LA VI
tier à son estai, que son voisin ne puet issir 1 de son ouvrouer pour monstrer ses denrées à celui qui veut acheter à son voisin devant que l’acheteur soit partiz de l’ouvrouer où il barchaigne 2 . »
Pour bien comprendre ces deux passages, il faut se rappeler que, jusqu’au quatorzième siècle, chaque profession resta en général centralisée dans une même rue, et q.ue dès lors les artisans exerçant le même métier demeuraient porte à porte. Il faut aussi oublier nos magasins actuels pour se représenter l’aspect que présentaient les plus riches boutiques de Paris. Ordinairement, chacune d’elles se composait d’une grande arcade divisée par un ou plusieurs montants de pierre. La porte d’entrée se trouvait, non au milieu, mais à l’un des côtés de l’arcade, le reste était consacré à l’étalage. Les volets de la boutique s’ouvraient horizontalement par le milieu ; celui d’en bas s’abaissait vers le mur d’appui et, dépassant l’alignement, recevait les marchandises exposées ; celui d’en haut se relevait, était maintenu en l’air par des crochets, et abritait l’étalage; souvent aussi, glissant
1 Sortir.
2 Livre des métiers, titre LXX VII, art. 7.