‹ L'Antechrist (volume 3)Chapitre 296 sur 369 · Dion Cassius, LX, 6. Comp. Suétone, Néron · texte numérisé non relu

Dion Cassius, LX, 6. Comp. Suétone, Néron

4. Voir la correspondance administrative de Pline et de Trajan. Pline, EpiU., X, 43, 93, 94, 97, 98.

5. oc Permittitur tenuioribus stipem menstruam conferre, dum tamen semel in mense coeant, ne sub praelextu hujusmodi illicituin collegium coeant (Dig., XLVIf, xxii, de Coll. et Corp., 1). » « Servos quoque licet iri collegio tenuiorum recipi volentibus do-

.minis {ibid., 3). » Cf. Pline, Epist., X, 94; Tertullien, ApoL, 39.

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façon, même par la menace de la peine de mort, en restreignant par toute sorte de précautions odiçuses ou puériles un éternel besoin de Tâme ^. Comme les auteurs de notre « Code civil», ils se figuraient la vie avec une mortelle froideur. Si la vie consistait à s'amuser par ordre supérieur, à manger son morceau de pain, à goûter son plaisir en son rang et sous l'œil du chef, tout cela serait bien conçu. Mais la punition des sociétés qui s'abandonnent à cette direction fausse et bornée, c'est d'abord l'ennui, puis le triomphe violent des partis religieux. Jamais l'homme ne consentira à respirer cet air glacial; il lui faut la petite enceinte, la confrérie où l'on vil et meurt ensemble. Nos grandes sociétés abstraites ne sont pas suffisantes pour répondre à tous les instincts de sociabilité qui sont dans l'homme. Laissez- le mettre son cœur à quelque chose, chercher sa consolation où il la trouve, se créer des frères, contracter des liens de cœur. Que la main froide de l'État n'intervienne pas dans ce royaume de Tâme, qui est le royaume de la

4. Digeste, I, xii, de Off. prœf, urbi, \, § \^ (cf. Mominsen, op. cit. j p. 127;; Ilf, IV, Qtiod cujasc, I; XLVIL xx, de ColL el Corp., 2, Il faut remarquer que l'excellent Maro-Aurôle élargit, autant qu'il put, le droit d'association. Dig., XXXIV, v, de Rébus diibiiSj 20; XL, m, de Manumissionibus, I; et môme XLVfl, XXII, de ColL el Corp., I .

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liberté. La vie, la joie ne renaîtront dans. le monde que quand notre défiance contre les collegia^ ce triste héritage du droit romain, aura disparu. L'association en dehors de l'État, sans détruire l'État, est la question capitale de l'avenir. La loi future sur les associations décidera si la société moderne aura ou non le sort de l'ancienne. Un exemple devrait suffire : l'empire romain avait lié sa destinée à la loi sur les cœius illicitiy les illicita collegia. Les chrétiens et les barbares, accomplissant en ceci l'œuvre de la conscience humaine, ont brisé la loi; l'Empire, qui s'y était attaché, a sombré avec elle.

Le monde grec et romain, monde laïque, monde profane, qui ne savait pas ce que c'est qu'un prêtre, qui n'avait ni loi divine, ni livre révélé, touchait ici h des problèmes qu'il ne pouvait résoudre. Ajoutons que, s'il avait eu des prêtres, une théologie sévère, une religion fortement organisée, il n'eût pas créé l'État laïque, inauguré l'idée d'une société rationnelle, d'une société fondée sur les simples nécessités humaines et sur les rapports naturels des individus. L'infériorité religieuse des Grecs et des Romains était la conséquence de leur supériorité politique et intellectuelle. La supériorité religieuse du peuple juif, au contraire, a été la cause de son infériorité politique et philosophique. Le judaïsme et le

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christianisme primitif renfermaient la négation ou plutôt la mise en tutelle de l'état civil. Comme l'islamisme, ils établissaient la société sur la religion. Quand on prend les choses humaines par ce côté, on fonde de grands prosélytismes universels, on a des apôtres courant le monde d'un bout à l'autre et le convertissant ; mais on ne fonde pas des institutions politiques, une indépendance nationale, une dynastie, un code, un peuple.

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