A PARIS
Chez ANTOINE BOUDET, lAraire-Imprîmalt • du Châtelet, rue S. Jacques.
'APEC rxiv ilVGE.
Frontispice du journal d’annonces
p iblié par Antoine Boudet.
voix réunies viennent à se croiser dans un carrefour *. »
Trois ou quatre journaux d’annonces s’étaient fondés : les Affiches de Paris, des provinces et des pays étrangers les Affiches de Paris, avis divers, etc. 3 , et les Annonces, affiches et avis divers 4 , entre autres. Mais ces feuilles périodiques se bornèrent pendant longtemps à enregistrer les ventes de propriétés et d’objets mobiliers, le cours des effets de commerce, les livres nouveaux, les objets perdus, les spectacles, les mariages, les décès, etc. La première n’eut pas de publicité régulière, la seconde paraissait le lundi et le jeudi, la troisième était hebdomadaire. Une feuille spéciale, dite Annonce des deuils, fournissait régulièrement la liste de tous les décès, et consacrait aux morts célèbres un article nécrologique.
Elle donnait en même temps les indications relatives aux deuils, à leur durée, à la manière dont ils devaient être portés, etc., etc.
Ce qui montre combien ces journaux étaient différents des nôtres et le peu d’importance
1 Tableau de Paris, cliap. 379.
2 Chez du Gonne, 1716, in-12.
3 Chez Antoine Boudet, 1746. Hauteur d’un in-4° avec largeur d’un in-18.
* 1751, in-8°. Devenu plus tardin-4°.
alors accordé à l’annonce, c’est l’avis suivant inséré dans les premiers numéros : « Le public est averti que l’on insère gratuitement les avis qui sont portés au bureau, en prenant de la part de celui qui veut les y faire mettre la précaution de les signer. » Mais dès la fin du siècle, la réclame a trouvé sa voie. Voltaire nous le révèle dans une lettre adressée le 5 janvier 1767 à l’abbé d’Olivet : « Il m’est tombé entre les mains, écrit-il, l’annonce imprimée d’un marchand de ce qu’on peut envoyer de Paris en province pour servir sur table. Il commence par un éloge magnifique de l’agriculture et du commerce; il pèse dans ses balances d’épicier le mérite du duc de Sulli et du grand ministre Colbert; et ne pensez pas qu’il s’abaisse à citer le nom du duc de Sulli, il l’appelle l’ami d’Henri IV ; et il s’agit de vendre des saucissons etdes harengs frais ! Cela prouve au moins que le goût de belles-lettres a pénétré dans tous les états ; il ne s’agit plus que d’en faire un usage raisonnable 1 . »
Ainsi soit-il.
1 Édition Beuchot, t. LXIII, p. 527.
LES CRIE RIES DE PARIS
Guillaume de la Villeneuve 1