ou délaissée. Nous comprenons ainsi que le second ait pu dériver du premier par voie d'imitation. Le suicide moderne est une affirmation, en même temps qu'une destruction, de la personnalité. Cette contradiction inintelligible à la psychologie et à la morale s'explique clairement si l'on rattache le suicide à un état social où, même subjectivement, la personnalité ne compte pour rien.

Alexandre BÉRARD. — Sur l'anarchie. Documents d'études sociales. 1 vol. in-S**, 167 pages. Lyon, Storck, éditeur, 1897.

M. Bérard consacre trois études aux Mystiques de l'anarchie, aux Hommes et aux théories de l'anarchie, aux Crimes anarchistes. 11 fait suivre ces documents : 1^ d'un article bien connu de Lombroso sur V Anarchie et ses héros; 2o du rapport pré-

sente au Cougrès de Genève (1896) par M. Van Hamel sur l'anarchisme et le combat contre Tanarchisme.

L'auteur a été longtemps magistrat et attaché aux parquets de Lyon et de Grenoble, villes qui ont vu les débuts du crime anarchiste et le plus mémorable des attentats de la secte. Il pouvait donc nous donner uoe étude objective, à la fois psychologique et sociologique sur la secte anarchique en France. Mais en môme temps, M. Bérard est homme de parti et a Thabitude du plaidoyer 11 s'est donc surtout attaché à combattre la thèse qui fait peser la responsabilité de l'apparition de la doctrine et du crime anarchiste sur les institutions républicaines et la sécularisation de renseignement primaire. Nous croyons comme lui que cette thèse est fausse et propre surtout à égarer ceux qui cherchent des remèdes au mal. Mais le plus sûr moyen de convaincre d'erreur ceux qui la professent ou feignent de la professer serait de procéder à une étude vraiment scientifique et comparative dont les éléments ne seraient pas malaisés à réunir.

A notre avis, il faudrait distinguer entre la doctrine anarchiste et les formules de tactique du parti. La doctrine est le communisme libertaire, le communisme sans une véritable organisation collective; la tactique» c'est la lutte individuelle substituée à la « conquête des pouvoirs publics par le prolétariat » ; elle implique par suite une grave déviation de l'idée du droit individuel de défense. Les anarchistes sont donc des communistes dissidents, des communistes défiants à l'endroit du suffrage universel et même de l'association professionnelle. Par suite, leur histoire ne peut être séparée de celle du mouvement socialiste en Europe. Or la comparaison des diverses sociétés européennes nous montrerait la secte anarchiste très forte en Italie et en Espagne, médiocrement forte en France, faible en Angleterre et en Allemagne. Elle répond donc à l'arrêt de développement que l'ignorance populaire et les mœurs politiques opposent à l'association professionnelle ou même à la formation normale d'un parti ouvrier. D'ailleurs, les Trade Unions anglaises recoururent à l'origine à des procédés terrifiants, comparables à ceux des anarchistes français, espagnols ou italiens. Les explosions et les meurtres de Sheffield en 1866* rappellent trait pour trait les récents crimes de

(l) Comte de Paris, Les associatiofts ouvnères en Angleterre, ch. i. Les crimes de Sheffteld.

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426 l'année sociolooiqck. 1898

Barcelone, de Lyoo ou de Paris. Faciliter Tessor des associatioDS ouvrières serait ainsi Tunique remède à opposer à l'anarcbisme.

Mais M. Bérard, qui énonce en plusieurs passages des idées fort justes sur l'évolution sociale, préfère se livrer à une psychologie de raoarchiste. Une telle méthode le conduit à des conclusions contradictoires. L'anarchiste nous est peint par lui tantôt comme un mystique, tantôt comme un criminel de droit commun. La synthèse de ces assertions contraires, c'est que l'anarchiste serait parmi nous une sorte de réapparition de l'inquisiteur de l'ancienne société catholique. Mais, outre que l'inquisiteur était l'organe d'une société, féroce sans doute, mais régulière, est-il possible d'identifier l'homme qui commet un attentat à la vie de ses semblables sous l'empire d'une foi profonde ou, si l'on veut, d'une idée fixe d'origine religieuse ou morale, à celui qui est conduit au crime par l'appétit violent des jouissances personnelles? D'ailleurs, M. Bérard ne se livre pas à de grands efforts pour démontrer le mysticisme des anarchistes. L'un a été novice dans un couvent, un autre servait la messe dans son enfance, un troisième était crédule au spiritisme. Autant de mystiques î Mais le spiritisme et le catholicisme n'ont rien de commun et l'Église catholique, qui fut toujours beaucoup plus sévère aux mystiques qu'aux rationalistes, est aujourd'hui plus que jamais éloignée du mysticisme. Les superstitions lucratives de notre temps ne procèdent guère du sentiment profond qui dictait à Gerson Vlnterndle consolation^ ou à Fénelon les Maximes des Saints.

