‹ L'Antechrist (volume 3)Chapitre 108 sur 369 · Act., II, 9-14; vi · texte numérisé non relu

Act., II, 9-14; vi

3. Le Talmud de Jérusalem, Megilla, fol. 73 d , en porte le nombre à quatre cent quatre-vingts. Comp. Midrasch Eka^ 52 b, 70 d. Un tel nombre n*a rien d'incroyable pour ceux qui ont vu ces petites mosquées de famille qu'on trouve à chaque pas dans les villes musulmanes. Mais les renseignements talmud iques sur Jérusalem sont de médiocre autorité.

110 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 36]

Tout le noyau primitif de l'Église avait été exclusivement composé d' « hébreux » ; le dialecte araméen, qui fut la langue de Jésus, y avait seul été connu et employé. Mais on voit que, dès la deuxième ou la troisième année après la mort de Jésus, le grec faisait invasion dans la petite communauté, où il devait bientôt devenir dominant. Par suite de leurs relations journalières avec ces nouveaux frères, Pierre, Jean, Jacques, Jude, et en général les disciples galiléens, apprirent le grec d'autant plus facilement qu'ils en savaient peut-être déjà quelque chose. Un incident dont il sera bientôt parlé tnontre que cette diversité de langues causa d'abord quelque division dans la communauté, et que les deux fractions n'avaient pas entre elles des rapports très-faciles *. Après la ruine de Jérusalem, nous verrons les « hébreux », retirés au delà du Jourdain, à la hauteur du lac de Tibériade, former une Église séparée, qui eut des destinées à part. Mais, dans l'intervalle de ces deux faits, il ne semble pas que la diversité de langues ait eu de conséquence dans l'Église. Les Orientaux ont une grande facilité pour apprendre les langues ; dans les villes, chacun parle habituellement deux ou trois idiomes. Il est donc probable que ceux des apôtres galiléens qui jouèrent un rôle actif acquirent la pra-

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tique du grec *, et arrivèrent même à s'en servir de préférence au syro-chaldaïque, quand les fidèles parlant grec furent de beaucoup les plus nombreux. Le dialecte palestinien devait être abandonné, du jour où l'on songeait à une propagande s'étendant au loin. Un patois provincial, qu'on écrivait à peine 2, et qu'on ne parlait pas hors de la Syrie, était aussi peu propre que possible à un tel objet. Le grec, au contraire, fut en quelque sorte imposé au chris^ tianisme. C'était la langue universelle du moment, au moins pour le bassin oriental de la Méditerranée. C'était, en particulier, la langue des Juifs dispersés dans tout l'empire romain. Alors, comme de nos jours, les Juifs adoptaient avec une grande facilité les idiomes des pays qu'ils habitaient. Ils ne se piquaient pas de purisme, et c'est là ce qui fait que le grec du christianisme primitif est si mauvais. Les Juifs, même les plus instruits, prononçaient mal la langue classique^. Leur phrase était toujours calquée sur le syriaque ; ils ne se débarrassèrent jamais

4. L'épître de saint Jacques est écrite en un grec assez pur. H iest vrai que l'authenticité de cette épître n'est pas certaine.

2. Les savants écrivaient dans l'ancien hébreu , un peu altéré. Des morceaux comme celui qu'on lit dans le Talmud de Babylone, Kiddmchin, fol. 66 a, peuvent avoir été écrits vers ce temps.

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