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282 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An MJ
gaîres, exagérés ou insignifiants ^ Ce qu'il ne comprend pas, il le supprime, ou le tourne avec art*. Il ajoute des traits touchants et délicats'. Il invente peu, mais modifie beaucoup. Les transformations esthétiques qu'il opère sont surprenantes. Le parti qu'il a tiré de Marie et de Marthe, sa sœur, est chose merveilleuse ; aucune plume n'a laissé tomber dix lignes plus charmantes \ Son arrangement de « la femme qui verse des parfums * » n'est pas moins exquis. L'épisode des disciples d'Emmaus * est un des récits les plus fins, les plus nuancés qu'il y ait dans aucune langue.
L'Évangile de Luc est le plus littéraire des Évangiles. Tout y révèle un esprit large et doux, sage, modéré, sobre et raisonnable dans l'irrationnel. Ses exagérations, ses invraisemblances, ses inconsé-
4 . Ainsi il supprime, dans Marc, la perpétuelle préoccupation du manger [Marc, m, 20; v, 43; vi, 34), l'oreiller sur lequel Jésus dormait sur le lac (Marc, iv, 38]. Dans la description des vêtements blancs de la Transfiguration, il n'est plus dit c qu'il n'est pas de foulon sur la terre qui puisse en faire d'aussi blaDCS > (Marc, IX, î\
i. Ainsi l'anecdote du figuier, inintelligible dans Marc, xi, 42-U, 20-âl, et Malth., xxi, 48-20, est remplacée par la douce parabole, Luc, xiii, 6-9.