CHAPITRE XVll.l
LéciSLATIO^ RELIGIEUSE DE CE TEMPS.
L'Empire, au premier siècle , tout ei} se montrant hostile aux innovations religieuses qui venaient de rOrient, ne les combattait pas encore d'une manière, constante. Le principe de la religion d'État était assez mollement soutenu. Sous la République, à diverses reprises, on avait proscrit les rites étrangers, en particulier ceux de Sabazius, d'Isis , de Sérapis ^. Cela fut fort inutile. Le peuple était porté vers ces cultes comme par un entraînement irrésistible -. Quand on décréta, l'an de Rome 535, la démolition du tempk*
4. Valère Max., I, m; Tite Live, XXXIX, 8-18; Cicéron, De legibuSj II, 8; Denys d'IIalic, II, 20; Dion Cassius, XL, 47; XLII, 26; Tertullien, ÀpoL, 6; Adv. naliones, I, 10.
2. Properce, IV, i, 17; Lucain, Viïf, 831; Dion Cassius, XLVII. 15; Arnobe. Il, 73.
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d'Isis et de Sérapis, on ne trouva pas un ouvrier pour se mettre à l'œuvre, et le consul fut obligé de briser lui-même la porte a coups de hache ^. 11 est clair que le culte latin né suffisait plus à la foule. On suppose, non sans raison , que ce fut ^our flatter les instincts ^ populaires que César rétablit les cultes d'Isis et de Sérapis 2.
Avec la profonde et libérale intuition qui le caractérise, ce grand homme s'était montré favorable à une complète liberté de conscience^. Auguste fut plus attaché à la religion nationale ^. Il avait de l'antipathie pour les cultes orientaux^; il interdit même la propagation des cérémonies égyptiennes en Italie ®; mais il voulut que chaque culte, le culte juif en particulier, fût maître chez lui 7. U exempta les juifs de tout ce qui eût blessé leur conscience", en particulier de toute action civile le jour du sabbat ^. Quelques personnes de son entourage montraient moins de tolérance et auraient volontiers fait de lui