Le fanatisme, sans lequel les grands crimes anarchistes seraient inexplicables, a sa cause non dans une doctrine, mais dans cet esprit de secte que Scipion Sighele a si finement décrit et analysé. Ou en trouverait l'équivalent sans doute chez les sectes religieuses de l'Orient ou du xvr siècle, mais on le rencontrerait aussi chez les sectes politiques de notre siècle et du précédent. Louvel et Fieschi, Orsini et Nobiling ressemblent trait pour trait à Caserioet à Angiolillo. C'est la même fixité de l'idée impulsive, la môme étroilesse d'esprit. Dans tous les temps, le châtiment des criminelspolitiques aété d'être parodiés par les criminels de droit commun. La secte héberliste en 1792 et en 1871 a peut-être mieux vérifié cette loi que la secte anarchiste contemporaine. La secte antisémitique qui prêche le meurtre et pratique le pillage avec uae

impunité presque absolue ea fournit sous nos yeux une nouvelle démonstration. Bref, Tanarchisme n'est point pour la criminologie un fait exceptionnel, mais il apporte une vérification nouvelle à des lois générales bien établies.

ORCILVNSKY. — Les criminels russes et la théorie de C. Lombroso {Arch, di psichialriay etc., vol. XIX, fasc. 1).

Le mémoire du professeur de KharkofF oppose la théorie sociologique des facteurs du crime à la théorie anthropologitiue, avec Tappui de la statistique criminelle de la Russie et des observalions, malaisées d'ailleurs, faites sur les prisons russes. Ajoutons que l'auteur n'est pas en socioloyie un adepte exclusif du déterminisme économique et qu'à côté de la répartition des richesses il admet d'autres iuUuences sociales.

Les criminels russes ne forment pas une classe à part, encore moins une variété anthropologique. Les maladies mentales ne sont pas plus fréquentes parmi eux que dans l'ensemble de la population, où elles sont rares (4 p. 1000). Les traits psychologiques qui les distinguent, insouciance, imprévoyance, irréllexion, sont ceux des classes populaires en Russie. En revanche, la criminalité russe présente trois grands caract^res : 1" elle est liée aux déplacements de la population, soit vers la région agricoUî (|ui s'étend d'Odessa à l'Oural et qui est depuis longtemps la véritable colonie de la Russie (Ouralo-Povoljé), soit vers la région industrielle qui entoure Momou ; 2<» elleest liée à la vie domestique et à la vie communale. L'adultt'^re entre beaux-pères et brus, très fréquent, a souvent le parricide pour conséquence et les ftUes communales amènent des rixes sanglantes entre villages voisins ; 3" cette criminalité a pour expression la tendance à l'association, bien que l'association de malfaiteurs n'ait pas en Russie l'ampleur et l'organisation savante des sociétés analogues qu'on observe en Espagne et dans l'Italie méridionale. La conclusion de l'auteur est que la criminalité russe, phénomène purement sociologique, correspond à la dissolution rapide d'une civilisation primitive.

A. FlCAl. — I coefûcienti biologie! e sociali dei reati sexuali

iCoeffk'ients biologiques et sociaux des dèlils sexuels) y in Scuola positiva, janvier 1898.

L'auteur cherche à combler une lacune qui est « le manque d'une étude complète sur les manifestations criminelles sexuelles dans leurs rapports avec tous les coeflicients principaux du délit ». Il se contente de l'étude des chiffres fournis parle statistique criminelle de l'Italie. Elle lui permet de mettre en évidence trois faits généraux :

1^ Les crimes sexuels croissent comme la température, du nord

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au midi. De la Lombardie à la Sicile raccroissement est de 900 p. 100;

2^ Le nombre des crimes sexuels est en rapport inverse avec celui

des maladies et des cas de dégénérescence, en reUition directe avec

'" [îrgie physiologique des individus, attestée notamment par le

: de la natalité. Le nombre des hospitalisés, des réformés pour

îpsie, crétinisme, goitre, maladies mentales, décroît du nord au

Au contraire, le taux de la natalité est en relation directe avec

froissement des crimes contre les personnes;

Les crimes contre les manirs obéissent à la même loi que les les contre les personnes. On sait combien le tiiux de l'homicide plus élevé dans ritalie du Sud que dans l'Italie du Nord. Ajou- 1 à cela que les crimes contre les mœurs sont plus nombreux ù le suicide est moins fréquent et l'instruction populaire moins îloppée.

ILIA. — Dei delitti de libidine e de alcuni reati afflni, 2"^ éd., Naples, Anfossi, 1898.

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