‹ L'Année sociologiqueChapitre 97 sur 133 · ANALYSES. — MORPHOLOGIE SOGL^LE · texte numérisé non relu

ANALYSES. — MORPHOLOGIE SOGL^LE

contact ea les réunissant sous une même rubrique ; elles prendront ainsi le sentiment de leur unité. On verra plus loin comment une école de géographie est en train de tenter une synthèse assez analogue sous le nom de géographie politique. Mais nous craignons que cette expression n'expose à des confusions. 11 s'agit, en effet, d'étudier, non les formes du sol, mais les formes qu'affectent les sociétés en s'établissant ,/ surJe,sol; ce qui est bien différent. Sans doute, les cours ^ ;d'eau, les montagnes, etc., entrent comme éléments dans la constitution du substrat social ; mais ce ne sont pas les seuls, ni les plus essentiels. Or ce mot de géographie induit presque fatalement à leur accorder une importance qu'ils n'ont pas ; on aura l'occasion de s'en apercevoir. Le nombre des individus, la manière dont ils sont groupés, la forme de leurs habitations ne constituent à aucun degré des faits géographiques. Pourquoi donc conserver un terme qui est à ce point détourné de sa signification ordinaire? Pour ces raisons, une rubrique nouvelle nous paraît nécessaire. Celle que nous proposons a l'avantage de bien mettre en relief l'unité de l'objet sur lequel portent toutes ces recherches, à savoir les formes sensibles, matérielles des sociétés, c'est-à-dire la nature de leur substrat.

La morphologie sociale ne consiste pas, d'ailleurs, dans une simple science d'observation qui décrirait ces formes sans en rendre compte ; elle peut et doit être explicative. Elle doit rechercher en fonction de quelles conditions varient l'aire politique des peuples, la nature et l'aspect de leurs frontières, l'inégale densité de la population; elle doit se demander comment sont nés les groupements urbains, quelles sont les lois de leur évolution, comment ils se recrutent, quel est leur rôle, etc., etc. Elle ne considère donc pas seulement le substrat social tout formé pour en faire une analyse descriptive; elle l'observe en voie de devenir pour faire voir comme il se forme. Ce n'est pas une science purement statique ; mais elle comprend tout naturellement les mouvements d'où résultent les états qu'elle étudie. Aussi, comme toutes les autres branches de la sociologie, trouve-t-elle dans i l'histoire et dans l'ethnographie comparée d'indispensables auxiliaires.

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